jeudi 2 février 2017

Confusion et chaos

Quelle confusion !

Les “surprises de la présidentielle” tournent à la farce, au feuilleton grotesque. L'affaire Penelope Fillon ne cesse de rebondir, d'heure en heure. Difficile de dire, à l'heure où sont écrites ces lignes (2 février, mi-journée) si le candidat LR pourra se présenter à l'élection.
Certes, pour ceux qui n'approuvent pas son programme, ce pourrait être un “bon débarras”… Mais et ensuite ? Même si Marine Le Pen traîne elle aussi une casserole, elle serait capable de franchir l'obstacle et de capitaliser sur le “tous pourris”. Ne l'oublions pas.

Pour le reste, rien n'est clair – c'est un euphémisme. La primaire du PS a – à son tour – désigné un outsider, au programme aventureux. Ambiguïté ! Si nous vivions dans un régime parlementaire, des alliances pourraient se nouer ; dans notre système hyper-présidentiel et hyper-personnalisé, c'est une mission impossible.

Quant à Emmanuel Macron, il vient encore de reporter la présentation de son programme ! Porté par son imprécision, il risque la chute, explosant telle une baudruche médiatique gonflée au marketing de “big data” (expression entendue hier sur France Info).

Les trois mousquetaires Hamon-Mélenchon-Jadot – avec le PC en quatrième – forment un attelage qui tire à hue et à dia, si l'on m'autorise l'expression.
80 jours avant le premier tour, un peu plus de deux mois, nous restons dans la plus grande incertitude, non seulement sur le résultat, mais sur les programmes et le positionnement des candidats. Qui sera le candidat LR ? Comment Hamon rassemblera-t-il le PS ? François Bayrou se présentera-t-il ? Avouez que la confusion est totale ! Or, de la confusion ne peut naître que le chaos…

Le seul “joker” présent dans la main invisible du futur scrutin serait l'élection d'une sorte de “président neutre” – comme les paquets de cigarettes, enfin, non, vraiment neutre – choisi sur sa personnalité, à charge pour lui, dans un second temps, de construire une majorité lors des législatives. Ce serait atypique et dérogatoire à nos usages et traditions. S'il fallait faire la démonstration que l'élection du président au suffrage universel direct est dans une impasse, quoi de plus éloquent que les dernières semaines ?

Côté sondages, nous sommes en train d'assister à la dangereuse “convergence des courbes”, avec plusieurs candidats à l'intérieur de la marge d'erreur des enquêtes d'opinion, couplée à une extrême volatilité des intentions de vote. C'est ainsi que Benoît Hamon a bondi – Monsieur-7% est devenu Monsieur-15% en quelques jours, porté par son succès à la primaire, tandis que François Fillon entame une chute vertigineuse et que Marine Le Pen… renforce son assise électorale. De nouveau, le “rêve” du “second tour gagné d'avance” titille les challengers de la présidente du FN. Attention, danger !

Le général de Gaulle, qui avait imaginé ce mode de scrutin en 1962 pour des raisons de convenance personnelle, nous a laissé un héritage décidément empoisonné !

1 commentaire:

  1. Commentaire d'un lecteur :
    « Je partage aussi l'avis que nous sommes arrivés à une sorte de fin de cycle, à la fin de vie d'une constitution qui s’essouffle et n'est plus en adéquation avec l'évolution de la société. Bâtie sur mesure par De Gaulle, pour De Gaulle, la 5è République a engendré plus de scandales que la 4è, accru les inégalités et mis en place un système quasi-monarchique où les élites sont déconnectées des souffrances du Tiers État. Le régime présidentiel fort, largement utilisé par De Gaulle et Mitterrand, est désormais galvaudé depuis les mandats de Chirac dans une sorte de consensus mou, générant des mesures économiques stériles décidées au rythme d'une clepsydre qui se vide lentement au gré des mandats.

    Le peuple a besoin d'un renouvellement profond et d'un changement radical, conforme à l'évolution de la société. Nous assistons aux prémices d'une révolution électorale. Il ne reste plus qu'à espérer que le prochain président ait le courage de réformer en profondeur le pays et surtout de s'atteler à l'écriture d'une nouvelle constitution, prenant plus en compte l'aspiration des Français. »

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