vendredi 21 juin 2013

Offres d'emplois non pourvues : échelle du phénomène

Intéressant sujet dans Le Monde daté du 21 juin. Les offres d'emplois non satisfaites. Pôle Emploi en dénombrerait environ 120000, et le MEDEF 300000 ; pour ces dernières, ce sont les recrutements échouant chaque année faute de candidats (sur 20 millions de recrutements annuels).

Ces quelques chiffres permettent d'indiquer à ceux qui pensent que les chômeurs pourraient se mettre au travail “s'ils le voulaient” n'ont pas la mesure du phénomène. Si, d'un coup d'un seul, 300000 demandeurs d'emplois pouvaient (1) se former aux offres en question (2) en accepter les conditions souvent médiocres (y compris se déplacer loin de chez eux) (3) être tous retenus sans exception par les employeurs offreurs, alors le chômage global baisserait péniblement de presque 10%. Ce n'est pas négligeable, mais notez qu'il resterait tout de même 2700000 personnes sans emploi…

À bons entendeurs…

samedi 15 juin 2013

Les mots ont un sens - du moins espérons-le !

Yannick Moreau vient de remettre son rapport sur les retraites. Le Monde cite ses propos.
L'urgence est de rééquilibrer les régimes et de stabiliser financièrement le système, pas de faire une réforme systémique. Ce n'est pas la demande des Français ; ils ne savent même pas ce que cela veut dire.
Et pour quelle raison les Français “ne savent pas ce que cela veut dire”, à votre avis ?
Pour une raison toute simple : les mots sont employés à tort et à travers, sans aucun égard pour leur sens. Or, de quoi disposons-nous d'autres que les “mots” pour nous comprendre ?
C'est le cas, emblématique, du terme “réforme”. À force de l'employer à tout bout de champ, il ne veut plus rien dire. Au point qu'il faut lui ajouter des adjectifs de l'ordre du pléonasme. Réforme “structurelle”, réforme ”systémique”. Si l'on se contentait de parler de réformes dès lors que l'on modifie un système, que l'on touche à sa structure, les Français n'auraient aucun problème de compréhension.

Yannick Moreau rend un rapport au Premier ministre qui ne contient aucune proposition de réforme (ou presque). Le document se borne à proposer des mesures, des décisions, des ajustements, mais certainement pas de réforme. La citation ci-dessus en est d'ailleurs la preuve.

Examinons cet exemple :
On modifie les taux des tranches de l'impôt sur le revenu ou le plafond d'avantage pour une part,  est-ce une réforme fiscale ? Évidemment non ! Ce n'est qu'un ajustement à système identique, sans toucher à la structure de l'impôt.
Repousser l'âge de départ à la retraite de 62 à 63 ans, accroître la durée de cotisation de 42 à 44 ans, sont-ce des réformes ? Pas plus !
Cessons donc de parler de réformes, une bonne fois pour toutes. On en reparlera quand un système nouveau, à la structure nouvelle sera proposé.

L'origine de ces confusions horripilantes se trouve dans les plans de rigueur imposés par le FMI, la Banque centrale ou la Commission européennes. Leurs responsables n'ont à la bouche que le terme de “réformes structurelles”. Ce pléonasme revendiqué ne sert, en pratique, qu'à désigner des mesures fiscales et sociales visant à réduire les déficits en s'attaquant à tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à des systèmes de solidarité. Là encore, on ne touche pas à la structure, on se contente de diminuer telle ou telle prestation, dépense publique ou allocation. L'adjectif “structurel” est devenu synonyme de “régressif”. Il faudrait donc parler de “mesures restrictives” ou d'économies drastiques. Seulement voilà, c'est moins brillant que “réformes structurelles”.

Ah, technocratie, quand tu nous tiens, le vocabulaire n'a qu'à bien se tenir !

Pour revenir à Yannick Moreau, la rapporteuse a parfaitement compris de quoi il s'agissait. Dommage qu'elle en conclue que les Français non seulement sont un peu stupides, mais, de surcroît, ne demandent pas de réforme réelle et profonde du système des retraites. Qu'en sait-elle ? Préfèrent-ils cette fuite en avant vers la constante diminution, le constant durcissement, la constante paupérisation de tous, actifs et retraités ? Il lui reste à le prouver !

lundi 10 juin 2013

Clés USB, Mac OS et Windows

Piège parmi les pièges !
Vous travaillez sous Mac OS et copiez des fichiers d'images sur une clé USB afin de les transmettre à quelqu'un qui l'ouvrira sur un PC sous Windows.


Quatre fichiers JPEG. Remarquez au passage que les images sont affectées en tant qu'icônes aux fichiers informatiques stockés sur la clé USB.

Votre correspondant l'ouvre sur son PC sous Windows. Surprise !


Au lieu de 4 fichiers, l'explorateur en affiche le double – sans compter quelques dossiers aux dénominations ésotériques (pour zoomer, cliquez sur l'illustration).

Si votre correspondant est pressé, il ouvre le premier fichier de la liste d'images, soit :


…au lieu du fichier (presque homonyme) :


Jouez au jeu des différences :
• Le premier “pèse” seulement 83 Ko, et sa dénomination est précédée d'un point et d'un tiret bas.
• Le second affiche 361 Ko.

En pratique, le premier fichier est l'imagette qui sert d'icône sous Mac OS, mais dont le fichier est invisible sous Mac OS.
Et le second est le vrai fichier d'image.

Si votre correspondant n'ouvre que le fichier d'imagette, il va, immanquablement, déplorer qu'il est en “basse définition” – et pour cause, c'est, de fait, une imagette, autrement dit une petite image…

La seule parade consiste à ouvrir la clé sur un PC – si vous en disposez – et à effacer les fichiers inutiles avant diffusion de l'objet…

mercredi 5 juin 2013

Une durée de cotisation virtuelle

Nous évoquions dans de précédents billets le manque d'imagination de nos “réformateurs structurels”, qui les conduit à agir exclusivement à système inchangé, en déplaçant les curseurs existants – sans aucune innovation.

Comme c'est devenu une habitude, le gouvernement lance des ballons d'essais, indiquant que la durée de cotisation exigée pour une retraite à taux plein serait portée à 44 ans en 2020. À force d'augmenter cette durée, l'absurdité nous guette. En pratique, ce paramètre a pour seul but de réduire le montant de la pension de ceux qui partent sans avoir cotisé suffisamment longtemps. En parallèle, on déclare hypocritement que l'on ne touche pas à l'âge minimum de départ. Le calcul est vite fait : 44 ans de cotisation, départ à 60 ans… Il faut avoir commencé à travailler à 16 ans.

Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? La mode est au virtuel, à la “réalité augmentée”. Décrétons que la durée de cotisation est désormais de 50 ans, voire 60 ans. Ainsi, toutes les pensions seront amputées de 50 ou 60%, et l'équilibre de la branche sera assuré, tout en préservant l'apparence d'un système inchangé.

Est-il impossible à nos réformateurs de comprendre que faire porter le rééquilibrage d'un système uniquement sur ceux qui vont prendre leur retraite dans les prochaines années est inéquitable et, de surcroît, inefficace ? Ont-ils pris la mesure de l'injustice flagrante qu'ils causent, les écarts entre les pensions de chaque “classe” d'âge selon les années devenant de plus en plus importants, sans que rien ne le justifie : ils ont bien tous cotisé, année après année, au même taux, non ? Sans oublier les inévitables périodes de chômage avant de parvenir à l'âge de départ.

Allez, messieurs les réformateurs, encore un petit effort, l'imagination est au pouvoir, disait-on volontiers en parlant de la gauche…

lundi 3 juin 2013

Capitulations face aux lobbies

Après avoir envisagé de plafonner les allocations familiales en fonction du revenu des bénéficiaires, le gouvernement recule et préfère agir sur le quotient familial de l'impôt sur le revenu. Après avoir envisagé de limiter à deux ans le statut d'autoentrepreneur en tant qu'activité principale, le Premier ministre annonce que la mesure ne concernera que le secteur du bâtiment, contredit quelque temps plus tard par la ministre concernée, Sylvia Pinel.

Quoi qu'on pense du fond et de l'opportunité de ces mesures, force est de constater que le gouvernement – et le président de la République – montrent leur insigne faiblesse dès lors qu'il s'agit de prendre des mesures. Dès qu'un lobby lève le sourcil, ils capitulent en rase campagne. Pourquoi, alors, faire des annonces, si c'est pour reculer piteusement à la moindre réaction ?

Des lobbies autrement plus puissants
Car affronter les lobbies devient la condition sine qua non pour gouverner. À Bruxelles, la Commission européenne est encerclée de lobbies qui lui dictent ses décisions. Si François Hollande et Jean-Marc Ayrault sont incapables de se mesurer à des groupes de pression comme les “pigeons” et autres “poussins”, voire les associations de familles, alors il n'y a aucun espoir qu'ils puissent dompter ceux qui assaillent l'Europe, autrement plus puissants !

Effets collatéraux
Les effets collatéraux de ces reculades vont à l'encontre du “choc de simplification” prôné par notre Président. Inévitablement, les compromis débouchent sur de nouvelles “usines à gaz” législatives et réglementaires, spécialité de nos énarques virtuoses en complications. C'est ainsi que le statut d'autoentrepreneur va se décliner selon les activités, que de nouveaux “plafonds” pour tenter de définir une activité “principale” seront imaginés, etc, etc. Côté politique familiale, l'objectif était de résorber le déficit de la branche des allocations familiales. La réduction du plafond du quotient familial concerne un autre budget, celui de l'État – puisqu'il s'agit de l'impôt sur le revenu. On imagine aisément le bricolage que l'on va nous pondre pour verser le surplus d'impôt ainsi collecté au budget social de la nation…

Stérilité imaginative
Dans ces deux tentatives de réformes, on remarque une fois encore le triste manque d'inventivité de nos gouvernants. Ils agissent toujours à système constant, rognant un plafond, créant de nouvelles “tranches” et autres effets de seuils, sans jamais prendre le temps d'examiner les choses dans leur globalité.

On aurait pu concevoir, à l'occasion d'une réforme des allocations familiales, d'examiner le cas du premier enfant, qui ne donne droit à rien, contrairement d'ailleurs à ce que prétendent les associations, à savoir qu'un enfant “coûte” la même chose quel qu'il soit. On aurait pu aussi rêver que l'examen du statut des indépendants débouche sur une révision des règles de calcul des charges sociales, abominablement complexes et décalées dans le temps. S'inspirer de la taxation strictement proportionnelle proposée aux autoentrepreneurs aurait pu rétablir un semblant d'équité dans ce secteur constellé d'inégalités sans justifications. Même remarque sur les retraites. La réforme qui se prépare va encore s'effectuer a minima, en déplaçant les curseurs de l'âge de départ, de celui de la pension à taux plein et de son mode de calcul, sans bien sûr examiner tout le reste, à commencer par la pénibilité, le chômage de seniors, les écarts gigantesques entre pensions selon les caisses et le régime, l'indexation des pensions confortables ou le niveau du minimum vieillesse…

Quand le personnel politique dépose les armes, renonce à avoir des idées, il y a du souci à se faire pour les scrutins à venir. Nos gouvernants feraient bien de méditer sur le sujet. Céder devant les lobbies n'a jamais rapporté durablement de majorités stables.

Vidéo sans son dans YouTube sous Mac OS X 10.6

Récemment, j'avais constaté que les vidéos en provenance de YouTube n'éméttaient plus de son, qu'elles soient visionnées dans Firefox ou dans Safari. La petite icône de haut-parleur portait une croix à sa droite. Irritant !

Configuration :
Mac OS X 10.6.8
Firefox 21.0 avec modules d'Applet Java 13.9.2, Quicktime plug-in 7.6.6 Shockwave Flash 11.7.700.203 (ça, c'est du numéro de version !)
Safari 5.1.9
Après une succession de tentatives diverses, telles que mises à jour de navigateurs et autres modules complémentaires, la solution est venue du côté de Flash, récemment mis à jour selon les recommandations de son éditeur – ce à quoi j'aurais dû songer !

Dans les Préférences système figure en effet une option Flash :


Celle-ci donne accès à un tableau de bord assez fourni :


L'onglet Avancé propose d'effacer les “données et paramètres de navigation”.


Ce genre de commande, aux intitulés peu intelligibles, rebute toujours. On se demande bien, au moment de cliquer sur le bouton Supprimer les données, si l'on ne va pas se créer de nouveaux ennuis.
Ce ne fut pas le cas, et le son des vidéos se remit à fonctionner dans les deux navigateurs.