samedi 30 août 2008

Pointe de la Réchasse : y'a un cheminement

Après le mont Aiguille, la traversée des pointes Lachenal et le Grand Paradis, voici que les deux compères Benoît et Jean-Luc sont partis pour de nouvelles aventures, en Vanoise cette fois-ci.


Une affaire de cordées…

Le 6 août dernier, ils eurent le plaisir et l’avantage de gravir la pointe de la Réchasse (3212 m), au départ du refuge du col de la Vanoise (alias Félix Faure), au sein d’une sympathique « collective » conduite par le tout aussi sympathique Émile Chaillan, guide et généreux pédagogue. Benoît a laissé des traces (profondes) dans la neige, mais aussi des traces sur le Web, à cette adresse : www.camptocamp.org/outings/135428, sur laquelle vous trouverez d'utiles précisions. Quant à cet article de blog, c'est un "collage" de photos et d'extraits de notes prises au retour de course, habitude contractée il y a longtemps pour "sauvegarder" les impressions merveilleuses de ce genre d'expériences…

Note : en cliquant sur les images illustrant cet article, vous afficherez en plein écran les versions haute définition dans votre navigateur.


5 août au soir : la pointe de la Réchasse au coucher du soleil



La pointe de la Réchasse ressemble à une jetée avançant dans une mer de neige et de glace (et d'un peu de cailloux aussi, surtout en été). Ses flancs lui donnent des airs de reliefs de la Monument Valley (USA, Utah). Un monument, effectivement ! Il a des allures de cap, que dis-je de péninsule, avec cette longue crête striée de nervures plongeant sur des névés.



Un bon croquis vaut mieux qu'un long discours même si, je vous le concède, cet article est pour le moins copieux en copie.


De gauche à droite : Benoît I, Benoît II, Jean-Éric, Thierry et Jean-Luc



La grande cordée se composait, outre des deux compères précités, d’un autre Benoît, d’un Jean-Eric et de son oncle Thierry. Tout ce petit monde y trouva son compte, ravi de parcourir un itinéraire varié – glace, neige et roc agrémenté de moraines – en partant de nuit pour profiter du lever de soleil au moment de fixer les « crabes » (crampons) aux souliers.




Lever de soleil sur l'horizon




L'arrêt-crampons : tandis que le jour se lève, nous nous battons avec les lanières…



De la tactique et de la technique
Émile a su captiver son auditoire, que ce soit lors de ses explications sur la tactique – départ à la frontale pour profiter de la température fraîche et de bonnes conditions de neige, sur la technique – comment utiliser au mieux ces pointes de métal, comment remonter un petit mur de rocher escarpé, toponymiques – un tour d’horizon d’érudit depuis le sommet, sur le terrain enfin – tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les glaciers sans oser le demander : moulins, dolines et autres crevasses…

Le "mur" défendant l'accès aux remparts de la Réchasse



Y'a un cheminement !
Émile saura rassurer son monde quoi qu’il arrive, précisant toujours en montrant tel ou tel relief qui pourrait impressionner : « y’a un cheminement ». Nous serons d'ailleurs très contents qu'il nous le déchiffre (ou défriche), ce cheminement, que ce soit dans la nuit noire matinale, au pied du mur, dans les moraines ou sur le glacier…


Le seigneur des Anneaux (de corde)

Les manœuvres de corde sont l'apanage des guides, et leur demandent beaucoup d'attention et de maniements afin d'assurer la progression de la cordée sur le terrain si complexe et varié de la montagne.


La cordée s'échelonne sur la crête de la Réchasse, baignée de la lumière du soleil levant

Le sommet




Le tour d'horizon d'Émile



Imperturbable logique
Selon la logique imperturbable de l'alpinisme, après être montés, nous voici contraints de descendre – logique qui échappe souvent aux personnes observant de l'extérieur cette étrange activité. Afin d'éviter toute monotonie, Émile avait prévu de revenir par l'autre versant, via un agréable cheminement sur glacier.




Marche sur le glacier, sur l'envers du versant de montée




Une cordée sur l'arête, à peu près à l'endroit ou nous sortîmes (j'aime bien un peu de passé simple de temps à autre) du "mur"


Avec le bonjour amical de Benoît et de Jean-Luc

Comment ça marche ?
Le principe de la "collective" est le suivant : les prétendants s'inscrivent au Bureau des guides (1). Ils montent au refuge où ils retrouvent leur guide. La contribution individuelle est de l'ordre de 90 euros, un coût qui peut à la fois paraître élevé… et très modeste au regard de la qualité de la prestation d'un guide comme Émile – connaissance du terrain, pédagogie et garantie de la sécurité de cinq personnes tout de même, le tout occupant une longue journée de 24 heures tout compris. On comparera le service rendu à des cours d'informatique individuels dispensés à 25 euros de l'heure, activité moins risquée, un crash de disque dur étant moins dommageable qu'une chute dans une crevasse !

(1) Bureau des guides de Pralognan-la-Vanoise, BP 17, 73310 Pralognan-la-Vanoise. Téléphone : 04 79 08 71 21

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