samedi 19 novembre 2016

Primaires à droite : la convergence des courbes

À la veille du premier tour de la primaire de la “droite et du centre”, une totale incertitude règne, à un point que personne n'imaginait il y a seulement un mois.

À l'évidence, la mission des instituts de sondages est “impossible”, tant les aléas sont nombreux :
  • Incertitude sur le nombre de votants,
  • Quel que soit ce nombre, il ne représente qu'un petit 10% des votants d'un scrutin présidentiel,
  • Absence de scrutin de référence à droite, et un seul à gauche,
  • Changements rapides des intentions de vote : il ne s'agit en effet pas de basculer de gauche à droite, juste de choisir un candidat parmi sept dont les propositions sont proches, par construction.


Le phénomène de la convergence – voire du croisement – des courbes est proprement spectaculaire !
En octobre, Alain Juppé distançait Nicolas Sarkozy de près de dix points, tandis que François Fillon se situait très loin derrière. Et voilà qu'ils se seraient rassemblés dans un “mouchoir de poche”, quasiment à égalité.

Le suspense règne ! De deux choses l'une, nous semble-t-il :
  • Soit les tendances des courbes se prolongent, comme dans le cas de Donald Trump, et l'on aurait le résultat inattendu d'un Fillon en tête, suivi de Nicolas Sarkozy – Alain Juppé étant sur la pente descendante ;
  • Soit les électeurs “corrigent” la tendance observée et se mobilisent plus que prévu. Dans ce cas, on peut penser que Nicolas Sarkozy pourrait passer en tête, car il correspond (heureusement ou malheureusement !) au profil préféré des militants et sympathisants les plus proches du parti LR.
Et il restera, au second tour, à évaluer les ralliements et reports de voix, les premiers parfois délicats et les seconds incertains. Nicolas Sarkozy, s'il est concerné, aura peut-être un peu plus de mal à “rassembler”, même si l'on a observé de surprenants ralliements dans la primaire de gauche de 2011 (on songe à Montebourg).

Si les paris étaient ouverts, nul doute qu'il serait difficile de prendre position ! Et dire que l'identité du prochain président de la République dépend de ces aléas… Il y a quelque chose d'angoissant dans cette loterie !

Addendum du 21 novembre
Les courbes ont non seulement convergé… elles se sont carrément croisées !



Peu doué pour les pronostics, j'avais ci-dessus imaginé un duel Fillon-Sarkozy, très largement démenti – quant à l'hypothèse du “sursaut-Sarko”, elle était encore plus éloignée de la réalité ! Je mesure que j'ai peu de dispositions pour jouer les devins ;-)
La seule “courbe” dont la tendance ne s'est pas accentuée est celle d'Alain Juppé. L'influence du “vote révolutionnaire” des gaucho-centristes ? À noter aussi le total des voix des trois premiers : dans le dernier sondage, il était de 88% (30 + 2 fois 29). Au final, il monte à 93%, autre explication de l'envolée fillonesque : une sorte de “vote utile”, rejetant aux tréfonds les quatre autres candidats.

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