mercredi 21 novembre 2012

Vous avez dit “communication” ?

Plus nous disposons de moyens de communications et moins nous parvenons à communiquer efficacement. L'abondance des TIC – Technologies de l'Information et de la Communication – crée un désordre parfois dommageable.

Retour en arrière
Quand j'ai commencé à travailler en entreprise, la communication s'effectuait par courrier postal, ce qui supposait d'anticiper les délais d'acheminement, et par téléphone bien sûr. En cas d'urgence collective (des dizaines de personnes à prévenir), on recourait au telex. Je ne m'en suis servi qu'une seule fois, c'était épique : une sorte d'énorme machine à écrire, dotée des seules lettres capitales, où l'on ne pouvait effacer un caractère car il était immédiatement transmis. C'était fastidieux, quoique relativement efficace…
Puis est arrivé le fax. Engouement immédiat ! On économisait les délais postaux. Au début, les services s'envoyaient des kilomètres de télécopies, dont les banderoles étaient souvent accrochées aux murs pour être lues, un peu comme les dazibao chinois. Le plus souvent, on photocopiait les fax car l'impression sur papier thermique ne tenait que quelques jours. Cet outil, porté aux nues par les consultants en NTIC (les TIC étaient “nouvelles” à l'époque), finit par lasser tout le monde.

L'arrivée du courrier électronique a paru merveilleuse : croisement entre la lettre et le télégramme, entre langage écrit et langage parlé, il permettait de ne pas déranger son interlocuteur tout en s'assurant de le solliciter. Extrêmement efficace, légèrement désynchronisé, c'était une panacée pour nombre de ses utilisateurs, d'autant qu'on peut y joindre des documents sous forme électronique.

Le courriel a plutôt bien tenu le coup. Une quinzaine d'années. Pas mal ! Aujourd'hui, peu à peu, nos interlocuteurs saturent et ne répondent plus aux mails. Il faut téléphoner pour relancer sur le contenu du mail. Certains arguent même ne pas l'avoir reçu pour se dédouaner. Mais, en téléphonant, on tombe de plus en plus sur une messagerie, surtout sur les fixes, messageries qui, à leur tour, ne sont plus consultées – aucun espoir d'être rappelé, tandis que certaines annonces demandent d'envoyer un mail (on tourne en rond, là).
Le mobile est censé être le “sans-fil à la patte” moderne : tout un chacun mettait un point d'honneur à répondre en toutes circonstances : dans la rue, dans les transports, en pleine nuit, dans l'ascenseur, voire aux toilettes (en attendant sous la douche). Inévitablement, la saturation guette. Et le message laissé sur le mobile n'obtient pas plus de réponse. Il faut alors passer au SMS, sorte de “mail téléphonique” en plus bref (et le plus souvent payant). Si ce nouveau mode de communication échoue, il ne reste plus que FaceBook  – pour ceux qui y sont, et, condition supplémentaire, qui ne reçoivent pas 500 messages de leurs 5000 amis chaque jour, auquel cas le vôtre se noiera dans la masse.

L'ultime solution, dès lors, est de monter dans sa voiture ou dans un TGV, et d'aller carrément rendre visite physiquement à son interlocuteur. C'est un peu plus coûteux, et nettement plus consommateur en temps et en énergie.
À quand des cabines de téléportation qui nous transmettront par “paquets IP” via Internet d'un bout à l'autre de la planète ?

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