dimanche 4 novembre 2012

Il exagère, Bruckner !

Le quotidien Le Monde daté du samedi 3 novembre publiait dans sa page Débats une tribune de Pascal Bruckner. Sans vraiment connaître cet essayiste et écrivain, je crois savoir qu'il se distingue par le manque de nuances de ses propos. Il exagère sûrement… mais il y a de ça ! Quelques-unes de ses analyses rejoignent en effet mon ressenti sur certains points.

Chauvinisme régional
« L'Europe a bien érodé le patriotisme des États qui la composent, elle n'a pas su élaborer un patriotisme européen, nous laissant orphelins de toute appartenance. C'est de là que fleurissent les chauvinismes régionaux, qui ont hérité de tous les défauts du nationalisme, à échelle réduite. »
Il faudrait nuancer la dernière phrase : les régions aux velléités sécessionnistes, comme l'Écosse, la Flandre ou la Catalogne, n'ont pas (jusqu'à présent !) le principal défaut du nationalisme : son agressivité militaire… Mais l'absence de “patriotisme européen” est patent. Jean-Claude Guillebaud le relevait d'ailleurs dans son récent essai (Un autre monde est possible), déplorant que l'on nous ait laissés “au milieu du gué” : abandons de souveraineté sans contreparties sérieuses au niveau européen.

Les peurs
Pascal Bruckner relève aussi la montée de la peur, des peurs, plutôt, qu'il voit “érigées en vertu cardinale” (peut-être exagère-t-il, là !). Cependant, quand il en dresse la liste – peurs de la science, de la technologie, de la médecine, du climat, des intempéries… – force est de reconnaître qu'elles sont bien présentes dans les médias. Selon l'essayiste, le but ne serait plus désormais “d'inventer le meilleur”, mais “d'éviter le pire”, ce qu'il qualifie d'“entrée dans l'ère du renoncement”. Bigre !

Le devoir de mémoire
Il stigmatise avec la même vigueur le “lamento des imprécateurs”, trouvant que ce “devoir de mémoire” dont on parle tant est, par certains aspects, “la faculté de ne se souvenir que des mauvaises choses pour mieux s'empêcher d'entreprendre”. Un autre constat sévère, que l'on ressent parfois à l'écoute de ces litanies mémorielles. Est-ce l'obsession du présent qui caractérise notre époque qui, par ricochet, déclenche cette angoisse de l'oubli de l'Histoire ? Au point d'en faire trop ? Difficile à dire, tant ces questions sont délicates et sensibles…

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