mercredi 5 juin 2013

Une durée de cotisation virtuelle

Nous évoquions dans de précédents billets le manque d'imagination de nos “réformateurs structurels”, qui les conduit à agir exclusivement à système inchangé, en déplaçant les curseurs existants – sans aucune innovation.

Comme c'est devenu une habitude, le gouvernement lance des ballons d'essais, indiquant que la durée de cotisation exigée pour une retraite à taux plein serait portée à 44 ans en 2020. À force d'augmenter cette durée, l'absurdité nous guette. En pratique, ce paramètre a pour seul but de réduire le montant de la pension de ceux qui partent sans avoir cotisé suffisamment longtemps. En parallèle, on déclare hypocritement que l'on ne touche pas à l'âge minimum de départ. Le calcul est vite fait : 44 ans de cotisation, départ à 60 ans… Il faut avoir commencé à travailler à 16 ans.

Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? La mode est au virtuel, à la “réalité augmentée”. Décrétons que la durée de cotisation est désormais de 50 ans, voire 60 ans. Ainsi, toutes les pensions seront amputées de 50 ou 60%, et l'équilibre de la branche sera assuré, tout en préservant l'apparence d'un système inchangé.

Est-il impossible à nos réformateurs de comprendre que faire porter le rééquilibrage d'un système uniquement sur ceux qui vont prendre leur retraite dans les prochaines années est inéquitable et, de surcroît, inefficace ? Ont-ils pris la mesure de l'injustice flagrante qu'ils causent, les écarts entre les pensions de chaque “classe” d'âge selon les années devenant de plus en plus importants, sans que rien ne le justifie : ils ont bien tous cotisé, année après année, au même taux, non ? Sans oublier les inévitables périodes de chômage avant de parvenir à l'âge de départ.

Allez, messieurs les réformateurs, encore un petit effort, l'imagination est au pouvoir, disait-on volontiers en parlant de la gauche…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire