jeudi 27 novembre 2014

Une performance dans le métro parisien

Mercredi 26 novembre 2014

Je me trouvais à la station de métro Corentin-Cariou, à Paris.
Je disposais de pas mal de temps avant de rallier la gare de Lyon, et une idée m'est venue, saugrenue autant que soudaine. Emprunter la minuscule ligne 3 bis du métro parisien, ce petit tronçon de 4 stations “débranché” de sa grande sœur la ligne 3 pour cause de prolongement à Gallieni, au tout début des années soixante-dix. Il me semblait en effet me souvenir que je n'avais jamais parcouru cette ligne délaissée…

L'expérience s'est transformée en une véritable “performance”.
Aucune application de mobile, logiciel RATP ou PLI (Plan Lumineux d'Itinéraire) ne serait jamais capable de fournir la solution. Comment se rendre de Corentin-Cariou à Gare de Lyon en empruntant le maximum de correspondances ? En l'occurrence : 7 lignes, 6 changements, 22 stations. Une performance d'art conceptuel donc, n'ayons pas peur des mots, à l'exact opposé de ce que l'on imagine d'habitude, à savoir aller le plus vite possible d'un point à un autre. Cette fois-ci, il s'agissait au contraire de chercher le plus compliqué, le plus lent aussi, dans une optique de pure fantaisie.

Et me voici (presque) sûr d'être le tout premier usager du métro parisien à avoir jamais parcouru délibérément (et de façon préméditée !) cet itinéraire aussi sinueux, en dépit des millions, voire des milliards de trajets que des humains ont accomplis sur ce réseau. Jugez-en.


  • Départ de Corentin-Cariou, ligne 7
  • Changement à Louis Blanc - ligne 7bis
  • Changement à Place des Fêtes - ligne 11
  • Changement à Porte des Lilas : ligne 3bis - le cœur de la performance !
  • Changement à Gambetta - ligne 3
  • Changement à Père Lachaise - ligne 2
  • Changement à Nation - ligne 1
  • Arrivée à Gare de Lyon

Combien de temps pour un tel “voyage” ? Une heure exactement, ni plus ni moins. Le tout pour le prix d'un unique ticket de métro…

Chemin faisant, j'ai constaté l'extrême diversité du matériel roulant selon les lignes, surtout sur les plus petites, nombreuses dans ce parcours. Après les rames bien connues de la 7 (des MF77 en jargon), ce fut le curieux “BOA” de la ligne 7 bis, un matériel articulé précurseur, une sorte de prototype, grinçant et cahotant, unique en son genre. Sur la ligne 11, autre ligne “courte” (terminus à Châtelet, en plein centre de la ville), les désormais vénérables métros sur pneus datant du début des années soixante, sur lesquels les atteintes de l'âge étaient bien visibles. La ligne 3 bis disposait quant à elle de rames des années soixante (les MF67), de seulement trois éléments, qui semblaient perdus dans ces stations au gabarit habituel. La ligne 3 était parcourue de ces mêmes MF67, aux intérieurs rénovés, avec des plans de lignes aux stations s'allumant en fonction de la progression du parcours. Contraste avec les MF01 de la ligne 2, parmi les plus modernes du réseau, d'un seul tenant comme ceux de la 7 bis et ceux de la ligne 1, qui plus est automatiques, qui me déposèrent enfin à la Gare de Lyon.


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