mercredi 30 avril 2014

France Info et le chômage

Mardi 29 avril, peu avant 8 heures, “Le plus de France Info” était consacré au chômage de longue durée en Grande-Bretagne. Le titre exact était d'ailleurs la lutte contre le chômage de longue durée. On apprenait pendant cette séquence – à réécouter ici – que l'administration britannique avait plutôt tendance à chercher à décourager par tous les moyens les chômeurs de longue durée de rester inscrits : obligation de réaliser pour une indemnité très basse des travaux d'intérêt général, convocations quotidiennes au Job centre sous peine de suppression d'indemnités, etc.

Au point que la présentatrice (Mathilde Munos, sauf erreur) a fait un abominable lapsus en fin d'émission, déformant le titre en “la lutte contre les chômeurs de longue durée”. Un lapsus ô combien révélateur… qui révèle “en creux” le mépris que nos sociétés dites “avancées” ont pour les “personnes sans-emploi” (terme politiquement correct). On peut entendre la formule dans les dernières secondes de la séquence.

Il m'a fallu faire plusieurs essais afin que mon commentaire sur ce lapsus soit enfin retenu par le modérateur du site de France Info. Il était concis, mais, du moins l'espérais-je, clair :
Écoutez les dernières secondes de la séquence : "la méthode britannique pour lutter contre les chômeurs (sic) de longue durée". Malheureux lapsus !
Ça ne devait pas l'être, car un internaute a trouvé le moyen d'y répondre ceci (voir plus bas) :
Est-ce une insinuation réactionnaire ? 7% de chômage, ce n’est pas le plein-emploi…
Je suis toujours médusé par la stupidité des commentateurs de pages Web. La “bêtise 2.0” dans toute son horreur. En quoi le fait que j'aie qualifié de ”malheureux lapsus !” la formule de la présentatrice pouvait être une “insinuation réactionnaire” ? C'était tout le contraire ! D'ailleurs, dans la première version de mon commentaire, qui avait été “modéré”, j'étais plus explicite, dénonçant plus vivement ce scandale – car c'en est un – de s'attaquer non pas au chômage mais au chômeur, exactement comme si l'on s'attaquait aux malades au lieu de s'attaquer aux maladies…

Fermez le ban !


NB : au cas où l'internaute lisant ce billet n'ait toujours pas compris, je précise que je suis, hormis sa première phrase, d'accord avec notre “Citoyen” !

mardi 1 avril 2014

La “Valls-hésitation” des Verts

Nos amis les Verts m'étonneront toujours.

Hier, lundi 31 mars, Manuel Valls a été nommé Premier ministre, et chargé de former un gouvernement. Sans attendre, Cécile Duflot et Pascal Canfin annoncent qu'ils n'entendent pas en faire partie. Ils répondent à une question qu'on ne leur a pas encore posée ! – du moins officiellement. Et ce d'autant plus qu'Emmanuelle Cosse, qui dirige EELV, “attends une clarification” avant de prendre une décision de portée plus générale.

Il me semble que ces “valls-hésitations” des écologistes sont une erreur de stratégie. Au gouvernement, ce sont des mouches du coche, des empêcheurs de tourner en rond, des aiguillons, sans cesse en train de rappeler les enjeux écologiques à un gouvernement préoccupé avant tout par l'économie et le court terme. Claquer la porte, en un sens, simplifiera la tâche du futur gouvernement. Certes, EELV dispose de députés, mais sans capacité de nuisance réelle. Ils retourneront dans leur rôle préféré : des contestataires à la petite semaine, ravis de “dire non”, sans que leur cause ne progresse réellement.

Je trouve enfin que cette “tentation du retrait” est plus lâche que courageuse. Aller au charbon, que l'on me pardonne la métaphore, aurait eu plus de panache !

Rien n'est joué cependant : on en saura plus quand le gouvernement sera constitué.

Addendum, le même jour à 9h
Le Monde indique dans une de ses “alertes” :
D'après [Pascal Canfin] le responsable d'Europe écologie Les Verts (EELV), l'ex-ministre écologiste du logement, Cécile Duflot, s'était vu proposer la place de "numéro deux" du gouvernement "dans les minutes et les heures qui ont précédé la décision" de changer de premier ministre.
Voilà qui renforce la tonalité de ce billet – et explique la raison de la “réponse” de Cécile Duflot : on lui avait bien posé la question ! Mais si l'affirmation de Pascal Canfin est exacte, alors la dérobade est encore plus spectaculaire ! Numéro 2 (deux !) du gouvernement, et Cécile Duflot refuse le poste ? Quand bien même Valls serait un “khmer-antivert”, cela vaudrait la peine d'y aller, ne serait-ce que pour se battre au nom de l'écologie.
Enfin, c'est mon sentiment, hein…