lundi 26 janvier 2015

Les tarifs de SNCF évoluent

Fin 2014, la SNCF annonçait une hausse de ses tarifs de 2,6%. Le communiqué de presse évite le mot qui fâche, remplaçant “hausse” (ou “augmentation”) par “évolution”. Un tic de com désormais général. En voici la reproduction (consulter l'original ici) :


Comme toujours, les chiffres se révèlent retors. Voyageant régulièrement de Lyon à Paris, je suis abonné (coupon Fréquence), ce qui me permettait de bénéficier des tarifs suivants sur un aller simple en 2014 :
  • Période normale = 39 €
  • Période de pointe = 48 €
Mes premiers trajets pour 2015 m'ont été facturés :
  • Période normale = 41 €
  • Période de pointe = 51 €
C'est désagréable d'avoir l'impression de ne pas savoir compter :
  • Période normale : hausse de 2 € sur 39 € = + 5,13%
  • Période de pointe : hausse de 3 € sur 48 € = + 6,25%
Nous sommes donc loin des 2,6% – plus du double !
En réalité, c'est que je ne sais pas lire.
Reprenons : « Cette évolution tarifaire s'appliquera au tarif réglementaire de base Plein Tarif Loisirs (hors toute réduction). »
Si j'ai bien compris, la hausse est calculée en euros, sur un plein tarif (en gros). Sur Lyon-Paris, il est de l'ordre du double de ce que je paye (réduction de 50%), soit environ 78 € en période normale. 78 € x 2,6% représente 2 €, effectivement. Pour la période de pointe, 96 € x 2,6% représente 2,50 €, arrondis à 3, ne mégotons pas !
En pratique, les tarifs Loisirs, si je me souviens bien, sont inférieurs de 1 ou 2 € à ceux des professionnels, car ils ne sont pas échangeables dans les mêmes conditions.

Conclusion : une hausse – pardon, une évolution – des tarifs qui, pour les clients les plus fidèles de la SNCF, se révèle donc être le double de celle annoncée dans les médias. Médiocre attitude, médiocre communication. N'oublions pas qu'en ce qui me concerne, il s'agit de frais professionnels. En cette période de conditions économiques resserrées, plus de 5% de hausse est fortement pénalisant – d'autant qu'elle s'ajoute à d'autres augmentations, comme celle des tarifs postaux (+13% en moyenne pour mes envois courants).

dimanche 4 janvier 2015

Le “Monde” change…

Qu'on me permette de commencer l'année sur un coup de gueule…

Mon quotidien préféré du soir, Le Monde, annonçait pour son numéro de nouvel an qu'il changeait :


Ah, pardon. Le “monde” sans lettre capitale au M. C'est donc bien du monde dans lequel nous vivons dont il s'agit. Oui, c'est exact : les marques portent une majuscule…

La veille, le 31 décembre 2014, que nous annonçait ce Monde avec une majuscule ?


Veillant à ce que notre moral soit excellent en vue du réveillon, le quotidien de la Saint-Sylvestre annonçait une rafale de hausses de tarifs, notamment réglementés, et ce dans une France “sans inflation”. Entendez par là de nouveaux accrocs dans notre pouvoir d'achat. Précision tout de même : “Dans le secteur privé […] la baisse des prix est accentuée par la chute du pétrole”.

On se souvient des exhortations d'un des chroniqueurs du même journal, Arnaud Leparmentier, qui souhaitait une hausse brutale des taux sur notre dette publique, afin que nous accomplissions enfin les réformes structurelles qui s'imposent. Nous avions été touchés de tant de sollicitude de sa part.

Étaient-ce ses vœux pour 2015 ?… avec un peu d'avance, l'article datant du 18 décembre.

Quel rapport, me direz-vous ? Attendez, voici la conclusion du feuilleton.

Dans son numéro de nouvel an, voici que la direction nous annonce que le prix du quotidien en kiosques passe de 2 € à 2,20 €. Une hausse de 10% ! Rien que cela ! Difficile de ne pas faire le lien avec la manchette de la veille. Il faut croire que le pétrole n'entre pas dans la composition du journal, puisque son prix, loin de chuter, s'envole carrément – surtout dans un pays “sans inflation” (enfin, en dehors du secteur de la presse). À noter que ce prix avait déjà crû de 11% début 2014 (de 1,80 à 2 €). + 22% en seulement un an !

Alors, on serait tenté de répondre ceci à M. Leparmentier : lui qui est si soucieux des réformes structurelles, il n'a qu'à en proposer à sa direction, afin d'éviter de nouvelles hausses de prix. “Structurelles” ? Vous savez de quoi il s'agit, inutile de vous faire un dessin !

Et pour faire bonne mesure, nous vous souhaitons une excellente année 2015 :

• Avec un Monde qui ne change pas (ses prix)
• Avec un monde qui change, ça oui !, et si possible dans le sens de plus de justice et d'humanité
• Avec des taux de dettes publiques aussi bas que possible
• Avec des baisses des tarifs réglementés, par exemple ceux du gaz, rappelons-le, indexés sur ceux du pétrole (du moins était-ce ce qu'on nous indiquait en cas de hausse).