dimanche 26 juin 2016

Un référendum est-il démocratique ?

C'est la tarte à la crème des dissertations de sciences politiques : « Un référendum est-il démocratique ? » Le tout récent référendum britannique redonne soudain au sujet tout son sel !

L'affaire compliquée de la “pétition” réclamant un nouveau référendum révèle au moins une chose : l'extension de l'individualisme dans nos sociétés contaminées par les “communautés”, notamment virtuelles. On dirait que nos amis britanniques sont des enfants ayant cassé leur jouet, qui viendraient pleurnicher auprès de leurs parents afin qu'ils le réparent. “J'lai pas fait exprès, m'man !” Et de sortir d'un chapeau des règles dérogatoires, selon lesquelles la majorité ne serait plus à 50,01%, mais à 60%, et qu'une participation devrait dépasser 75% pour que le scrutin soit recevable. S'il fallait annuler tous les scrutins n'ayant pas rassemblé plus des trois quarts des inscrits, pas besoin de vous faire un dessin… Quant à une “majorité” à 60%, pourquoi pas les deux tiers ou les trois quarts – à l'image des réformes constitutionnelles françaises, exigeant une majorité des trois cinquièmes au Congrès. Encore eût-il fallu le dire avant !
La “communauté” des pro-UE, aussi sympathique soit-elle outre-Manche, voudrait, en quelque sorte, que la démocratie n'applique ses décisions qu'à ceux qui ont voté en leur faveur. À les entendre, chaque citoyen du Royaume-Uni devrait pouvoir être “dedans” ou “dehors” selon son souhait individuel. Une analogie avec les religions, qui voudraient imposer des règles spécifiques à leurs ouailles !

Mais ce n'est pas tout ! Voici que des voix s'élèvent au Royaume-Uni pour contester la légitimité du référendum. Seul le Parlement serait souverain. Tiens, tiens ! Nous revoilà dans la dissertation de sciences politiques. Donc, consulter le peuple directement ne serait pas démocratique. Et d'argumenter que le référendum n'était que consultatif, et qu'il suffirait donc que la chambre des Communes vote pour un “remain” a posteriori, et tout serait dit. En substance : recommencer la stratégie du Traité de Lisbonne annulant le “non” français à la ratification du traité constitutionnel.

Pourtant, il existe une solution, si l'on nous permet un soupçon d'ironie.
1. L'ensemble des Anglais pro-UE émigrent rapidement vers l'Écosse et s'y domicilient (et vice versa).
2. Un référendum est organisé en Écosse pour “leave” le Royaume-Uni et donc rester dans l'UE en tant que nation indépendante.
3. Il ne resterait alors, en Angleterre, que les Britanniques anti-UE, claquemurés dans leur nouveau “petit” royaume. Le sort de la reine reste incertain dans cette configuration.
Chiche ?

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