dimanche 20 janvier 2013

Le vocabulaire de Lance Armstrong

Les aveux télévisés de Lance Armstrong à propos du dopage qu'il a pratiqué de nombreuses années sans jamais le reconnaître recouraient à un vocabulaire typique des Anglo-Saxons.

Le quotidien Le Monde publiait une double page sur l'émission télévisée. Les médias américains avaient donc annoncé la confession télévisée du champion cycliste, chez Oprah Winfrey (grande prêtresse des médias, ajouterons-nous). La litanie des péchés a commencé, avec une succession de questions auxquelles il a répondu par de simples “oui”. Puis il déplorait : “Je vois cette situation comme un gros mensonge que j'ai répété de nombreuses fois”, précisant qu'il “porte toujours la faute”. D'autres sources rapportent aussi la formule : “Je méritais d'être puni.”

Ce vocabulaire, traduit directement depuis l'américain, se signale par son registre presque enfantin : gros mensonge, confession, faute, punition (et non “sanction”). Enfin, toujours comme un petit enfant, il promet de se racheter… en rapportant : “Tout indique”, précise le Monde, “qu'Armstrong pourrait se faire lui-même dénonciateur et passer à son tour des accords avec la justice.”

Il ne manquait qu'un grand classique, popularisé par Bill Clinton, l'adjectif “inapproprié” qui, en français, a peu de force, voire pourrait laisser penser qu'on accorde peu d'importance à la “chose” ainsi qualifiée ! Je crois que DSK l'a employé (à confirmer), en lieu et place de termes comme “condamnable” ou “inexcusable”. Surtout que tous ces confessés s'empressent de “présenter leurs excuses” (plutôt que leur repentance ou leur contrition), autre expression sans grande force dans notre langue (“Excusez-moi ! Je vous ai bousculé ?”).

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