dimanche 19 janvier 2014

Touche pas à mon mille-feuille !

L'union sacrée se forme là où on ne l'attend pas.
Contre le chômage ? Contre le racisme et les discriminations ? Contre la pollution et les atteintes à l'environnement ? Contre la folie des spéculateurs ? Non, aucune de ces causes ne nous rassemble.
Une seule fait l'unanimité : il faut garder nos… départements !

On se souvient de l'hystérie qui avait saisi la France quand les nouvelles plaques minéralogiques excluaient le numéro du département. Le marquage territorial des automobiles avait été jugé cause nationale, et les élus avaient eu gain de cause : “Touche pas à ma plaque !”, avaient-il clamé d'une seule voix. Et ils avaient été entendus.

Lors de sa récente conférence de presse, le président de la République a évoqué une simplification de ce qu'on appelle désormais avec raison le “mille-feuille territorial”, empilement de communes, d'intercommunalités, d'agglomérations, de départements et de régions. Et si l'on fusionnait certains départements ? Et si l'on regroupait certaines régions ?

La riposte ne s'est pas fait attendre. Dès son voyage à Tulle, ce week-end, le président a dû rassurer la France. Le département ne sera pas supprimé. Ouf ! On respire enfin après plusieurs jours de terribles angoisses.

Pourtant, l'agglomération lyonnaise a su démontrer l'inanité de certains découpages en départements. Pour isoler la ville, les révolutionnaires avaient en effet créé un département du Rhône riquiqui, légèrement agrandi par la suite. Il n'en demeure pas moins que l'agglomération actuelle se trouve sur trois départements, démontrant l'inadaptation du découpage départemental. Et que dire de Paris, entouré d'une myriade de communes parmi les plus exiguës de France, réparties sur un grand nombre de départements ?

Le mille-feuille a de l'avenir. Dans tous les sens du terme, administratif autant que géographique. Le choc de simplification n'aura pas lieu.
Touche pas à mon mille-feuille !

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