dimanche 27 octobre 2013

Être et avoir été…

L'interrogation est connue : “Peut-on être et avoir été ?”

Trois nouveautés quasi concomitantes, dans trois domaines et médias différents, y apportent des réponses contrastées. Musique, cinéma et bande dessinée.
  • Paul McCartney, 71 ans depuis le 18 juin, ex-Beatle de son état, vient de sortir un nouvel album de compositions inédites, intitulé avec à-propos New, le 14 octobre.
  • Luc Besson, 54 ans depuis le 18 mars, vient de livrer au public son quinzième film en tant que réalisateur, Malavita, projeté sur les écrans français depuis le 23 octobre.
  • Albert Uderzo, 86 ans depuis le 25 avril, a permis qu'un nouvel épisode des aventures d'Astérix et Obélix soit publié le 24 octobre, Astérix chez les Pictes.
Après avoir été un Beatle, un réalisateur marquant des années 80 et 90 ou le dessinateur (puis scénariste) de la plus célèbre BD française, peut-on encore être… à la hauteur ?

Concernant Luc Besson, la réponse s'avère délicate. Son adaptation du roman de Tonino Benaquista ressemble à un film d'adolescent pour adolescents, un film potache, un défoulement sans retenue. Et l'ado a pu “se payer” trois grandes pointures américaines : Robert de Niro (70 ans), Tommy Lee Jones (67 ans) et Michelle Pfeiffer. Excusez du peu ! La régression du réalisateur du Grand Bleu ou de Nikita pourrait inverser le questionnement : le voici “être” ce qu'il a été il y a une quarantaine d'années ! Aucune nuance dans ce film burlesque – et violent. Les protagonistes jouent leurs rôles de maffiosi sans scrupules, père, mère… et enfants (adolescents) compris. Ça castagne et ça défouraille de toutes parts dans ce petit village de Normandie (où tous les Français parlent anglais, étrangement). L'auteur du roman original semble ravi, dixit RTL. Eh ben…

Concernant Albert Uderzo, la réponse est plus nuancée. Astérix chez les Pictes, scénarisé par Jean-Yves Ferri, aux références solides (Le Retour à la terre, De Gaulle à la plage) et dessiné par Didier Conrad, ressemble à un honnête pastiche. Les nouveaux auteurs sont de bons élèves, respectant scrupuleusement le cahier des charges. Tout y est : la tradition des “voyages” du célèbre petit Gaulois et son ami livreur de menhirs, les anachronismes et le jeu avec les clichés sur les Écossais, le personnage réel caricaturé (Johnny), les noms en forme de jeux de mots, jusqu'aux calembours très “Goscinny” dans leur tonalité. Pour autant, quelque chose manque. La mécanique tourne un peu à vide. Quant à l'apparition du “monstre gentil” du Loch Ness, elle donne l'impression de vouloir toucher le public des tout-petits. On se croirait dans les aventures des Schtroumpfs, série pour enfants.

Concernant enfin Paul McCartney, force est de reconnaître que c'est lui qui s'en tire le mieux, et de loin. Notre ex-Beatle parvient à montrer qu'il sait encore exploiter sa verve mélodique, sa capacité à aborder des genres très différents, et à combiner une production résolument “actuelle” avec les traditions qui lui sont propres. Tout est conçu avec talent, et surtout efficacité. McCartney montre qu'il est un “professionnel de la profession”, n'hésitant pas à tenter l'autocitation sans tomber dans le pastiche. Un art de funambule. On pourrait regretter des arrangements parfois surchargés, voire inutilement bruyants, et une voix – cette si célèbre voix – trop souvent traitée avec des effets pas toujours justifiés. Mais notre Macca – un surnom qui n'a pas notre préférence – s'en sort avec les honneurs. Il parvient à “être” – encore et toujours ! –, ce surdoué, ce touche-à-tout de génie, depuis maintenant plus de cinquante années. Chapeau !

1 commentaire:

  1. Je ne suis pas une fan de Besson, - à mon avis, son meilleur film reste le premier, Le dernier combat-, mais il faut reconnaître qu'il avait fort à faire car Malavita n'est franchement pas non plus le meilleur livre de Benaquista...

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