jeudi 11 mai 2017

Un scrutin sans fin

11 mai 2017… La France a un nouveau président. C'en est-il fini ? Non ! Le “scrutin sans fin” se poursuit.

Résumé des épisodes précédents
Conscients que l'élection présidentielle dysfonctionne, nous avons imaginé des primaires – sorte d'anté-premier-tour – pour éviter des éliminatoires aux résultats incertains, on se souvient de 2002. Raté ! Deux scrutins à deux tours chacun, en novembre 2016 et janvier 2017, pour rien… ou pas grand-chose. Les deux vainqueurs des éliminatoires seront balayés le 23 avril. Qu'en a-t-il résulté ? Quatre blocs presque identiques, de 7 à 8,6 millions de voix chacun.

La règle est connue, imaginée par un certain de Gaulle – et sa “certaine idée de la France” : seuls les deux candidats arrivés en tête au premier tour sont présents au second. Ce sera donc Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Fureur des deux autres challengers, colère des électeurs sommés de choisir entre deux candidats seulement. Si on les écoutait, il aurait fallu organiser une quadrangulaire au second tour ! À l'évidence, nos institutions ne fonctionnent plus correctement. Si la présidentielle ne convient plus aux électeurs, pourquoi maintenir ce système ? Malheureusement, si l'on consulte les Français, on obtient invariablement une écrasante majorité souhaitant à tout prix conserver l'élection uninominale à deux tours telle qu'on la connaît… Et pourtant, à la façon de sales gosses ou d'enfants-rois, nombre d'électeurs râlaient, refusant la règle du jeu… C'est tout juste s'ils n'exigeaient pas des bulletins Fillon ou Mélenchon sur les tables des bureaux de vote du second tour !

Donc… on recommence. Avec les élections législatives, les seules capables, théoriquement, d'arbitrer la compétition. On verra quelle sera la participation à ce scrutin décisif… Et on verra comment les électeurs réagissent, comment ils vivront ces deux tours subtils, à base de seuils de 12,5% des inscrits, et donc ces duels, ces triangulaires et autres quadrangulaires.

Et si on avait commencé par là ? Nous aurions élu une assemblée nationale, représentative des “blocs” en présence, avec une répartition plus ou moins proportionnelle des sièges selon le mode de scrutin. Et le Premier ministre, chef de l'exécutif dans la plupart des démocraties occidentales, aurait résulté des alliances nouées au parlement.
Seulement voilà : à quoi servirait le président, cette “star” de nos institutions, ce monarque élu, cet homme que l'on veut toujours providentiel et qui ne se “normalise” pas ? Pourtant, souvenons-nous, lors des cohabitations, les institutions fonctionnaient-elles autrement ?

Un scrutin sans fin…
Si les législatives ne permettent pas de dénouer les désaccords et atermoiements de l'électorat, que faudra-t-on imaginer ? Un “troisième tour social” ? (ce serait plutôt un neuvième tour, si on compte bien). Un référendum ? Une période d'essai ?
À demain !