vendredi 27 juillet 2012

Passez à la vitesse supérieure !

Déjà 82 jours que François Hollande a remporté l'élection présidentielle. L'état de grâce des cent premiers jours est proche de son terme. Si la composition du gouvernement, les élections législatives et les premiers pas du nouveau président sur la scène internationale méritent un relatif satisfecit, le bilan des mesures prises en un petit trimestre reste décevant : nombre d'entre elles sont partielles, inachevées ou manquent d'ampleur.

La réforme fiscale annoncée pour l'été se limite à quelques mesures d'urgence. Rien de “structurel” là-dedans. Il faudra attendre la Loi de finances pour 2013.
Le pacte de croissance proclamé dans les négociations européennes a accouché d'une souris, 120 milliards pour l'ensemble de l'Union européenne, c'est bien peu.
La réplique du ministre du redressement productif aux suppressions d'emplois de PSA, une énième prime, réservée aux “voitures propres”, n'est pas à la hauteur de l'enjeu social, économique ni même environnemental d'ailleurs.
La plupart des grands sujets ont donné lieu à la création de commissions. Je n'ai rien a priori contre les commissions, à la condition expresse qu'elles débouchent sur des mesures concrètes, et non sur des rapports aussi vite enterrés qu'imprimés.

Il reste donc à souhaiter bonnes vacances aux gouvernants et aux parlementaires. Qu'ils nous reviennent reposés et, surtout, remplis d'idées et d'énergie pour vraiment réformer.
Oui, il est temps – plus que temps ! – de passer à la vitesse supérieure dans la conduite des affaires de la nation !

mardi 24 juillet 2012

Décentralisation n'est pas raison

Les gouvernements des deux bords appellent régulièrement de leurs vœux un “nouvel acte de décentralisation”, comme si décentraliser était une panacée. Si la France hyper-centralisée d'avant 1981 péchait par ses décisions éloignées des réalités locales, décentralisation ne rime pas toujours avec raison, loin s'en faut !

Les difficultés actuelles de l'Espagne le montrent. Les régions espagnoles jouissent de pouvoirs largement décentralisés, dont elles ont souvent usé avec déraison : aéroport inutile par-ci, monuments culturels pharaoniques (et vides) par-là… et déficits non financés un peu partout. La région de Valence est au bord de la faillite, celle de Murcie affiche un déficit de 4,4% de son PIB et ne peut honorer ses échéances, et en Catalogne c'est encore pire…
Et qui appelle-t-on à la rescousse ? Le “pouvoir central”, inévitablement !

En France, les régions ont encore des obligations d'équilibre, et bénéficient de dotations “égalitaristes” de la part de l'État. Réfléchissons donc avant d'engager de “nouveaux actes” de décentralisation.

lundi 16 juillet 2012

Le cancer du chômage

N'en déplaise à Laurent Wauquiez, le véritable “cancer” de la société française n'est pas l'assistanat, mais le chômage. On peut tourner dans tous les sens la question, examiner toutes les interprétations des causes et de la façon de les traiter, on revient toujours au point de départ : une société ne peut fonctionner harmonieusement avec un chômage de masse permanent.

Quand on observe la poussée des taux de chômage – qui dépassent 20% dans certains pays européens – et plus encore cet odieux “effet de cliquet”, qui les empêche de redescendre autant qu'ils sont montés, il y a de quoi être préoccupé. À chaque nouvelle “crise dans la crise permanente”, le nombre de sans-emploi franchit une marche d'escalier. Chez les financiers, on dit que “les arbres ne montent jamais jusqu'au ciel”. Il semble que la descente aux enfers du chômage soit, elle, sans limites…

Humble blogueur, je n'ai pas de solution miracle à proposer. Loin de moi les “y'a qu'à” et autres “suffit qu'on” qui fleurissent çà et là, surtout dans les commentaires de blogs, horripilants par leur manque de modestie et de nuance. Le Web 2.0 est parfois consternant.

Quoi qu'il en soit, il faudra bien un jour prendre à bras-le-corps ce problème. Depuis quarante ans (à peu de chose près) nous vivons avec un chômage de masse. Et son étiage ne cesse de croître. Va-t-on vivre un jour avec un chômage permanent de 30 ou 40% de la population active ?
Et a-t-on vraiment “tout essayé”, comme l'avait affirmé François Mitterrand dans les années quatre-vingt ?