jeudi 23 août 2012

Pour un label "humain"

C'est un billet de blog de mon copain Daniel qui m'y a fait songer. Il évoquait la question du "made in France" et de l'impact des choix des consommateurs, par exemple à partir de ces fameux "labels". Je me suis d'ailleurs fendu d'un commentaire que je vais un peu préciser ici.

Notre société souffre du chômage, du harcèlement au travail, de la précarité et de toutes sortes d'abus qui deviennent, peu à peu, la norme.
Une simple recherche sur Google montre qu'il y a pléthore de labels, depuis le bio jusqu'à l'environnement, en passant par le respect des animaux. Paradoxalement, rien sur… les êtres humains !

J'ai été frappé, par exemple, par le slogan du label Nature et Progrès (www.natureetprogres.org) :
« À Nature et Progrès, les paysans n'exploitent pas la terre, ils la cultivent ! »
Dans le même ordre d'idée, des labels s'assurent également que les animaux impliqués dans la production ne font pas l'objet de mauvais traitements (les tests de cosmétiques notamment).

Ah, je sais, cela va paraître audacieux, voire hors de propos. Pourtant, s'il existait un label Emploi et Respect, avec un slogan voisin, comme : « À Emploi et Respect, les employeurs n'exploitent pas les salariés, ils les respectent », cela ne donnerait-il pas envie d'acheter les produits et services des entreprises adhérentes ?

Les critères seraient aisés à trouver pour le cahier des charges :
  • Absence de méthode de management de type anglo-saxon à base de harcèlement
  • Aucune rémunération en deçà du SMIC + 20%
  • Proportion de CDD et d'intérimaires en deçà d'un seuil modeste
  • Absence de licenciements économiques depuis plusieurs années
  • Absence de conflits aux prud'hommes dans les dernières années
  • Proportions de jeunes et de seniors dans les effectifs conformes à la moyenne nationale de la population active
  • Etc.
On pourrait y ajouter, bien sûr, des critères relatifs aux emplois extérieurs à notre territoire, sur la condition des employés lorsque des produits sont importés.
Notez que, depuis 1977 (35 ans tout de même !), les entreprises de plus de 300 salariés sont tenues de publier un “Bilan social”, dont les indicateurs pourraient permettre d'enrichir et d'évaluer un tel label.

Pour autant, quelles seraient les entreprises qui parviendraient à obtenir le label ? La question mériterait d'être posée…

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