dimanche 21 octobre 2007

Le Peigne : arête des Minettes

Cette ascension de l'arête des Minettes, au Peigne, date du 10 septembre 2005. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. En voici donc un compte-rendu détaillé.

Aiguille du Peigne, arête des Minettes
L’antédiluvien guide Vallot, dans son édition de 1977, boudait l’arête des Minettes, limitant sa description à une phrase laconique : « l’escalader au mieux avec des passages de IV ». Non sans une vague ironie, il présentait l’itinéraire ainsi : « L’appellation est récente, comme la vogue de cette escalade souvent faite et intéressante. » On pourrait s’en contenter. Après tout, le terrain dit d’aventure est devenu si rare… On peut aussi réparer cet oubli et décrire avec un peu plus de précisions cette escalade agréable, variée et d’une difficulté modérée.


Nicole émerge du dièdre de la 4ème longueur, ravie !

En un sens, l’arête des Minettes est une des premières voies, après les Papillons à avoir été baptisée autrement qu’avec des éléments toponymiques — genre « éperon WNW ». L’appellation « récente » évoquée par le Vallot suggère que le mot minettes fait allusion au sobriquet adressé à l’époque aux jeunes filles, terme désormais ringard, totalement passé de mode ! Aujourd’hui, peut-être l’appellerait-on « arête des meufs » ou « arête des nanas ». Mais foin de machisme alpinistique, il a suffisamment sévi ! Alors va pour les « minettes » et peu importe l’étymologie.


Nicole dans le dièdre de la 5ème longueur.

En août 1943, lorsque Georges Charlet emmena ses deux clients (Alain de Chatellus et Robert Merle d’Aubigné) gravir ces ressauts de granite, il n’avait certainement aucun souci de toponymie. Soyons-lui reconnaissants d’avoir découvert cette petite perle du secteur. L’arête des Minettes est en effet beaucoup moins difficile que son homologue coléoptère, et surtout moins pénible. Une succession de fissures et de dièdres toujours riches en prises, avec un final un peu plus rude si l’on choisit d’aller jusqu’au terme de l’ascension (mais qui doit être contournable par la droite). Le seul défaut qu’on pourrait lui trouver est que le lichen est souvent présent, quoique abondamment « désherbé » par les nombreux passages, au point qu’en rencontrer trop signifie que l’on s’est vraisemblablement égaré.


Sortie du dièdre de la 5ème longueur.

Notes du « monchu »
Pour ma part, j’ai gravi cette voie à quatre reprises, sans jamais suivre exactement le même itinéraire : une première fois en poussant jusqu’au gendarme 3009, mais sans utiliser le passage final athlétique, une deuxième fois en arrêtant les frais dès les premières dalles vertes, une troisième fois comme zakouski à la combinaison Peigne-Carmichaël, et une quatrième, toute récente, en attaquant directement le ressaut principal, pour terminer par les trois rappels évoqués ici. « Monchu de mon état », comme Obélix est livreur de menhirs « de son état », j’ai toujours été conduit dans cette ascension par des guides (*) — ce qui me laissait tout loisir d’observer et de noter le cheminement !
(*) Gilbert Pareau, Christian Dufour et Claude Jaccoux, qu’ils en soient ici remerciés !


Claude dans la dalle au départ de la 5ème longueur.

Difficulté et équipement
Ensemble AD sup., 5b maximum, 4b obligatoire.
Les relais de la voie sont équipés en spits, et il est possible d’établir des relais intermédiaires sur sangles. Quelques pitons dans les longueurs (rarement plus de deux, quelques spits). Le rocher est propice à l’ajout de coinceurs. Rappels équipés en spits.

Approche et attaque
Du Plan de l’Aiguille, prendre le sentier en direction du Peigne, sous la buvette (lacets, quelques équipements) puis remonter la moraine jusqu’au névé du Peigne (plus raide). La sécheresse a fait considérablement maigrir ce pauvre névé qui non seulement peut se révéler glissant (glace vive), mais découvrir des rochers flambant neufs opposant de sérieux obstacles et des « trous » redoutables. Droit au-dessus, les dalles compactes du gendarme Rouge nous dominent (voies « Contamine » et « le maillon manquant » notamment). Gravir ce névé « au mieux » pour rejoindre le démarrage d’une sente qui traverse horizontalement à gauche, passe au-dessus d’un ressaut raide (exposé) en coupant la base de l’arête des Minettes pour donner accès au couloir des Papillons. L’arête homonyme le borde à gauche, tandis que les « Minettes » se situent à droite.
Deux possibilités pour attaquer et atteindre R1 :
a) Soit commencer l’escalade par le premier ressaut, peu marqué, en trois courtes longueurs (petites dalles entrecoupées de passages faciles, 3c et 4a) ;
b) Soit remonter le couloir plus haut, et rejoindre la base du ressaut principal en oblique à droite (passer à gauche d’une lame dressée pointue, 3a).

Escalade
Emprunter des cannelures grises à gauche du fil (3b, spit) puis une fissure rougeâtre orientée à droite (un pas de 4b au départ, puis 3b). R2. Une petite dülfer (3b) suivie d’une traversée sur une petite vire (1 piton) permet de tourner un angle et de descendre dans un dièdre que l’on escalade (4b). R3. Une fissure, suivie d’un nouvel angle à tourner, donne accès à un second dièdre plus facile (3a, sortie en 4b). R4. Escalader des dalles à droite d’un auvent (1 piton au départ, 3b). Du fil, revenir à gauche dans des fissures (un pas de 4b). R5 au-dessus des première dalles vertes. Descendre un petit bloc et traverser les dalles sous le fil de l’arête (facile). R6. Reprendre l’arête à droite (3b), traverser à gauche et surmonter un petit surplomb pour entrer dans un dièdre (2 pitons, Ao ou 5b). R7 sur de nouvelles dalles vertes. Sous un petit gendarme, effectuer une descente en diagonale à gauche, se retourner (1 spit) et gravir à gauche des feuillets (athlétique, 5b). R8 sur les dalles vertes terminales.


Les dalles vertes de la partie finale, dans une ambiance mystérieuse…


La traversée complexe (et facultative) de la 8ème longueur.

Descente
Il est possible de descendre depuis les premières dalles vertes (R6) par une désescalade (exposé) puis un rappel installé au-dessus d’une écaille.
Depuis le terminus de l’arête (R8 dans notre description), effectuer un premier rappel direct depuis un ancrage bien visible quelques mètres sous le relais, traverser un couloir pour découvrir le deuxième ancrage caché derrière une arête. Le deuxième rappel est partiellement en fil d’araignée. Le troisième rappel est plus aisé. Descendre ensuite en désescalade le couloir (nombreuses pierres instables) jusqu’à l’attaque.
On peut aussi poursuivre l’ascension jusqu’au gendarme 3009 par un couloir à droite de la partie terminale de l’arête (non équipé, 2b à 3b) et, de là, continuer jusqu’au Peigne, voire au-delà jusqu’à l’aiguille des Pèlerins par la voie Carmichaël…

vendredi 19 octobre 2007

Enfin : les topos des Drus

Enfin !!
Les topos précis et exacts de toutes les versions successives du pilier Bonatti aux Drus, passées, présentes et même… à venir !
Allez vite voir à ce lien (en espérant qu'il drue, pardon, qu'il dure) et bravo à son auteur, Charles Thiébault !

lundi 17 septembre 2007

René Belletto

De René Belletto, j'aurais beaucoup à écrire – non sur l'homme, que je ne connais pas, mais sur l'écrivain. Non parce qu'il est Lyonnais, et que je vis à Lyon, car je n'y suis pas né et que de surcroît, quand j'ai découvert ses romans, j'habitais Paris – et lui aussi, après avoir fui sa ville natale, avant que je n'accomplisse le trajet inverse. Mais parce que ses livres sont exceptionnels.

Sur la Terre comme au Ciel
Tout a commencé par un détour, un film, celui de Michel Deville, Péril en la demeure. Captivé par le mystère et la dérision qui émanaient des personnages, habilement incarnés par Christophe Malavoy, Nicole Garcia, Michel Piccoli, Richard Bohringer, Anémone – un florilège ! – j'avais eu envie de plonger plus avant dans cet univers en lisant le livre, au titre, pour une fois, pas plus homonyme qu'éponyme : Sur la terre comme au ciel.




Le Revenant
Le mélange d'humour et de désespoir, le premier étant la politesse du second comme chacun sait, dont fait preuve Belletto à chaque page – que dis-je, à chaque phrase – du livre me conquit d'entrée de jeu, et pour longtemps. Voici pourquoi j'achetai dans la foulée un autre de ses romans, Le revenant, qui reste mon préféré, et dont on voit ci-contre la couverture de l'édition qui figure encore dans ma bibliothèque en vue de futures relectures. Il y aurait un film merveilleux à tirer de ce roman. Avis aux metteurs en scène ou producteurs dont les yeux tomberaient par hasard (ou nécessité) sur ces lignes !


Rire et désespoir
Les livres de Belletto ont deux caractéristiques qui me sont personnelles, du moins ses romans policiers : ce sont les rares livres qui me font rire tout haut tandis que je lis tout bas (avec les BD de Gaston, dois-je préciser); ce sont aussi les rares livres que j'aie lus plusieurs fois, comme c'est le cas de sa trilogie lyonnaise (Sur la Terre comme au Ciel, le Revenant et l'Enfer). Mais ce sont surtout des intrigues surprenantes, emplies d'un suspense latent mais calme, thrillers sans tremblements, desquelles l'émotion jaillit là où on l'attend le moins. Il faut le lire pour le croire.

Je n'habitais pas encore Lyon quand je lus La Machine. Autre registre : Belletto abordait alors le fantastique, le sombre versant des êtres, à la faveur d'un échange d'identités manigancé par un savant fou. La version filmée, édulcorée – heureusement, car il aurait fallu l'interdire aux moins de trente ans, que dis-je de cinquante, et installer des ambulances et autres SAMU à la sortie des salles de spectacles qui auraient projeté le film, et encore, les urgentistes eux-mêmes eussent-ils risqué d'y perdre la raison… mais je m'égare en imitant le style de l'auteur (Ha ! Ha !) – la version filmée, disais-je, peine à rendre les subtilités du thème central du livre.

J'avais achevé la lecture de La Machine dans un TGV Paris-Grenoble, ma foi tourneboulé.

Au cœur de Lyon
Habiter Lyon me permit de découvrir les décors de ses romans : les villas luxueuses donnant sur le parc de la Tête d'Or, le boulevard des Belges, le lycée du Parc, la rue de la République, la rue Henri Germain, fondateur du Crédit Lyonnais où mon père passa plus de 35 années, les collines et leurs montées, l'entrée discrète du garage Gailleton d'où émergent encore certains jours – mais il faut être vigilant, monter la garde des nuits entières dans l'encoignure d'une porte cochère, affamé et frigorifié ou suant à gouttes abondantes selon la saison – d'où émergent encore certains jours, disais-je, des 403 ahanantes et pétaradantes…

Je poursuivis la lecture de son œuvre, repérant les nouveautés à la FNAC qui occupe les locaux du Progrès de Lyon – mais est-ce vraiment un progrès, ha ! ha ! – et dévorant la deuxième trilogie qui se termine dans une autre dimension (la cinquième peut-être).


« J'exagère, mais il y a de ça »

De ses œuvres plus ambitieuses je manque parfois la substantifique moelle, quoique, en feuilletant un recueil de courtes phrases, j'en notai une qui me dépeint avec exactitude et sobriété : « j'exagère, mais il y a de ça ». Tout est dit dans ces quelques mots.

Voici pourquoi, ce soir, après avoir pris livraison chez un libraire du boulevard des Belges où j'avais commandé le livre, et entamé la lecture de Mourir, un titre peu gai dirais-je en un euphémisme prudent, ai-je été agréablement surpris de retrouver sa verve humoristique que j'avais ratée à l'époque de la sortie du roman, une verve combinée à une ambition littéraire supérieure, dont je m'imbibe doucement en lisant à petites gorgées chacune de ces pages aérées typographiquement et néanmoins denses de signification. Humour, désespoir, dimensions multiples du réel et de l'écriture, oui, je crois que je tiens un chef d'œuvre en mains…

Allez, j'y retourne !

Pour vous procurer les romans de René Belletto, allez visiter le site de son principal éditeur, P.O.L, qui a réédité récemment la trilogie lyonnaise en versions relues et corrigées par l'auteur.

POLar ?
Pour l'anecdote, POL n'a rien à voir avec « policier » : ce sont simplement les initiales du fondateur de la maison d'éditions, Paul Otchakovsky-Laurens ! Je ne lui ferai qu'un unique reproche : le papier blanc rayé de ses couvertures a une fâcheuse tendance à accrocher la moindre parcelle de poussière et à se noircir. Prévoyez donc des gants de chirurgie avant d'en lire un - si vous souhaitez préserver la blancheur immaculée de l'ouvrage bien entendu.

mardi 11 septembre 2007

Les Drus entre les doigts

La photo numérique autorise toutes les fantaisies.
L'autre jour, j'ai eu la chance d'assister à nouveau au lever de soleil depuis les Mottets, face aux Drus – cette montagne mythique et si élégante.



Emergeant tout juste des Flammes de Pierre – les bien nommées – l'astre du jour semblait à portée de main… pardon, de doigts !



Variante sur le même thème, tandis que la luminosité s'accroît, de seconde en seconde…

dimanche 2 septembre 2007

La Petite Verte, les fils de la filiation

C'est la fonction même d'Internet que de suivre les liens. C'est de liens filiaux qu'il s'agira ici, à l'occasion de l'évocation d'une ascension de la Petite Aiguille Verte, le 13 août dernier.

Tout avait commencé – selon la formule préférée des auteurs de romans policiers – tout avait donc commencé le dimanche 12 août.

Montant avec Sabine au point de vue du glacier d'Argentière, nous avions fait étape au refuge de Lognan, tenu par "Clo", qui reçoit toujours ses clients avec une grande gentillesse et les régale de ses plats délicieux. Un grand moment de convivialité, à proximité des séracs impressionnants du glacier.

Ci-dessus : la terrasse du refuge, où nous ne saurions trop vous recommander de vous rendre afin de passer un excellent moment esthétique et gastronomique ! On y accède aisément en une demi-heure depuis la station du téléphérique de Lognan (ou en deux heures depuis Argentière à pied).

C'est là que Sabine avait eu une inspiration : et si nous retournions à la Petite Aiguille Verte ?


La "petite" aiguille Verte (3512 m) est la fille de la "grande" aiguille Verte (4122 m). Alors que cette dernière est à la fois l'un des sommets les plus difficiles d'accès et les plus beaux de la chaîne du Mont-Blanc, la "petite" est au contraire la course d'initiation la plus accessible du massif, tout en étant particulièrement jolie. De la neige, de la glace et un peu de roc pour reprendre la formule de Rébuffat…

Un sommet symbolique
Il se trouve que l'ascension de la Petite Verte fut l'une de nos premières incursions en haute montagne, tant pour Sabine que pour moi. Ce fut aussi la dernière course que je fis avec mon père, en 1986, peu avant sa disparition. Y retourner était donc un hommage à la filiation. Et le hasard allait se charger d'illustrer avec bonheur ce thème magnifique…

Le tour de rôle du hasard
J'ai déjà expliqué dans l'article sur la pointe Lachenal en quoi consiste le tour de rôle au bureau des guides. Le hasard y joue un… rôle essentiel, par construction. Dimanche 12 au soir, toujours au café Le Dahu, nous rencontrons notre guide, Jean-Claude Charlet. Les présentations faites, le voici qui semble marcher sur des œufs :
– J'aurais une demande à vous faire…
– Allez-y ! répondons-nous, intéressés.
– Voilà, est-ce qu'il serait possible que mon fils nous accompagne ?
Nous acceptons avec enthousiasme, émus de constater que le destin nous envoyait de la sorte un premier clin d'œil sur le thème père/fils.
Les réflexes professionnels reprenant le dessus, Jean-Claude se renseigne alors brièvement :
– Avez-vous marché un peu depuis votre arrivée de Lyon ?
– Eh bien nous sommes montés hier au point de vue du glacier, depuis le bas…
– Ah ! J'espère que vous avez mangé au refuge de Lognan, alors ?
– Bien sûr ! On ne manque pas une occasion de le faire !
– Tant mieux, car il est tenu par mon ex-épouse.
Seconde coïncidence ! Et nouveau clin d'œil sur la famille, comme si une transmission de pensée avait eu lieu la veille…


Ci-dessus : le père (Jean-Claude) et le fils (Christophe) au sommet de la Petite Verte

Malgré une météo pour le moins capricieuse, la montée à la Petite Verte, le lendemain, se déroule agréablement. Nous sommes donc quatre, guidés par Jean-Claude. Sabine est en deuxième, votre serviteur en troisième, suivi de Christophe, 17 ans, fils du guide. La cadence a été soutenue puisqu'en une heure nous étions au sommet, bénéficiant des lieux pour nous seuls.

Après la poignée de mains et les congratulations d'usage, qui revêtent toujours une émotion palpable en haute montagne, nous discutons tout en observant le panorama.
À droite plonge l'abîme du versant Nant-Blanc de l'aiguille Verte, sévère et glacé.

Ci-contre : Sabine et Jean-Luc au sommet de la Petite Verte, sur fond de "grande" Verte, le 13 août 2007.


Incidemment, Jean-Claude précise :
– C'est mon père, le premier, qui avait gravi ce versant…
– Tu es donc le fils d'Armand Charlet !?

Précisons qu'Armand Charlet fut le plus grand guide de sa génération.
Natif d'Argentière (1900), il vouait un véritable culte à l'aiguille Verte, qui domine le village, au point de la gravir 100 fois exactement dans sa vie, et d'y ouvrir un grand nombre d'itinéraires nouveaux. Professeur à l'école de Haute Montagne, qui forme les guides, il fut un "maître" respecté. On comprend dès lors que cette nouvelle coïncidence, encore une fois sur le thème père/fils, nous touche à sa juste mesure. En 1886, ce furent, déjà, des Charlet qui avaient été les premiers à gravir la Petite Verte. En outre, Armand Charlet en fit la première hivernale en 1927, et y emmena son fils alors qu'il n'avait que 12 ans…
Ci-dessus : couverture du livre que lui consacra son client anglais Douglas Busk, qui figure dans ma bibliothèque depuis… 1979.

Snowboard
Avant de franchir la rimaye, la cordée s'arrête. Car Jean-Claude, qui voulait emmener son fils découvrir un parcours de montagne, avait prévu une "carotte" pour le moins "cool" : Christophe, snowboarder de haut niveau malgré son jeune âge, allait descendre sur sa planche de surf toute la pente, de l'arête jusqu'au col des Grands Montets. Il ne lui faudra que quelques virages élégants pour ce faire d'ailleurs…

Ci-dessus : pas facile d'appuyer sur le déclencheur quand le fils file !

Fête des Guides
Le surlendemain avait lieu la traditionnelle fête des Guides. Outre que Jean-Claude y prononça un discours bien senti sur le métier de guide (*), son autre fils, Zian, allait être admis au sein de la prestigieuse Compagnie et être "appelé" pour la première fois sur le parvis, cérémonie à laquelle assistèrent le père et la mère. Encore la filiation !
Vous trouverez des photos de la Fête des Guides sur le site d'Hervé Thivierge dans sa page 2007.

(*) Une phrase du discours que je trouve très juste :
« Les guides d’Argentière, jeunes et moins jeunes, souhaitent continuer à défendre l’image d’une montagne qui n’est pas un produit que l’on monnaye, mais où l’amitié, la beauté et fidélité qui naissent au sein des cordées construisent des relations solides au fil du temps, où chacun se ressource. » Je me permets de la dédier à Gilbert et Fernand Pareau (le fils et le père), avec qui j'ai réalisé tant de belles courses.

La voix des Papas
Enfin, last but not least (j'adore cette expression anglaise signifiant : le dernier et non des moindres), le lendemain, alors que nous arrivions avec Sabine au lieu-dit les Mottets, au pied des Drus, un spectacle magnifique nous attendait. Le soleil, caché par la masse de l'Aiguille Verte et des Drus, choisit exactement la seconde de notre arrivée pour émerger juste à droite du sommet de cette montagne monumentale – à l'endroit même où sort l'itinéraire ouvert par deux guides cet hiver (dont j'ai parlé dans ce blog).

Comment s'appelle cette voie ? Je vous le donne en mille : La voie des Papas.