dimanche 28 juillet 2013

45 jours fin de mois

Les travailleurs indépendants, et plus largement tous ceux qui émettent des factures, connaissent bien cette formule laconique. Paiement à “45 jours fin de mois”.
Elle est si répandue que l'on pourrait penser qu'il s'agit d'une règle claire et sans ambiguïté. Eh bien non !

Petit exemple :
Une facture est émise le 29 mai 2013, payable selon ces conditions.

Première interprétation :
On attend la fin du mois, soit le 31 mai, puis on décompte 45 jours, ce qui nous conduit au 15 juillet. “Fin de mois” signifie ici “fin du mois de la date d'émission”.

Seconde interprétation :
On compte d'abord 45 jours à  compter de la date d'émission. Cette fois-ci, nous parvenons au 13 juillet (29 mai + 45 jours), et l'on va attendre la fin du mois correspondant à cette date, donc la fin du mois de juillet, quitte à reporter le paiement au premier jour du mois suivant, soit le 1er août. Tant qu'à faire, c'est encore un jour de gagné, et des comptes de juillet moins affectés !

Dans le premier cas, la facture est payée à 47 jours.
Dans le second cas, la facture est payée à 64 jours.
Reconnaissez que la différence est de taille !

Et, à votre avis, quelle interprétation choisissent la plupart des clients ?
Nous vous le laissons deviner !

Nous tenons à remercier ici les généreux clients qui partent en vacances sans payer leurs factures. Le délai de paiement devient, dans ce cas, 45 jours fin du mois de leurs congés (ou de ceux du comptable chargé de procéder aux paiements).

samedi 6 juillet 2013

L'espoir fait vivre ?

Un lecteur du Nouvel Obs a trouvé les mots qu'il fallait pour contester la rengaine des retraites (n°2539) : l’espérance de vie ne cessant de s'allonger – de trois mois chaque année, dixit les scientifiques – nous devrions travailler plus longtemps.
Sexagénaires et septuagénaires, nos années de vie comporteraient-elles 15 mois ? Vivrions-nous 455 jours par an durant cette tranche de vie ?
L'espoir fait vivre, dit le proverbe. Certes. Le lecteur de l'hebdomadaire ne mâche pas ses mots :
Cet allongement se fait à l'autre bout. On gagne des années d'incontinence, des années de déambulateur, des années de fauteuil roulant, puis grabataires.
Qu'en est-il de l'espérance de vie en bonne santé, la seule qui permette effectivement de travailler plus ? (définition de l'INSEE). Une rapide recherche sur le Web montre que, contrairement à ce que l'on imagine, celle-ci serait en diminution depuis 2007 (Atlantico). L'évolution de nos modes de vie, plus stressés en particulier, en serait l'une des causes (France Culture). Le site de l'INSEE ne semble pas corroborer cette tendance. Quoi qu'il en soit, l'Institut de statistiques indique ceci :
Espérance de vie : hommes 78 ans - femmes 85 ans
Espérance de vie en bonne santé : hommes 62 ans - femmes 64 ans
La nuance entre les deux indicateurs est spectaculaire ! Par un hasard étonnant, elle correspond grosso modo à l'âge actuel de prise de retraite minimal… Après tout, c'est logique : tant qu'on peut travailler, travaillons. Et, dès que l'on n'est plus en bonne santé, partons en retraite !

C'est toute l'ambigüité des statistiques. Ce sont des moyennes. N'oublions pas que la réduction de la mortalité infantile fait augmenter, mécaniquement, l'espérance de vie (qui est toujours calculée à la naissance). On pourrait poser cette question : la baisse de la mortalité infantile justifie-t-elle que l'on parte en retraite plus tard ? Cela semble difficilement défendable…

jeudi 4 juillet 2013

Pieds et poings liés

Que le temps a vite passé ! L'enthousiasme pour Internet nous a aveuglés. Désormais, les acteurs marquants de l'information sont tous, ou presque, américains (Google, Apple, Facebook, Microsoft…) Durant les vingt dernières années, nous avons été incapables de faire émerger des concurrents à ces firmes tentées par le monopole. Nous voici donc totalement dépendants, et pour longtemps. Il n'est guère étonnant que les protestations européennes soient si molles à l'encontre de l'affaire Prism. En un sens, s'il nous prenait de devenir menaçants, les États-Unis disposent de l'embarras du choix dans l'arsenal des “armes absolues” : couper Google, nos iPhone, Facebook, fermer le “cloud”, nos comptes PayPal, leurs serveurs de noms de domaines, la liste est longue. Nous sommes pieds et poings liés…

Le poids des maux

Avec la crise, la récession, notre PIB devient un PIBas… Pas étonnant que nous ayons élu un Hollande comme président. Fort heureusement, il a nommé un Premier ministre, Jean-Marc, un Ayrault, qui a su bien s'entourer, même s'il a fait couler son Bathot tant il l'a chargé de Bricq. L'essentiel est encore de planter quelques Sapins, et d'attendre Noël pour la décrue du chômage. D'ici là, pauvres Pellerins, Peillons nos impôts, méfions-nous Duflot de taxes écologiques en Hamon du budget 2014, et dansons une joyeuse Valls !

Choc de simplification

Notre Président a annoncé récemment un “choc de simplification”.
Pour en illustrer l'opportunité, petit inventaire des documents que doit fournir un indépendant comme l'auteur de ces lignes durant le premier semestre :
  • Établir sa comptabilité et la remettre à son expert-comptable pour vérification
  • Déclaration récapitulative de TVA, dite CA12 (régularisation des acomptes de l'année précédente).
  • Déclaration DAS des honoraires et droits d'auteurs versés
  • Déclaration “simplifiée” des résultats n°2033 (7 pages)
  • Déclaration d'impôt sur les sociétés n°2065 (1 seul montant à saisir)
  • Déclaration commune des revenus aux organismes sociaux, anciennement DCR, devenue depuis 2013 la DSI.
  • Rédaction du PV d'assemblée générale de SARL
  • Dépôt dudit PV et des comptes au greffe du tribunal de commerce
On n'en meurt pas, comme dit l'autre, mais, mine de rien, c'est pas mal de boulot ! Notez qu'il ne s'agit pas de se plaindre, le statut d'indépendant, ça s'assume. Il n'empêche, nombre des informations contenues dans ces documents pourraient circuler entre les services concernés. À noter que ces documents sont, pour la plupart, souscrits “en ligne”, ce qui économise du papier et des timbres, mais pas vraiment de temps, tous comptes faits.

mardi 2 juillet 2013

Boucle sans fin

À mon humble avis, il y aurait comme une "boucle sans fin" dans notre économie.

Croissance = 0,1%
Déficit budgétaire = 50 milliards

Répéter

     Selon l'humeur du jour
          Appeler (Augmenter recettes)
     Ou
          Appeler (Réduire dépenses)
     Fin humeur du jour

     Si (Croissance inférieure à 1%)
          Recettes = Recettes - 1,5 milliard
          Déficit budgétaire = Déficit budgétaire + 1,5 milliard
     Fin de si

Jusque (Déficit budgétaire = 0) et (si possible(Dette=0))

=======================

Fonction Réduire dépenses
     Dépenses = Dépenses - 1 milliard
     Croissance = Croissance - 0,1%
     Déficit budgétaire = Déficit budgétaire - 1 milliard
Fin Fonction

Fonction Augmenter recettes
     Recettes = Recettes + 1 milliard
     Croissance = Croissance - 0,1%
     Déficit budgétaire = Déficit budgétaire - 1 milliard
Fin Fonction

Il faudrait déboguer ce programme, au plus vite. Notre espoir est qu'il soit faux !