lundi 18 juin 2012

Proportionnel = démocratique ?

La soirée électorale du dimanche 17 juin, sur France 2, a été comme de coutume animée par cette question récurrente : le scrutin majoritaire, qui amplifie les basculements politiques et lamine les petits partis, est-il démocratique ?

Le Front de gauche, le Front national, les Verts, les centristes, l'UMP, tous (y compris le PS qui envisage de réformer le mode de scrutin) y sont allé de leur couplet sur les bienfaits de la proportionnelle. Si, à première vue, une assemblée qui serait une "photographie" de l'opinion pourrait paraître plus démocratique, c'est loin d'être aussi évident quand on y songe quelques instants.

Et nous avions un exemple criant qui se présentait pourtant : l'élection législative en Grèce. À mon grand étonnement, personne n'a fait le parallèle (peut-être sur d'autres chaînes ?)
En Grèce, on s'orienterait vers une négociation acrobatique afin de coaliser la droite (Nouvelle démocratie) et le Parti socialiste. Imaginons un instant que nous devions faire de même en France… Avouons que ce serait une mission quasi impossible !

En période de crise, plus encore qu'en période calme, dégager une majorité est indispensable. Et posons clairement la question : est-ce que l'arbitrage de quelques députés ultra-minoritaires en situation de proportionnelle serait plus démocratique ? Imaginons une assemblée en France dans laquelle droite et gauche seraient à égalité, et dont les votes dépendraient de 10 députés du Front national ou du Front de gauche. Le pouvoir qui leur serait octroyé de fait serait à l'évidence disproportionné.

Je n'ai pas d'enthousiasme par principe pour le scrutin majoritaire. Mais je ne vois pas comment assurer correctement le fonctionnement d'une nation dans un contexte de perpétuelles négociations entre partis morcelés.

Alors, bien sûr, nous pourrions “instiller” une dose de proportionnelle, selon l'expression devenue familière. Attention toutefois à ne pas “inoculer” à notre insu le poison de la division et de l'impuissance politique dans nos institutions.

L'idée, déjà ancienne, d'appliquer un scrutin de type proportionnel au Sénat pourrait permettre une représentation des petits partis sans bloquer les institutions. Elle mériterait réflexion, même si les sénateurs risqueraient d'être peu enthousiastes à la perspective de modifier leur mode d'élection.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire