mercredi 23 mai 2018

La politique du “tout embouteillage"

Affligeant constat sur la pollution à Paris !

Le Monde (édition datée du 22 mai 2018) nous livre les résultats d'une vaste enquête menée par Greenpeace sur les grandes villes européennes. Paris est en septième position sur 13 pour sa note globale, mais en avant-dernière position pour la qualité de l'air !

Il semblerait que la politique du “tout embouteillage” menée par la municipalité n'y soit pas étrangère. Les bouchons ont en effet crû de 10% rien que sur l'année 2017, alors que, pourtant, la part de la voiture dans les déplacements est la plus basse d'Europe (15%).
Comme quoi congestionner délibérément la circulation pour “décourager” les automobilistes aboutit au résultat inverse de ce qui serait souhaitable. Pourtant, le bon sens supposerait que “moins une voiture passe de temps dans Paris, moins elle pollue”. Eh bien… non ! Surtout que nombre d'automobilistes ne se découragent pas, malheureusement, pour toute une série de raisons que les édiles refusent de considérer, têtus comme des bourriques…

Benoît Duteurtre avait su dénoncer ce problème avec verve il y a déjà longtemps. Dans un livre récent, Pourquoi je préfère rester chez moi (Fayard, 2017), il résumait avec un humour coléreux les objectifs de cette politique de gribouille :
“Gâcher la vie pour la rendre meilleure, aggraver les maladies en espérant que le corps finira  par réagir […] Provoquer le chaos en espérant qu'une révolution suivra.”
Je souscris également à cette formule sur les rapports entre modes de déplacement (pardon, de mobilité), d'ailleurs cause de crises de schizophrénie pour ceux qui alternent entre ces différents emplois :
“Est venu le temps du communautarisme agressif qui oppose en permanence les vélos aux voitures, les piétons aux cyclistes, les bus aux rolleristes – chacun sûr de son droit et méprisant celui des autres.”
Pour ma part, quand je me rends à Paris, j'utilise essentiellement le métro, rapide et commode, et parfois le bus… quand il n'est pas bloqué dans les embouteillages ou par un cycliste mollasson qui occupe le centre de son “couloir de bus” en pédalant à 2 km/h…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire