mardi 25 septembre 2012

Réformes et “curseurs”

Depuis que le nouveau gouvernement est au travail, un certain nombre de décisions ont été prises. Si elles déçoivent, c'est qu'il ne s'agit pas de réformes, qui modifient la structure même des systèmes en vigueur, mais seulement d'une évolution de leurs paramètres. On pourrait comparer ces changements au “remixage” d'un morceau de musique. Les curseurs des différents “effets” sont légèrement déplacés. La chanson reste cependant la même…

Avant le changement de majorité, voici quels étaient les positions de quatre “curseurs” :


Après le changement de majorité, ils ont tous les quatre légèrement évolué :


On pourrait multiplier les exemples, comme en matière fiscale, avec la création d'une nouvelle tranche d'impôt sur le revenu, à 45% contre 41% pour la précédente.

Côté logement, après l'annonce d'un relèvement du seuil minimum de logements sociaux dans les grandes communes (25% contre 20%), d'un plafond de livret A augmenté de quelque 4000 €, on parle désormais d'un remplacement du “dispositif Scellier” par un “dispositif Duflot”. Encore une fois, rien ne change sur la structure : une niche fiscale chasse l'autre, amendée sur le niveau des loyers et les zones géographiques concernées.

Quel manque d'imagination !

À notre humble avis, déplacer des curseurs ne constitue en rien une “réforme” – un terme décidément bien galvaudé, au point qu'on en perd le véritable sens. Est-ce à cause de la mauvaise réputation de l'expression “réformes structurelles”, véritable pléonasme comme seuls les Anglo-Saxons en ont le secret (on songe avec horreur au “viol sous contrainte” des Républicains intégristes des USA), que l'on n'ose plus entreprendre de vraies réformes, touchant à la structure profonde des systèmes en place_?

Il reste à espérer qu'après l'été des curseurs, nous entrions dans l'automne des réformes audacieuses et inventives… Les Français rêvent d'entendre une autre musique, qu'il reste au gouvernement et au parlement à composer. Souhaitons-leur d'être inspirés !

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