samedi 8 octobre 2016

Primaires de la droite : confusion des genres

La campagne des primaires de la droite porte bien son nom : primaire, simpliste et foutraque. Dans Le Monde de ce week-end, Arnaud Leparmentier débusque avec justesse les “fantômes” de cette droite qui n'a pas d'idées… juste des intérêts*. Le plus drôle, peut-être, en cette période de polémiques sur les gender studies est cette confusion des genres que l'on observe parmi certains candidats – au masculin… ou pas.

François Fillon se rêve en Margaret Thatcher, sabrant dans les impôts et prônant le TNA, autrement dit There is no alternative (on n'a pas le choix). Il ressemble cependant plus à une majorette Thatcher qu'à une foudre de guerre. Ses obsessions fiscales, dans le registre de la TVA à 23% ou la retraite à 65 ans (pourquoi pas 70, on ne sait…), le font plutôt ressembler à ce qu'un autre François prophétisait : après moi, il n'y aura plus de présidents, juste des comptables. Nous y sommes – malgré tout le respect que m'inspirent les comptables…

Nathalie Kociusko-Morizet, elle, pencherait plutôt du côté du masculin, persuadée de devenir “la” Ronald Reagan de la droite “décomplexée et sans tabous”. Au printemps, déjà, elle suggérait de trancher dans le vif : baisser dès l'année 2017 les impôts de 100 milliards d'euros – rien que ça ! – puis d'attendre “un peu” pour baisser les dépenses à due concurrence. La vielle tactique consistant à “affamer la bête” selon la formule reaganienne : “Starve the beast”. La bête, on l'aura compris, c'est l'État-providence. Une fois “affamée” par la réduction des impôts, il n'y aura plus qu'à faire hara-kiri aux dépenses sociales et au budget de l'État. En endossant ce costume de Ronaldette, elle risque de relancer les critiques : serait-elle une “évaporée” qui raconte n'importe quoi, à la façon de Marie-Antoinette et de ses brioches ?

Bref, la confusion des genres règne à droite, et ce soudain enthousiasme pour des figures ultra-libérales des années quatre-vingt semble plus post-moderne qu'adapté au XXIe siècle.


* La formule serait, selon certaines sources, de François Mitterrand, tirée de Ici et maintenant. Je me souvenais de l'avoir lue dans un hebdomadaire il y a une dizaine d'années comme émanant de Raymond Barre. Avais-je confondu ? Ou bien l'ancien premier ministre de VGE citait-il Mitterrand ? Elle n'en demeure pas moins symptomatique.

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