lundi 16 juillet 2012

Le cancer du chômage

N'en déplaise à Laurent Wauquiez, le véritable “cancer” de la société française n'est pas l'assistanat, mais le chômage. On peut tourner dans tous les sens la question, examiner toutes les interprétations des causes et de la façon de les traiter, on revient toujours au point de départ : une société ne peut fonctionner harmonieusement avec un chômage de masse permanent.

Quand on observe la poussée des taux de chômage – qui dépassent 20% dans certains pays européens – et plus encore cet odieux “effet de cliquet”, qui les empêche de redescendre autant qu'ils sont montés, il y a de quoi être préoccupé. À chaque nouvelle “crise dans la crise permanente”, le nombre de sans-emploi franchit une marche d'escalier. Chez les financiers, on dit que “les arbres ne montent jamais jusqu'au ciel”. Il semble que la descente aux enfers du chômage soit, elle, sans limites…

Humble blogueur, je n'ai pas de solution miracle à proposer. Loin de moi les “y'a qu'à” et autres “suffit qu'on” qui fleurissent çà et là, surtout dans les commentaires de blogs, horripilants par leur manque de modestie et de nuance. Le Web 2.0 est parfois consternant.

Quoi qu'il en soit, il faudra bien un jour prendre à bras-le-corps ce problème. Depuis quarante ans (à peu de chose près) nous vivons avec un chômage de masse. Et son étiage ne cesse de croître. Va-t-on vivre un jour avec un chômage permanent de 30 ou 40% de la population active ?
Et a-t-on vraiment “tout essayé”, comme l'avait affirmé François Mitterrand dans les années quatre-vingt ?

2 commentaires:

  1. Non, nous n'avons évidemment pas tout essayé. Il y a de mon point de vue trois pistes intéressantes à explorer :
    - Les emplois dans les secteurs pro-environnementaux, agriculture biologique, production artisanale, commerce équitable ou local, énergies (réellement) renouvelables, etc.
    - Le protectionnisme sélectif consistant à refuser d'importer les produits mal faits, dangereux, stupidement inutiles et/ou provenant de pays contrevenant de manière éhontée et notoire aux règles du commerce international et aux règles de respect de l'individu, afin de promouvoir ces productions le plus localement possible avec la seule condition de qualité.
    - Encourager l'artisanat, le compagnonnage et de façon générale toute pratique mettant en relation l'amour du travail, l'amour de la matière et le respect d'autrui.

    Compte tenu de l'implacable réalité du monde globalisé, je ne vois guère d'autres pistes efficaces, à moins d'accepter de tout raser pour repartir de zéro, un peu comme le fit l'Argentine assez récemment.
    Et ce n'est sûrement pas à base de "l'assistanat c'est la plaie" ou de "la mondialisation est là, faut faire avec" qu'on s'en sortira, nous sommes bien d'accord. On n'incite pas les assistés à travailler quand il n'y a pas de travail.
    Bien à toi,
    s.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ce commentaire constructif (bien différent des yaka que j'évoquais dans le billet !)
      Oui, c'est vrai, il faudrait donner une priorité absolue aux activités riches en emplois, et donc en êtres humains. En tant que consommateurs, nous devrions accepter de les privilégier nous aussi, en dépit de leur prix éventuellement plus élevé, ce qui signifie hiérarchiser autrement nos choix de produits.
      A suivre !

      Supprimer