mardi 24 mars 2015

Et ils sont… contents

Vous vous souvenez sans doute de ce dialogue du film Le Dîner de Cons, quand Thierry Lhermitte observe, désespéré, Jacques Villeret : “Ça sonne… et il est content !”

C'est, à peu de chose près, ce que j'ai ressenti en regardant la première demi-heure de la soirée électorale du premier tour des élections départementales. Alors que ”ça sonne”, que l'alarme retentit, que la politique est rejetée par les Français – ce que nous déplorons amèrement – eh bien ils étaient tous “contents”, sans exception.

L'UMP, bien entendu content(e), susceptible de remporter de nombreux départements le 29 mars, sans pour autant avoir réellement progressé en voix. Au point que leur “Nini”-colas Sarkozy pavoisait.
Le Front National, forcément content de son “exploit” d'atteindre les 25% des suffrages exprimés.
Le PS, et notre Premier ministre, contents de leur “score honorable”, alors qu'ils devraient perdre plusieurs dizaines de départements au second tour.
Les écologistes, “contents” de leurs 2% et du désordre qu'ils ont créé en s'alliant soit avec le Front de Gauche, soit avec le PS, au petit bonheur la chance.
Même les commentateurs étaient “contents” de la participation : à peine un chouïa au-dessus de 50%. Pas de quoi pavoiser pourtant quand 20 millions d'électeurs manquent à l'appel !

Nous avons éteint la téloche (enfin, la connexion Internet sur France 2) au bout d'une demi-heure. Pas question d'assister plus longtemps à ce “dîner de cons”.

lundi 9 mars 2015

Le service civique tous azimuts

Décidément, le service civique est un sujet à la mode !

Après le service civique “universel” pour les jeunes, lancé par François Hollande il y a peu, c'est au tour de Rama Yade de prôner un service civique… pour les vieux.
Voyant passer l'information sur Facebook, j'ai cru qu'il s'agissait d'une blague, une de ces saillies de sites parodiques comme le Gorafi. Eh bien non, c'était réel…

Travailler quand on est à la retraite ? C'est d'ores et déjà une nécessité, tant les pensions ont été réduites. Le succès du statut d'autoentrepreneur en atteste. Les files d'attentes de retraités aux Restau du cœur en sont un autre symptôme. Pourtant, on se souvient que certains écologistes insistaient pour interdire le cumul pension+revenu d'appoint, au nom de la solidarité générationnelle. Encore faut-il, pour cela, avoir de quoi subsister.

La proposition de Rama Yade montre une ignorance crasse du problème. Si certains retraités “favorisés” sont en quelque sorte à l'abri de la précarité, et jouissent d'un niveau de vie appréciable et garanti, force est de reconnaître que ce n'est pas le cas général. Au contraire, nombre de pensionnés sortent d'une longue période de chômage en tant que “seniors”, désormais exclus du marché du travail dix ans avant l'âge légal de départ. En outre, lorsqu'ils partent, le déficit de trimestres de cotisations et le rabotage des barèmes pèse lourdement sur le montant nominal des pensions.

Obliger les retraités à accomplir un service civique indemnisé au lance-pierre – comme pour les jeunes – ne ferait qu'accroître les effets d'aubaine et enlever aux actifs des possibilités d'emplois. Ou alors, il faut être franc : s'il s'agit d'obliger les retraités à bosser tant qu'ils sont valides, autant supprimer la notion de retraite, et la remplacer par des pensions d'invalidité seulement quand l'on devient malade, et donc inemployable. Et, enfin, quid de ceux qui ne trouveraient pas d'emploi “civique” ? Seraient-ils au RSA ?

Le vrai sujet des retraites, c'est l'équité. La mosaïque des régimes de retraites en vigueur montre de gigantesques inégalités. Si l'on ne cesse de parler de “réforme” des retraites, c'est toujours pour rester à la surface des choses : retarder l'âge du départ, modifier les paramètres de calcul des pensions pour, toujours, les réduire, à “inégalités égales” si l'on ose cette formule pourtant exacte. Quant au minimum vieillesse, il ne fait jamais l'objet d'une réflexion. C'est pourtant là qu'il faudrait agir, afin d'aboutir à une sorte de SMIC-retraite largement revalorisé. Les travailleurs indépendants, les agriculteurs et autres laissés-pour-compte de la retraite apprécieront.

mercredi 4 mars 2015

“Bis”, une jolie surprise !

Jolie surprise que ce “Bis”, réalisé par Dominique Farrugia !
Tant l'affiche que la bande-annonce ou la présence de Franck Dubosc pouvaient laisser présager une comédie loufoque, il n'en est rien.


2014. Kad Merad (Patrice) et Franck Dubosc (Eric), deux vieux amis, sont chacun à leur façon déçus par leurs vies. Le premier est pourtant un gynécologue adulé, auteur de livres à succès, marié à Caroline et père de famille… Le second, restaurateur “japonais” (!) vole de conquêtes en conquêtes après avoir divorcé de sa femme. Un week-end dans cette maison de campagne qu'ils fréquentent depuis l'adolescence va les réunir. Et là, patatras, une “faille temporelle” les renvoie à leurs 17 ans, en 1986.

Toute l'astuce du film consiste à ce que les deux protagonistes conservent leur apparence d'aujourd'hui alors que, dans les miroirs et pour les personnages de 1986, ils ont leurs physiques d'adolescents venant de passer leur bac et s'apprêtant à fêter ça par une “boum”.
Passée la surprise et le désarroi, ils prennent les choses en main. Et s'ils en profitaient pour infléchir les cours de leurs vies ?
Beaucoup de gags, bien sûr, mais aussi de l'émotion, teintée d'un brin de métaphysique. Si, si !
Patrice se retrouve avant le moment où il allait déclarer sa flamme à sa future femme, Caroline, tandis qu'Eric va tenter de se réconcilier avec ce père trop tôt disparu qui, en 1986, est encore de ce monde.
Sur le plan du comique pur, reconnaissons que Franck Dubosc passant son oral d'anglais interprète une scène qui deviendra “culte”. Assuré, cette fois, de réussir cet oral dont il connaît le sujet, le voilà paradant devant une austère examinatrice à coups de “Just call me Eric” ou un “What else ?” qui, forcément, fait un flop !

Aucun temps mort dans un scénario qui tire tout le parti du thème, sans excès, avec intelligence et subtilité, jusqu'au retour en 2014, un joli finale dont nous vous laissons la surprise.
Ultime recommandation, ne visionnez pas la bande-annonce : seuls les gags sont mis en évidence, au détriment de tout ce qui fait le sel de ce film.