jeudi 27 décembre 2007

Les Tafforeau et la trêve des confiseurs

Parmi les expressions imagées qui font le charme de toute langue, la trêve des confiseurs s'applique à cet entre-deux des fêtes que nous vivons en ce moment. Elle recèle un contre-sens, en faisant croire au premier abord que les confiseurs font une trêve, alors qu'il s'agit au contraire de la période durant laquelle tout le monde ralentit son activité… sauf les confiseurs, justement.

L'omniprésente Wikipédia comporte un article sur l'expression, ainsi que cette curieuse archive.
Pour ma part, je profite de l'occasion pour faire un clin d'œil à un confiseur qui porte le même patronyme que votre serviteur – c'est suffisamment rare pour être signalé, et nous change de Grégory Tafforeau. Ce footballeur a eu toutefois le grand mérite de populariser les Tafforeau, ce qui me permet de ne plus avoir à épeler mon nom au téléphone quand j'ai affaire à un amateur de foot…

Véronique et Christophe Tafforeau

Pour être tout à fait exact, signalons que Christophe Tafforeau est chocolatier, et non confiseur au sens propre du terme. Il officie à Albertville, en Savoie. Son établissement s'appelle Chocola' Thé, et se situe au 20 rue de la République. Téléphone : 04 79 32 31 51.


Son épouse Véronique nous enseigne avec raison que le chocolat est un art. Il se trouve en outre que j'avais un grand-père paternel, Pierre Tafforeau, qui exerçait la profession de confiseur, autre référence familiale.

À propos de Tafforeau(x)
Mais ce n'est pas tout, les Tafforeau fourmillent sur le Web. Si, si ! Jetez un œil à ces quelques liens pour vous en convaincre :
  • Une page de mon site (bon, je fais ma propre pub) : à propos des Tafforeau, où vous trouverez des liens que je répète ci-dessous.
  • L'une des pages concernant le désormais célèbre footballeur.
  • Un autre Jean-Luc Tafforeau, qui compose, joue de la guitare et chante.
  • Un site consacré à notre patronyme, géré par mon cousin belge Michel.
  • Zebrik.be, site de modéliseurs 3D dont fait partie le jeune et talentueux Jean-Baptiste Tafforeau.
  • Sans oublier l'inévitable Copains d'avant et sa liste de 49 Tafforeau(x), dont votre serviteur, qui n'a pas hésité à créer sa fiche
C'était la rubrique nombriliste de la trêve des confiseurs, en attendant la reprise des activités.


samedi 15 décembre 2007

Une sarabande de Bach

Des audaces presque "contemporaines"
Même si vous n'êtes pas a priori un amateur du violoncelle ou de Jean-Sébastien Bach, prenez le temps d'écouter la sarabande de la suite n°5. Tout comme moi, vous serez surpris par cette mélodie, presque contemporaine par ses audaces, et en même temps si harmonieuse.

Et si vous jouez de la guitare…
Si vous êtes par ailleurs guitariste, de niveau modeste comme moi, eh bien… il vous est possible de jouer ce sublime morceau sur votre instrument ! Prévoyez de l'accorder en Do, Sol, Ré et Sol pour les 4 cordes en partant de la plus grave, en vous aidant au besoin d'un de ces accordeurs électroniques, bien commodes quand on n'a pas l'oreille assez exercée.

Voici la tablature pour guitare du morceau (agrandissable en cliquant sur l'image).

La grande qualité de cette composition est d'être (relativement) facile à jouer, ce qui permet de s'écouter tout en l'exécutant, et, partant, de l'interpréter en quelque sorte. Le mieux est encore de répéter en écoutant une véritable version au violoncelle, moyen excellent et ludique de découvrir les subtilités des grands interprètes.

Écouter...
Pour ma part, je dispose des versions de Rostropovitch, de Demarquette, de Jaap Ter Linden et de Jean-Guihen Queyras. Ce dernier fait montre de beaucoup de grâce et de légèreté et a ma préférence, presque ex-æquo avec Demarquette d'ailleurs.


Sources
Internet, dans sa générosité insoupçonnée, m'a permis de trouver facilement la partition classique de la Sarabande, que vous pouvez afficher en cliquant sur ce lien, sachant que la page qui la représente étudie en détails le morceau.
Pour trouver une partition de Bach, un conseil tout bête découvert à cette occasion : utilisez la recherche d'images de Google et formulez votre requête avec le numéro BWV (1011 dans le cas qui nous intéresse). Ça marche !

Enfin, si vous trouvez le violoncelle trop sévère ou trop austère à votre goût, essayez de vous procurer les duos pour violoncelles de Jacques Offenbach et vous changerez certainement d'avis ! Lien vers la couverture de celui que je possède.

jeudi 13 décembre 2007

Brouillage

Des petits faits, a priori sans rapport, se combinent parfois pour illustrer avec acuité des évolutions marquantes de notre société.

Du gaz… électrique
C'est en recevant une proposition de Gaz de France de me fournir l'électricité en plus du gaz que l'étincelle a jailli. Il y a peu, on nous expliquait que la séparation EDF-GDF avait pour but de "clarifier les missions", de "recentrer les entreprises sur leurs métiers" et autres "cœurs de cibles". Aujourd'hui, la bouche en cœur, voici la DolceVita de GDF qui offre l'électricité, en attendant que le Bleu Ciel d'EDF ne m'offre le gaz. Ces brouillages de repères ne sont pas neutres. L'étincelle électrique ne risque-t-elle pas de faire exploser le gaz ?
La publicité ci-contre utilise le paradoxe absolu pour mieux enfoncer le clou : n'est-il pas naturel en effet, que Gaz de France vende de l'électricité ? Tout comme il est naturel que des pommes poussent sur les cerisiers ?

Des villes artificielles
Dans le dernier numéro de la revue D'Architecture, un dossier est consacré à la Ville et à la privatisation de l'espace public. À propos des "villes Disney" et des fausses villes de Las Vegas, on comprend que la distinction réel/artificiel est désormais brouillée. Tout comme dans le dernier roman de Benoît Duteurtre, La cité heureuse, où un investisseur achète non seulement la ville, mais aussi ses habitants, pour en faire un parc de loisirs avec de vrais morceaux de citoyens dedans.
Les villes Disney sont comme ces pseudo-villes dites "douces" que j'évoquais dans un précédent article, leur "douceur" masquant une terrible violence, une "folie douce", le travestissement de la Cité, exactement comme le "fou" se réfugie dans la fantasmagorie pour se protéger de sa vie réelle.


Quand il s'agit de Las Vegas, on peut comprendre le travestissement, dont le but est l'entertainment, le loisir. Mais dans le cas de villes conçues pour être habitées, pour la vraie vie ? Le faux érigé au rang d'authentique ? Nos vies mises en scène en spectacles ?

Présent… omniprésent
Brouillage des repères et brouillage du temps, des dimensions. N'emploie-t-on pas de plus en plus le présent, et de façon exclusive, pour raconter des histoires passées (le présent de narration) ou des choses futures (la météo : demain il pleut, le soleil se cache et la neige tombe) ? Déjà que l'image a réduit la réalité de trois à deux dimensions, l'écrasement de la perspective s'étend à la dimension temporelle. Quelle différence entre aujourd'hui et le XVIIIème siècle ? Entre les années cinquante, la guerre d'Algérie par exemple, et l'an 2000 ? Plus aucune, tout est condensé, l'Histoire est devenue plate. Jean-Claude Barreau et Guillaume Bigot (voir plus loin) écrivent :
Faute de repères chronologiques et géographiques, les journaux télévisés de "vingt heures" se transforment en histoires fantastiques, en épisodes du Seigneur des anneaux. […] Aujourd'hui, on voit tout, tout de suite et en direct, mais on ne comprends rien.

Supprimer tout repère
Vivre dans un quartier urbain conçu par Disney comme le décor d'une fiction, acheter de l'électricité à Gaz de France, juger Voltaire à l'aune des connaissances et des idées du XXIème siècle, confondre le Da Vinci Code et la réalité, bref, tout mélanger en une sorte de tambouille informe, de brouet indistinct et surtout intemporel, supprimer tout repère, y compris culturel. Comment songer un instant que cela nous rendra plus heureux ?

Quelques antidotes
Pour retrouver la perspective historique, lire l'excellent ouvrage de Barreau et Bigot (cité plus haut), Toute l'histoire du monde, qui se dévore avec autant de facilité qu'un thriller (et là, au moins, ce ne sont pas les fantasmes de Dan Brown !).

Pour ressentir ce que pourrait être la privatisation et la marchandisation absolues de la ville et des êtres humains, lire La cité heureuse de Benoît Duteurtre (et enchaîner avec son roman le plus incisif : La petite fille et la cigarette).

lundi 10 décembre 2007

Internet et les collections

S'il est un usage nouveau et efficace d'Internet, c'est bien de faciliter la rencontre de l'offre et de la demande sur des produits précis et ciblés. Ceci autorise le recyclage des collections. Exemple. Dans les années quatre-vingt, j'avais eu une période "Bob Morane" (personne n'est parfait !). Je me rendais régulièrement chez les bouquinistes, sur les quais de la Seine, et je complétais ma collection. Amusant. Puis les années passèrent, et la collection encombrait les rayons de mes bibliothèques…

Grâce à l'informatique et à Internet, il est relativement facile tout d'abord de "virtualiser" la collection en numérisant les couvertures des livres, puis de les vendre sur des sites comme PriceMinister ou directement auprès d'autres collectionneurs. Ces derniers sont ravis, et le vendeur récupère les sommes qu'il avait consacrées à sa fièvre collectionneuse. Mieux encore, Internet permet de dénicher LA perle, LA rareté ultime, que des centaines de week-ends chez les bouquinistes n'auraient pas permis de trouver. C'est ainsi que j'ai pu me procurer via PriceMinister l'édition la plus rare de toute la collection des aventures de Bob Morane, l'édition originale du roman Trois Petits Singes, sortie fin 1980 aux éditions des Champs-Elysées. Comme, à ce moment-là, la série s'arrêtait, cet ultime volume (le numéro 34) fut très peu diffusé, et le stock pilonné. Or, me voici en possession de ce rarissime objet. Même si je l'ai acquis à un prix respectable, celui-ci représente peu de choses par rapport au prix de revente des autres livres cédés grâce à Internet…

Voir aussi la couverture de la réédition de Trois Petits Singes au Fleuve Noir (épuisée également) ou chez Lefrancq.

vendredi 30 novembre 2007

Mise à l'index

Hier, dans son apparition télévisée, Nicolas Sarkozy a annoncé que, désormais, les loyers ne seraient plus indexés sur l'indice du coût de la construction (ICC) mais sur l'indice des prix. C'est Jean-Louis Borloo qui doit être content ! Il avait en effet créé en 2005 un indice spécial pour les loyers, qui remplace donc depuis le 1er janvier 2006 le fameux ICC (voir le site de l'INSEE). Il semble donc qu'il y ait eu un problème de transmission, comme on dit dans ces cas-là.


Cependant, si la mesure est effectivement mise en œuvre, elle sera favorable aux locataires, dans la mesure où l'indice des prix a connu une évolution inférieure à celui des loyers – du moins sur la période allant de fin 2005 à la mi-2007…

Il n'en demeure pas moins que le facteur principal de hausse des loyers n'est pas la revalorisation des loyers des baux en cours, mais plutôt les remises à niveau qui interviennent lors des changements de baux, sur la base du marché. Ce sont ces "sauts" de loyers qui affectent le plus les locataires, en particulier ceux qui sont contraints de déménager, soit pour s'agrandir, soit à la suite d'une mutation professionnelle.

jeudi 29 novembre 2007

Claviers Mac et Windows

Un blog faisant référence aux claviers se devait d'évoquer la coexistence (pacifique !) des claviers Macintosh et PC.

De quoi s'agit-il ?
Pour d'obscures raisons historiques, les claviers des Macintosh Apple et des PC diffèrent sensiblement, en particulier dans le cas des claviers français, dits AZERTY.
Lorsque vous utilisez l'un ou l'autre de ces ordinateurs personnels avec leurs claviers respectifs, vous ne rencontrez guère de difficultés, si ce n'est la mémorisation des caractères placés à des endroits différents.
Toutefois, dans au moins deux situations, vous pouvez être amenés à connecter un clavier Macintosh sur un PC – ou sur son équivalent :
  1. Quand vous disposez de deux ordinateurs, un PC et un Macintosh, et que vous les commandez alternativement à l'aide d'un dispositif de bascule, souvent appelé KVM (Keyboard Video Mouse). Celui-ci permet en effet par une simple pression de touche de faire basculer à la fois l'écran, le clavier et la souris d'une unité centrale à l'autre.
  2. Quand vous utilisez Windows sur un Macintosh équipé de BootCamp ou ParallelDesktop.
J'ai eu l'occasion de dénicher un pilote de clavier Mac pour Windows XP que l'on doit à Florent Pillet et qui s'intitule MacFrenchKeyboard. Florent Pillet dispose d'un site à l'adresse www.florentpillet.com.

Voici la procédure détaillée permettant d'installer le pilote sous XP
Depuis votre Macintosh par exemple, téléchargez l'archive sur le site de l'auteur (lien direct : http://pagesperso-orange.fr/fpillet/files/MacFrenchKeyboardLayoutForWindows.zip) et décompressez-la (par double-clic sur son icône).
Vous obtenez, entre autres, le dossier suivant, contenant un fichier et un dossier :

Transférez-les sur votre PC si nécessaire (ou dans l'environnement Windows de votre Mac).

Le fichier suffixé MSI est en réalité un installeur. Lancez-le par double-clic et vérifiez que le processus d'installation parvient à son terme. NB : le dossier i386 et son contenu doivent impérativement être présents aux côtés de l'installeur.

Accédez alors au panneau de configuration, options régionales…

…et choisissez les options régionales et linguistiques.

Dans le dialogue de configuration, activez l'onglet Langue, puis actionnez le bouton Détails.

Dans ce nouveau dialogue, actionnez cette fois le bouton Ajouter…

Dans le dialogue d'ajout, sélectionnez l'option Français (Suisse) comme langue d'entrée, et l'option Français (Apple Keyboard) comme configuration de clavier (ce sont les deux éléments qui ont été installés dans l'étape précédente). Validez par OK.

Le clavier Macintosh est ajouté dans la liste (la raison pour laquelle il est intitulé "suisse" est expliquée dans le lisezmoi.txt de l'auteur).

Pour être en mesure de sélectionner aisément les claviers, actionnez le bouton Barre de langue et cochez les deux options indiquées ci-dessus.

Le bouton de langue sur la barre des tâches propose alors un menu dans lequel vous pouvez choisir le clavier Macintosh en sélectionnant l'option Français (Suisse). Dès lors, quand vous taperez sur la touche @ de votre clavier Mac, l'arobase s'affichera bien sur votre PC. Si votre PC est par exemple un portable, il pourra être utile de revenir au clavier standard si vous avez besoin de commander l'appareil depuis son propre clavier : c'est l'intérêt de ce menu déroulant.


Voici comment peut se présenter un espace de travail organisé autour d'un portable PC et d'un Macintosh « tour », avec alternance de pilotage gérée par une bascule KVM (Mac en haut, PC en bas). L'écran principal est connectable sur les deux ordinateurs, tandis que le second, à droite, n'est utilisable qu'en environnement Mac.

Le jeu des différences
Mais quelles sont les différences exactes entre ces deux types de claviers ? Elles sont plus nombreuses qu'on ne le croit généralement.

Ce tableau alterne les touches des claviers Mac et PC pour chaque ligne du clavier. Les différences sont mises en évidence par un fond coloré jaune.

Mac et la touche Option
Sans entrer dans le débat du « qui est le meilleur ? », force est de reconnaître que les caractères typographiques proposés par le clavier du Macintosh en combinaison avec la touche Option sont très commodes :

Rien de plus simple que de taper un À accentué, un Ç cédille majuscules, une puce, un Œ (Œuf), le signe inférieur ou égal , des points de suspension ou des guillemets français «» avec un clavier Macintosh, comme je le fais en ce moment même dans l'éditeur de Blogspot… Sur un PC sous Windows, certains de ces caractères sont obtenus à l'aide de la touche AltGr, mais pas tous, loin s'en faut. Pour les autres, vous devrez soit utiliser les caractères spéciaux dans Word ou taper le code ASCII sur le pavé numérique – ésotérique à souhaits !

Pour en savoir plus sur la méthode qui a permis de reproduire les touches du clavier dans les illustrations ci-dessus, consultez cet article du blog des 100 conseils pour mieux utiliser Excel.

Talibans anti-tabac

Quand Rudy Ricciotti traite les écologistes parisiens de "khmers verts", on dit qu'il exagère. Examinons quelques instants ces informations en provenance d'Italie (relayées notamment par le site d'Europe 1 à cette page), relatant la mesure prise par un élu chargé de l'environnement à Naples :
La ville de Naples a décidé d'accentuer sa lutte contre le tabac dans les lieux publics. "L'ordonnance entrée en vigueur lundi interdit de fumer près des femmes enceintes, des nouveaux-nés et des enfants de moins de douze ans dans les parcs de la ville", a déclaré l'adjoint au maire de Naples chargé de l'environnement, Gennaro Nasti.

Tentons de réfléchir sereinement quelques instants

La nocivité de la fumée de cigarette est avant tout due à son inspiration par le fumeur, sous une forme concentrée, ainsi qu'aux goudrons dégagés par la combustion du papier. Dans une salle peu aérée, en présence de nombreux fumeurs, on conçoit que le tabagisme passif puisse exister. Mais à distance et en plein air, il est évident que cette fumée est inoffensive. Sinon, que dire de la fumée qui s'échappe des tuyaux d'échappement des voitures, de surcroit lorsque s'y mêlent des particules de diésel ? Et quid des fumées dégagées par la combustion du charbon de bois d'un barbecue lors d'un déjeuner familial ?

Le délire paranoïaque de ces talibans de l'anti-tabagisme atteint les sommets du politiquement correct. Instrumentaliser l'amour des parents pour leurs enfants dans des buts répressifs de cet acabit donne une idée du niveau de stupidité atteint par nos sociétés de pacotille.

Si vraiment la fumée d'une cigarette est aussi dangereuse, pourquoi l'interdit-on seulement dans les jardins publics ? Et pourquoi seulement auprès des enfants de moins de 12 ans ?

Milices et délation
Par ailleurs, l'adjoint au maire précise que « des agents de la police municipale veilleront au respect de cette ordonnance ». Pourquoi pas des milices anti-tabacs, sur le modèle de celles de Benito Mussolini ? En outre, il est indiqué que « les amendes frapperont ceux qui feront l'objet de plaintes de la part des mères ». Délicieuse ambiance dans les jardins publics napolitains ! On imagine les hurlements hystériques d'une mère éplorée appelant la police parce que des effluves de tabac se sont manifestées à proximité de son bambin…

jeudi 22 novembre 2007

8947838 minutes

L'humour involontaire de l'informatique me ravira toujours, comme cette jauge de "patience" – absolument authentique je vous le jure !



Près de 9 millions de minute(s) restante(s)… cela doit me permettre d'aller prendre un café en attendant. Mais en attendant combien de temps ?
Environ 149 000 heures, soit plus de 6 200 jours ou 17 ans.
Qu'ai-je fait, à votre avis ?
J'ai cliqueté sur le bouton "Annuler".

lundi 19 novembre 2007

La Miche de Pain

Quand on range sa bibliothèque, on retrouve souvent des livres oubliés. Quand on range son disque dur, c'est la même chose : on exhume des documents intéressants. C'est le cas de ces extraits de "La Miche de Pain", petites brochures illustrées de catéchisme, qui sont, selon l'expression consacrée, "édifiantes". Exemples.

Leçon 1 : le travail est-il épanouissant ?

Cette image donne envie de travailler. En ces temps de réhabilitation de la "valeur travail", un message bienvenu.


Leçon 2 : peut-on échapper au bon Dieu ?

Inutile de jouer à cache-cache avec Dieu !


Leçon 3 : qu'est-ce que le péché ?

La notion pénale de l'intention frauduleuse, version "Miche de pain".


Leçon 4 : péché mortel et péché véniel

Si l'on s'obstine, alors c'est grave (très vilain).

Heureusement que les petits enfants ne font pas souvent de péchés mortels (pas souvent signifiant "éventuellement", il serait intéressant d'avoir des exemples…)

Leçon 5 : péché et punition
Que se passe-t-il si l'on est en état de péché mortel ?

Surtout ne pas mourir avant d'avoir demandé pardon !


Leçon 6 : attention en cas de mort subite
Cet homme a oublié d'aller se confesser…

Rien à faire… il est trop tard !!!


Leçon 7 : le confessionnal vous lave de vos péchés
Comment faire pour éviter cela ?

Je veux toujours avoir une âme très belle.


Que de beaux messages d'amour, rassurants et paisibles !

samedi 17 novembre 2007

Le paradoxe de la durée de cotisation

Contrairement aux idées reçues, il n'existe pas de caisse de retraite des fonctionnaires (pour le régime général). La notion de "cotisation" ne veut donc rien dire dans ce contexte. Il existe simplement une "masse" globale dans le budget de l'État, constituée de la somme des traitements des actifs et des pensions des inactifs.

Exemple simplifié
Imaginons que la fonction publique se compose, en 2007, de 1000 fonctionnaires rémunérés 2000 euros par mois. Le budget 2007 de l’État comporterait alors une ligne « traitements » de 24 millions d’euros (2000 x 12 x 1000).
Supposons maintenant que 500 fonctionnaires aient atteint 60 ans le 31 décembre 2007 et puissent prendre leur retraite, avec une pension de 1500 euros par exemple (ceci correspond, de façon simplifiée et probablement surévaluée, aux 75% du traitement au moment du départ, hors primes dans la réalité).

Le budget 2008 de l’État comprendrait alors deux lignes :
  • Traitements des actifs pour 12 millions d’euros (la moitié de 2007)
  • Pensions des retraités pour 1500 x 12 x 500 = 9 millions d’euros.
  • Total du budget 2008 : 21 millions d’euros, soit 3 millions de moins qu’en 2007.
En revanche, si une réforme intervenait en 2007, et repoussait d’un an le départ à la retraite des 500 fonctionnaires précités, le budget 2008 reviendrait à… 24 millions d’euros.

Une évidence bien peu évoquée
Très logiquement, repousser l’âge de la retraite des fonctionnaires augmente les dépenses de l’État au lieu de le diminuer, une évidence !

Alors, bien sûr, il faudrait recruter un certain nombre de remplaçants des fonctionnaires partis en retraite. Si toutefois, comme il semble que ce soit le cas dans certains secteurs, il y a des sureffectifs, le remplacement pourrait ne concerner qu'une partie des partants, qui plus est par des jeunes, dont la rémunération est plus faible (ancienneté moindre).

En effet, là où les fonctionnaires sont en surnombre, le mieux serait de leur proposer une retraite anticipée, plutôt que de repousser l'âge de leur départ.

Les sommes économisées sur le budget de l'État pourraient alors, selon l'orientation politique du moment, être affectées à l'une ou l'autre des mesures suivantes (ou à un panaché de chacune d'entre elles) :
  • Recruter des jeunes fonctionnaires (et instiller du sang neuf dans la Fonction publique tout en diminuant le chômage – scandaleux – des jeunes);
  • Baisser les impôts à due concurrence et réinjecter du pouvoir d'achat dans l'économie;
  • Embaucher des fonctionnaires là où il en manque (justice, police, social…).
Au lieu de cela, croyant "punir" les fonctionnaires en augmentant leur durée d'activité, nous préférons nous punir nous-mêmes en les contraignant à travailler plus longtemps, ce qui rigidifie encore plus le système tout en mécontentant tout le monde finalement…

jeudi 15 novembre 2007

Ennemis de 30 ans

Les hasards sont parfois cruels, même s'ils ne manquent pas d'humour. Comment deux "ennemis de trente ans" peuvent-ils être soudain contraints de travailler ensemble ? Lorsqu'ils doivent siéger au Conseil Constitutionnel !



L'article 56 de notre constitution stipule en effet que les anciens Présidents de la République font de droit partie, à vie, du Conseil. Or, Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac sont anciens Présidents de la République. Le premier a pris sa retraite en 1981 et le second cette année. Voilà un régime de retraite pour le moins spécial !

Petits coups bas entre amis
Quand on se remémore quelques épisodes de la lutte entre les deux hommes, on en reste ébahi. En voici des morceaux choisis :
  • 1976. Jacques Chirac, premier ministre, goûte peu d'être traité en "collaborateur" (déjà) par le Président VGE. Il démissionne avec fracas et fonde le RPR, véritable machine de guerre anti-giscardienne.
  • 1977. Pour la première élection d'un maire de Paris depuis une éternité, Jacques Chirac dame le pion au candidat giscardien (Michel d'Ornano) et emporte la Capitale.
  • 1981. Éliminé au premier tour de l'élection présidentielle par VGE et François Mitterrand, Jacques Chirac ne soutient son ancien patron que du bout des lèvres, indiquant que, "à titre personnel", il voterait pour Giscard d'Estaing, le message subliminal étant : "quant à vous, chers électeurs, vous faites comme vous voulez, je ne vous donne aucune consigne de vote."
  • 1988. En un sprint de dernière minute, Chirac-le-candidat dépasse Raymond Barre, ancien premier ministre de VGE, qui est exclu du second tour.
  • 2000. VGE, qui a la rancune tenace, parvient à imposer au Président en cohabitation Chirac le quinquennat, comme s'il pensait à ce moment-là : "s'il devait être réélu en 2002, au moins ne serait-ce que pour 5 ans au lieu de 7".
  • 2005. Jacques Chirac se venge, malgré lui, en torpillant la Constitution Européenne, rédigée sous la houlette de VGE, par un référendum raté.
Ambiance !

On imagine, après ce bref rappel, l'ambiance qui doit régner autour de la table du Conseil Constitutionnel ! Il paraît que le Président du conseil, Jean-Louis Debré, a prévu de placer les deux retraités de part et d'autre de son siège, peut-être pour éviter qu'ils n'en viennent aux mains…

mercredi 14 novembre 2007

14 novembre

C'est le propre du blog d'être égocentrique, non ? D'où cette façon de "me" souhaiter bon anniversaire. On ne peut faire plus auto-centré. Ma coquetterie m'empêche de vous révéler mon âge qui, sans être cannonique…

Anniversaire ferroviaire
Pour moi qui aime les trains, je dois dire que je suis servi en ce 14 novembre : une superbe grève paralyse les transports ferroviaires. C'est trop d'honneur les amis ! Dire que si j'avais réalisé mon rêve d'enfant, devenir conducteur de locomotives, je serais sur le point de prendre ma retraite…

Mais ce n'est pas tout, c'est aussi ce 14 novembre que la nouvelle gare londonienne de l'Eurostar est inaugurée. Désormais, Londres est à seulement 2h15 de Paris (contre 2h35 précédemment), et à 1h20 de Lille.

Notons au passage que, déjà, c'était un 14 novembre (1994) que le premier train avait franchi le tunnel sous la Manche.

Du Prince Charles à Dominique de Villepin
Si l'on tire le fil anglais, force m'est de constater que le 14 novembre est aussi l'anniversaire du Prince Charles (1948). Bon. Une référence parmi d'autres. Je m'empresse de préciser que je suis pas aussi… vieux. Je suis aussi plus jeune que Dominique de Villepin, né le 14 novembre 1953.

lundi 12 novembre 2007

Bruxelles : le bazar du BHV

Le 8 novembre, j'étais à Bruxelles, pour "à faire", après le vernissage de l'exposition Couleur Scandale, dont je suis le webmaster. La veille, les députés Flamands avaient voté un amendement à tonalité séparatiste consistant à supprimer le BHV. Il ne s'agit pas du Bazar de l'Hôtel de Ville, même si je me trouvais sur la Grand-Place de Bruxelles, mais bien de l'arrondissement Bruxelles-Halle-Vilvoorde…
Ci-contre : le pavé de la Grand-Place de Bruxelles.

Quel plaisir de passer une petite heure dans un confortable café de la Grand-Place, à déguster un petit déjeuner vraiment très complet, en admirant la place par la devanture…



…et en s'interrogeant sur ce drapeau Belge qui flottait sur la façade de l'hôtel de Ville. Quel bazar, dans ce BHV ! Espérons que la Belgique reste unie.


D'ailleurs, lorsqu'on voit des gens venant de très très loin se photographier sur le pavé, on se dit que, vraiment, nos disputes régionalistes européennes sont dérisoires.



Au pays de la BD, les rues sont rebaptisées, comme à la galerie de la Reine, où la reine de la BD, la japonaise (tiens !) Yoko Tsuno, figure sur une plaque bilingue.

Il ne reste plus qu'à envoyer à nos amis Belges l'émissaire BHV – pardon, BHL – pour qu'il négocie avec les partis. Mais serait-ce un cadeau ?

Post-Scriptum : Il n'y a pas qu'en Belgique que c'est le "bazar", remarquez. En France aussi, tandis que les grèves se préparent. Un autre point commun relie nos deux pays en ce moment, et Corinne l'a développé dans son message du 9 novembre, à lire à cette page.

mercredi 7 novembre 2007

Un Salut à Anterne


Le col d'Anterne (2257 m) marque la jonction entre le massif du Mont-Blanc et le versant de Sixt. Samedi dernier, le 3 novembre, à la faveur d'une météo clémente, j'ai eu la joie d'y saluer symboliquement les nombreuses personnes qui y sont passées, en particulier dans les années cinquante : mes parents, avant même qu'ils ne se connaissent, mon grand-père André Odemard et son vieux copain Gabriel, Guy, le fils de ce dernier, Denise et Pierre… – j'en oublie certainement !


Ceux qui montent depuis le versant de Sixt découvrent le massif du Mont-Blanc au moment où ils atteignent le col. Un panorama d'une beauté stupéfiante, qui achève de couper le souffle des randonneurs !


Un couple de bouquetins est venu répondre à ce salut, d'une démarche tranquille et majestueuse, clin d'œil aimable et délicat des hasards de la nature…


Au loin, l'aiguille Verte et les Drus émergaient derrière les reliefs de la pointe de Pormenaz…