mardi 20 novembre 2012

Ric-Rac

Étranges, ces effets statistiques !
  • Souvenez-vous, en 2000, George W. Bush l'emporte sur Al Gore avec 51 millions de suffrages contre 50,5 millions. Un écart représentant seulement 0,5%. Il a fallu attendre des recomptages pour que le résultat soit proclamé.
  • Souvenez-vous, encore, en novembre 2008, Martine Aubry est élue secrétaire générale du PS avec 67451 voix contre 67349 voix à Ségolène Royal, soit un écart de 102 voix, de seulement 0,08% !
  • Et tout récemment, c'est l'UMP qui parvient difficilement à départager les deux candidats à sa présidence, Jean-François Copé ayant très légèrement dépassé son rival François Fillon de… 98 voix sur un total de 174678 suffrages, soit 0,06%, record battu !
Par quel phénomène les suffrages finissent-ils par se répartir en deux groupes quasiment égaux ?
Difficile à dire ! En tout cas, même si la majorité démocratique se joue, théoriquement, à une voix près, on ne peut s'empêcher de rappeler que tout scrutin de masse ayant une marge d'erreur, ces trois exemples se situent à l'intérieur de celle-ci.

À côté de ces scores, le plus serré de notre Vème République, l'élection présidentielle de 1974, semble presque remportée largement par un Giscard d'Estaing recueillant 424000 voix de plus que François Mitterrand, soit un écart de 1,6%…

Addendum du 25 novembre
Dans Le Monde daté du 24, Jean-Pierre Dupuy (professeur émérite de philosophie), nous livre quelques réflexions complémentaires sur ce qu'il appelle une “élection à pile ou face”. Il parle aussi de cette élection américaine de 2000, soulignant l'illusion de croire qu'à condition “d'y mettre le temps et l'argent” on peut obtenir une marge d'erreur aussi faible qu'on le souhaite. Il enfonce le clou : “Un homme de science donne toujours le résultat de ses expériences avec une marge d'erreur”, et l'on n'atteint jamais une marge égale à zéro. Le dépouillement d'un scrutin n'échappe pas à cette règle. Et quand “la marge d'erreur incompressible [se révèle] supérieure au seuil critique qui fait basculer la victoire d'un camp dans l'autre”, alors on se trouve dans le domaine du hasard, un “immense pile ou face”. L'UMP ne peut croire qu'une précision de 100 voix, a fortiori de 25, soit possible sur un total de presque 200000.
Les jours qui viennent nous en dirons plus sur la solution que l'UMP trouvera à ce dilemme statistique…

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