samedi 6 juillet 2013

L'espoir fait vivre ?

Un lecteur du Nouvel Obs a trouvé les mots qu'il fallait pour contester la rengaine des retraites (n°2539) : l’espérance de vie ne cessant de s'allonger – de trois mois chaque année, dixit les scientifiques – nous devrions travailler plus longtemps.
Sexagénaires et septuagénaires, nos années de vie comporteraient-elles 15 mois ? Vivrions-nous 455 jours par an durant cette tranche de vie ?
L'espoir fait vivre, dit le proverbe. Certes. Le lecteur de l'hebdomadaire ne mâche pas ses mots :
Cet allongement se fait à l'autre bout. On gagne des années d'incontinence, des années de déambulateur, des années de fauteuil roulant, puis grabataires.
Qu'en est-il de l'espérance de vie en bonne santé, la seule qui permette effectivement de travailler plus ? (définition de l'INSEE). Une rapide recherche sur le Web montre que, contrairement à ce que l'on imagine, celle-ci serait en diminution depuis 2007 (Atlantico). L'évolution de nos modes de vie, plus stressés en particulier, en serait l'une des causes (France Culture). Le site de l'INSEE ne semble pas corroborer cette tendance. Quoi qu'il en soit, l'Institut de statistiques indique ceci :
Espérance de vie : hommes 78 ans - femmes 85 ans
Espérance de vie en bonne santé : hommes 62 ans - femmes 64 ans
La nuance entre les deux indicateurs est spectaculaire ! Par un hasard étonnant, elle correspond grosso modo à l'âge actuel de prise de retraite minimal… Après tout, c'est logique : tant qu'on peut travailler, travaillons. Et, dès que l'on n'est plus en bonne santé, partons en retraite !

C'est toute l'ambigüité des statistiques. Ce sont des moyennes. N'oublions pas que la réduction de la mortalité infantile fait augmenter, mécaniquement, l'espérance de vie (qui est toujours calculée à la naissance). On pourrait poser cette question : la baisse de la mortalité infantile justifie-t-elle que l'on parte en retraite plus tard ? Cela semble difficilement défendable…

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