mercredi 11 mai 2016

Le piège des retraites

À l'approche de l'élection présidentielle, c'est le retour de la question de la “réforme” des retraites.
Les candidats à la primaire LR parlent de “courage” en proposant de repousser un peu plus l'âge de départ. Un courage sélectif…

Le piège du système actuel est pernicieux.
Pour continuer à afficher un âge de départ “décent”, il joue sur les années de cotisations nécessaires à une pension à taux plein. Or, un nombre conséquent de futurs retraités sont au chômage depuis plusieurs années. Il sont alors contraints de demander la liquidation de leur pension trop tôt; elle est en conséquence minorée, pour cause de nombre de trimestres inférieur au seuil requis – et ce pour le restant de leurs jours.

Le courage serait de ne plus se contenter de faire peser la quasi-totalité de l'ajustement jugé nécessaire aux seuls “nouveaux partants”. C'est d'une injustice criante ! Vous êtes né en 1954, vous ne serez pas traité de la même façon que si vous êtes né en 1955, et ainsi de suite. Bonjour l'égalité ! On mesure les réactions de l'électorat retraité des candidats LR s'ils proposaient que tout le monde participe à l'effort, avec par exemple un blocage des pensions au-delà d'un certain seuil. Mais le courage s'arrête au clientélisme.

Quant aux vases communicants entre budget des retraites et budget de l'indemnisation du chômage, il a déjà été expérimenté : dans les années 1980, on transformait des chômeurs en retraités, avec les départs anticipés à 55-57 ans. Aujourd'hui, c'est l'inverse : on transforme des retraités en chômeurs. Globalement, le problème financier reste entier !

À propos de courage, il en faudrait aussi pour s'orienter vers une égalité des retraités face à leur pension. Là encore, le chemin à parcourir sera long !

Ces actions sur un unique paramètre – l'âge de départ – ressemble à la lutte contre la tabagie. Pour l'essentiel, le seul paramètre sur lequel les gouvernements agissent est le prix (la taxe spéciale). Au mépris de tous les autres.

Allez, mesdames et messieurs les décideurs politiques, un peu d'imagination avant de parler de courage.

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