jeudi 16 février 2017

Le vote paradoxal des retraités

Si l'on en croit les études d'opinion, les retraités voteraient plutôt au centre-droit et à droite, et ils sont de plus en plus nombreux dans le corps électoral, vieillissement de la population oblige. On parle ici des retraités relativement aisés, ou du moins au-dessus du minimum vieillesse, misérable dans notre système social.

Or, que proposent les candidats de la frange droite de l'échiquier politique ? Avant tout la réduction des cotisations sociales. Lesdits retraités semblent oublier que notre système fonctionne par répartition. Car toute baisse des recettes induit donc, tendanciellement, une baisse des prestations – et donc des pensions de retraites. Peut-être que ceux qui ont “pris leur retraite” se croient définitivement à l'abri, à la façon de fonctionnaires dont le revenu serait garanti. Peut-être pensent-ils que seuls les nouveaux entrants – ceux qui liquideront leurs pensions dans les années à venir – seront concernés par une baisse des pensions. Si l'on y ajoute les projets de réduction des prestations de santé, et l'accroissement du champ des mutuelles et autres assurances privées, le sort des retraités ne s'améliorera pas : plus de cotisations, moins de remboursements, et des mutuelles qui modulent à la hausse leurs primes en fonction du “risque” représenté par le cotisant…

C'est le paradoxe des retraités. Ils croient que les réductions de prestations ne concerneront que les “actifs” au sens démographique : jeunes, chômeurs, bénéficiaires du RSA, salariés (pour les cotisations), avec la pensée, vite refoulée : “Tant pis pour eux !” Un pari qui pourrait se révéler perdant…


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