mercredi 16 juillet 2014

Les économies, c'est pour les autres !

Jean-Christophe Fromantin est maire de Neuilly et député des Hauts-de-Seine. Il envisage de se présenter à la direction de l'UDI.  Mardi 15 juillet, il était l'invité du matin sur France-Info, à 8h15.


L’UDI Fromantin juge "grotesque" la réforme... par FranceInfo

Dans ses réponses aux questions d'Edwige Coupez, il a très logiquement critiqué les déclarations de François Hollande de la veille, en particulier sur les questions budgétaires :
« Il nous dit qu'il est prêt à s'affranchir de l'engagement qu'il a pris auprès de Bruxelles de respecter la trajectoire de stabilité, en l'occurrence les 3%, puisqu'il annonce qu'il a déjà, dans la foulée de Renzi, envie de négocier une remise à plat de ces 3% […] Il dit : “j'ai envie de faire éclater cet accord”, cet engagement pris par la France d'être plus vertueuse en matière de respect des déficits. »
Être “vertueuse” au regard des déficits. Une exhortation claire. Or, qu'avait déclaré le même Jean-Christophe Fromantin au tout début de son interview ? Edwige Coupez lui avait demandé son avis sur la réforme territoriale, en cours de discussion au parlement, qui a notamment pour objectif “de faire des économies, 12 milliards d'ici 10 à 15 ans”. Qu'avait-il répondu ?
« Au-delà de ça, je pense que ce n'est pas bon d'aborder ce type de réforme qui vise à reconfigurer la France pour faire face aux enjeux du XXIe siècle en parlant d'économies. Au contraire, l'idée est de travailler notre territoire pour qu'il puisse redonner une perspective de croissance »
Avouez qu'il y a de quoi être perplexe ! En remplaçant le mot “territoire” par celui de “pays”, on retrouve exactement ce que M. Fromentin dénonce comme étant la “doctrine Montebourg” (avec des guillemets, a-t-il précisé), qui limite les efforts de réduction des déficits, doctrine qu'il dénonce comme étant irresponsable et dangereuse.

Conclusion : il faut faire des économies, mais elles sont toujours “pour les autres”. Un grand classique désormais. On songe à ce propos au verbe qui a désormais cours dans toutes ces discussions budgétaires : “sanctuariser”. On sanctuarise à tour de bras, le budget de la défense un jour, celui de la culture le lendemain, celui de l'éducation le surlendemain. On peut le souhaiter, mais alors cesser de prôner des “économies”. Si le budget se transforme en un “sanctuaire”, impossible d'oser le “profaner” !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire