vendredi 31 mai 2013

Élucubrations européennes

La Commission Européenne vient de rappeler à l'ordre la France à propos des “réformes structurelles”, en lui donnant des instructions pour le moins… précises.

C'est le cas sur les retraites, mais aussi sur l'assurance-chômage. Et sur ce dernier point, la maladresse le dispute au cynisme ! En voici les termes (confer Le Monde) :
[La Commission] insiste pour que soit lancée “en urgence” une réforme de l'assurance-chômage pour rendre plus attractif le retour au travail.
En clair : diminuer les allocations des chômeurs pour les inciter à trouver un travail.
Pourquoi pas… s'il y avait du travail ! Alors que la rigueur que connaît la France (et ses voisins européens) résulte des règles imposées par la Commission, cette dernière en remet une couche. Non seulement la dépression économique accroît le nombre de chômeurs, mais il faudrait en plus qu'on les pénalise parce qu'ils le sont. Dans leurs petites cervelles de technocrates bornés, les vaillants “commissaires” devraient réfléchir à une chose : quelles créations d'emplois interviendraient “comme par magie” pour les chômeurs trouvant soudain “attractif” de travailler ? D'où les sortent-ils, de quel chapeau ? Et surtout dans quelles proportions ? Ont-ils un stock de 2 millions d'offres d'emplois non satisfaites quelque part, bien cachées dans un de leurs bureaux, pour les proposer aux Français sans emploi ?

Seconde réflexion – toujours empreinte de colère – peut-on faire comprendre aux mêmes commissaires que le déficit des retraites (pour ne citer que celui-ci) résulte en premier lieu de l'ampleur du chômage, qui réduit mécaniquement les cotisations des actifs.
En résumé : la commission exige une réduction rapide des déficits ; cela crée du chômage, qui creuse lesdits déficits. Jusqu'où faudra-t-il aller dans cette spirale perverse, selon eux ?

À une petite année des élections européennes, il faut vraiment avoir la foi européenne chevillée au corps pour accepter d'entendre ces élucubrations du “gouvernement européen”. Vous ne trouvez pas ?

Il reste à espérer que notre Président de la République, mou parmi les mous, réagisse autrement que par des déclarations gratuites et lénifiantes…

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