dimanche 16 octobre 2016

Primaires LR : espérance ?

Les analystes paraissent unanimes : sauf surprise, le candidat de droite devrait l'emporter à la présidentielle de 2017. La primaire LR deviendrait alors l'élection déterminante ; elle désignerait le futur président de la République. Impossible d'éviter le premier débat entre les sept candidats, dans ces conditions, ne serait-ce que pour essayer de savoir “à quelle sauce nous serons mangés”. Ce billet de blog est très personnel. Il décrit le ressenti d'un électeur plutôt de gauche, sans être militant, qui conserve contre vents et marées un certain espoir en la politique – est-ce bien raisonnable ?

Deux thèmes ont été abordés : l'économie et le régalien, dixit TF1. Que s'en dégage-t-il ? Avant tout le contraire, exactement, de ce qu'Alain Juppé tentait de nous souhaiter : l'espérance. Car comment en pas être désespéré en écoutant les mesures de restrictions sociales alignées par tous les candidats ? Il ne s'agit pas d'idéologie, mais de simple pragmatisme. Tous nous préparent des coupes claires dans les budgets sociaux. Or, le social, ce n'est pas seulement l'assistanat pour les paresseux (j'exagère à peine), c'est avant tout la santé, la retraite et l'aide à ceux qui sont privés d'emplois. Sur ce plan, pas à dire, ça va saigner. Quel paradoxe pour ces personnalités qui se présentent comme “protectrices des Français”… mais sur le plan de la sécurité pénale ! Versant social, c'est au contraire l'insécurité. Je n'ai pas dû bien comprendre…

Observer toutes ces figures de la droite était intéressant, au demeurant. Un vrai petit théâtre !
J'écris “de la droite”, car je n'ai pas encore réussi à trouver qui représentait le “centre” dans cette primaire – excusez-moi, j'ai beau avoir fait Sciences Po, je donne ma langue au chat. Jean-Frédéric Poisson, alors ? Attention ! L'ordre des adjectifs est capital : un parti “chrétien-démocrate” n'a pas grand-chose à voir avec un parti “démocrate-chrétien”. Au risque d'un mauvais jeu de mots, ce Poisson s'est révélé être un sous-marin de la droite réactionnaire. Il cachait bien son jeu !

J'ai trouvé Sakozy atrocement crispé, au point d'inspirer de la pitié ; Juppé déjà fatigué avant même de commencer sa campagne et le quinquennat ; Copé souriant, mais surtout pour découvrir ses dents de carnassier et régler ses comptes ; Fillon plus clair et policé que prévu, mais néanmoins inquiétant ; Le Maire insaisissable, trouvant le moyen de plaisanter en précisant qu'il n'allait “tuer” (supprimer) aucun fonctionnaire – nous voilà rassurés, comme plaisanterie de mauvais goût, c'est réussi ; quant à Nathalie Kociusko-Morizet, moi qui en dis pis que pendre sur ce blog, voilà qu'elle apparaissait comme la seule candidate novatrice… dommage que son programme ne soit pas chiffré. On apprendra qu'elle propose une flat-tax sur le revenu de 23,5% (le taux moyen actuel est de 6,6%), avec un revenu universel en contrepartie, la suppression de toutes les niches fiscales (les chiens vont aboyer !) et la suppression du statut de fonctionnaire des enseignants (d'un coup, elle s'est fait des amis parmi les profs !).

Sur la méthode, un relatif consensus régnait sur le recours aux ordonnances, vite fait bien fait aux mois de juillet et août 2017. Juppé est certain que l'élection lui donnera la légitimité qu'il n'avait pas eue en 1995 pour “réformer” – oubliant qu'il risque d'être élu par défaut face à Marine Le Pen – et le mettant à l'abri de toute manifestation. Je me demande juste ce que fera le futur président pendant la suite de son quinquennat s'il regroupe toutes ses mesures dans les ordonnances estivales de 2017.

Le fameux Poisson a conclu en trouvant qu'on avait parlé plus “gestion” que “politique”. Pas faux. Et pas vraiment de quoi espérer…

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