vendredi 1 novembre 2013

Les temps sont durs

Les temps sont durs, très durs, pour quelqu'un qui croit (encore) à la politique…

Eh oui, qu'importent les quolibets, l'auteur de ce blog reste persuadé que la “politique” – la gestion de la cité, d'après son étymologie – a encore un sens. Certes, pas pour changer la vie d'un claquement de doigts, certes, pas pour “enchanter nos rêves”. Plus prosaïquement, parce qu'on a pas trouvé d'autres méthodes pour avancer, du moins en démocratie, en dehors du repli sur soi ou de la dictature…

Et pourtant, que d'épisodes calamiteux ces dernières semaines.
Comment nos gouvernants, au premier rang desquels notre président de la République, ont-ils pu se laisser entraîner dans cet interminable feuilleton de contradictions, d'erreurs et de renoncements ?
Un pas en avant, un pas en arrière, un nouvel impôt aussitôt annulé – c'est devenu un rituel sordide –, une sorte de “jugement de Salomon” du pauvre, avec l'affaire Léonarda, jusqu'à cette écotaxe à nouveau reportée sine die, qui coûtera des centaines de millions en indemnités au prestataire chargé de la recouvrer. Et attendons la dramatique “grève du foot” de fin novembre pour vérifier qu'il ne cèdera pas au dernier moment au lobby du ballond rond…

Notre président imagine-t-il un seul instant que ces reculades puissent être ressenties comme des négociations, des compromis ? On négocie avant, pas après avoir fait voter des mesures. Comment peut-il ignorer qu'il est en train de saper son autorité, alors qu'il n'a pas encore atteint le tiers de son mandat ? Est-il aveuglé par cette obsession de se représenter au terme de son premier mandat, véritable virus malin qui attaque tout président dès son entrée à l'Élysée ?
Ce qu'il risque, dans cette attitude tâtonnante et frileuse, c'est de tout perdre. Son pari de l'inversion de la courbe du chômage, les élections municipales, européennes et celles qui suivront, et, in fine, sa réélection – à supposer qu'il ose se représenter ! Et nous aurons perdu avec lui, au passage, l'espoir de nous en sortir.

Alors, perdu pour perdu, allez-y, foncez, monsieur le Président, rangez les “boîtes à outils” et sortez les grandes idées, les grands desseins, les grandes réformes. Recrutez une nouvelle équipe gouvernementale, sur concours au besoin, et agissez selon vos convictions – s'il vous en reste. Ça ne pourra être pire que les louvoiements actuels.

Et si ça n'avance pas, il ne vous restera plus qu'une solution. La “sortie à la De Gaulle”. Si, souvenez-vous, un référendum perdu et une démission dans la foulée. Ça s'appelle un plébiscite (quand ça réussit !).

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