mardi 26 juin 2012

Métrologique lyonnaise

Enfin ! Merveilleux ! Idée lumineuse !


C'est quoi, cette photo ?
Le rectangle de carrelage sur le quai du métro (Lyon) signale l'emplacement des portes des rames. Oui, vous avez compris l'effet secondaire inattendu de cette signalétique : les usagers se placent pile dessus, à la façon de parachutistes attendant le “go” pour sauter, ou, mieux encore, disposent leurs poussettes à enfants dans l'axe, au ras du bord du quai, pour être sûrs de monter…

Quoique !

Quand la rame s'arrête, que les portes s'ouvrent, inévitablement, les voyageurs descendant à la station ont la plus grande peine à se frayer un passage, puisqu'un mur compact de candidats à la montée les en empêche. C'est alors un joyeux – non, un triste – désordre, une bousculade qui n'enchante que ceux qui cherchent l'affrontement : tels des moutons affolés, ceux qui attendaient se ruent à l'intérieur, comme si leur survie en dépendait (le dernier métro avant le couvre-feu ?), tandis que ceux qui cherchent à descendre doivent presque se battre pour cela. Inutile de vous faire un dessin…

Alors, la signalétique complexe de la photo a été installée. Il n'était que temps ! Petits personnages verts de part et d'autre du rectangle de carrelage, flèches bleue pour la descente (pourquoi bleue ?), flèche rouge pour la montée. Le mieux, à mon humble avis, aurait été de supprimer ces rectangles de carrelages sans grande utilité…

J'avais publié début 2011 un billet sur ce sujet, jeanluctafforeau.blogspot.fr/2011/02/metro, peut-être a-t-il été consulté par les TCL (Transports en Commun de Lyon) ?

lundi 18 juin 2012

Proportionnel = démocratique ?

La soirée électorale du dimanche 17 juin, sur France 2, a été comme de coutume animée par cette question récurrente : le scrutin majoritaire, qui amplifie les basculements politiques et lamine les petits partis, est-il démocratique ?

Le Front de gauche, le Front national, les Verts, les centristes, l'UMP, tous (y compris le PS qui envisage de réformer le mode de scrutin) y sont allé de leur couplet sur les bienfaits de la proportionnelle. Si, à première vue, une assemblée qui serait une "photographie" de l'opinion pourrait paraître plus démocratique, c'est loin d'être aussi évident quand on y songe quelques instants.

Et nous avions un exemple criant qui se présentait pourtant : l'élection législative en Grèce. À mon grand étonnement, personne n'a fait le parallèle (peut-être sur d'autres chaînes ?)
En Grèce, on s'orienterait vers une négociation acrobatique afin de coaliser la droite (Nouvelle démocratie) et le Parti socialiste. Imaginons un instant que nous devions faire de même en France… Avouons que ce serait une mission quasi impossible !

En période de crise, plus encore qu'en période calme, dégager une majorité est indispensable. Et posons clairement la question : est-ce que l'arbitrage de quelques députés ultra-minoritaires en situation de proportionnelle serait plus démocratique ? Imaginons une assemblée en France dans laquelle droite et gauche seraient à égalité, et dont les votes dépendraient de 10 députés du Front national ou du Front de gauche. Le pouvoir qui leur serait octroyé de fait serait à l'évidence disproportionné.

Je n'ai pas d'enthousiasme par principe pour le scrutin majoritaire. Mais je ne vois pas comment assurer correctement le fonctionnement d'une nation dans un contexte de perpétuelles négociations entre partis morcelés.

Alors, bien sûr, nous pourrions “instiller” une dose de proportionnelle, selon l'expression devenue familière. Attention toutefois à ne pas “inoculer” à notre insu le poison de la division et de l'impuissance politique dans nos institutions.

L'idée, déjà ancienne, d'appliquer un scrutin de type proportionnel au Sénat pourrait permettre une représentation des petits partis sans bloquer les institutions. Elle mériterait réflexion, même si les sénateurs risqueraient d'être peu enthousiastes à la perspective de modifier leur mode d'élection.

mardi 12 juin 2012

Le poids des mots, le choc des tweeto

On n'en croit pas ses yeux : Valérie Trierweiler a émis un tweet de soutien au candidat dissident du PS opposé à Ségolène Royal, Olivier Farloni. Et elle le confirme à l'AFP de surcroît.
Est-ce un épisode des Guignols de l'info, ou est-ce la réalité ?

Il faut d'urgence confisquer téléphones mobiles et autres appareils-à-tweeter à Valérie Trierweiller avant qu'elle n'envoie des messages à Angela Merkel ou à Barak Obama. Cette femme est une dangereuse irresponsable !

En 22 mots, elle a brisé tous les efforts de François Hollande pour redonner de la dignité à sa fonction. Ah, la droite va pouvoir se moquer des “vaudevilles”, du “Dallas à l'Élysée” et autres pipolisations ! Et l'on ne peut qu'être d'accord avec Jean-Louis Bianco quand il demande : “On a élu François Hollande, pas Valérie Trierweiler, de quoi se mêle-t-elle ?”

Un conseil à Mme Trierweiler : qu'elle retourne faire des piges à Paris-Match, où elle pourra réapprendre à peser le “poids des mots” avant de taper sur un clavier, et, surtout, qu'elle nous fiche la paix !

dimanche 10 juin 2012

Législatives 2012, premier tour

C'est à dessein que je suis allé voter aux alentours de midi, comme ce fut le cas pour les deux tours de la présidentielle. Le bureau de vote n°121 de la 6e circonscription du Rhône (Villeurbanne) compte environ 1000 inscrits, ce qui facilite les calculs !

Le 22 avril dernier, j'avais été exactement le 300e votant, et le 6 mai le 319e. Dans les deux cas, ce taux de participation de 30% à midi avait conduit à un proportion de presque 80% en fin de journée. Aujourd'hui, le compteur de l'urne affichait 217 après mon vote. Une simple règle de trois semblerait impliquer que la participation serait en dessous des 60% ce 10 juin. Une alerte de Le Monde.fr vient d'ailleurs de m'indiquer que le taux national, 21% à midi, correspond pile à celui de mon bureau de vote.

Contrairement à ce que j'avais écrit dans le billet du 8 juin, ce ne sont pas 10 candidats qui postulaient, mais 12, deux bulletins supplémentaires figurant sur la table : ceux du Parti pirate et de l'Alliance écologiste indépendante. La dispersion des candidatures écologistes me plonge toujours dans la perplexité. Outre que ce n'est pas “bon pour la planète” en raison du papier consommé, cela dénote une désorientation de ce courant politique pourtant porteur d'enjeux majeurs.
Ma conviction est que l'écologie devrait plutôt infiltrer les autres partis pour leur insuffler une sensibilité verte, comme c'est le cas au PS – sans donner toute satisfaction aux écologistes, certes.

Quant à la succession des deux scrutins, présidentiel et législatif, elle est le symptôme des ambiguïtés de nos institutions. Si l'on y ajoute ceux des primaires socialistes – en attendant celles de la droite – ce sont six passages dans des bureaux de vote qu'il a fallu accomplir pour, enfin, mettre sur pied un nouveau contexte politique. C'est inextricable : on a beau tourner et retourner dans tous les sens ce processus, il a quelque chose d'illogique. Rares sont les démocraties modernes à procéder comme la France. Notre système a causé quelques “bugs institutionnels” majeurs, que ce soit les 9 années de cohabitation au sommet de l'exécutif constatées de 1986 à 2002, ou l'élimination du PS au premier tour de la présidentielle de 2002. Les Français, persuadés que l'élection présidentielle leur donne plus de prise sur leurs choix politiques se trompent : en 2002, il aurait mieux valu procéder comme en Grande-Bretagne…

L'hypothèse de jumeler les élections présidentielles et législatives est parfois évoquée. Serait-ce une correction efficace de notre logiciel institutionnel ? Et pourquoi pas ? Nous éviterions la période intermédiaire, durant laquelle un gouvernement se contente de faire des signaux à son électorat, tandis que la majorité de ses membres sont… en campagne électorale pour les législatives ! Peut-être éviterions-nous aussi certaines candidatures présidentielles de témoignage, leurs représentants choisissant plutôt de négocier avec les grands partis des accords électoraux sur le modèle de celui, imparfait, qu'ont conclu le PS et EELV. Nous gagnerions aussi presque deux mois. François Hollande a été élu le 6 mai. L'assemblée chargée de voter les lois mettant en œuvre son programme ne commencera à travailler que début juillet, le temps que tout se mette en place.

Rien n'est simple, cependant. Dans une telle configuration, la tentation serait grande de donner plus de place au système proportionnel pour les législatives, afin de corriger la tendance hyper-majoritaire de la présidentielle (deux candidats au second tour). Mais là, attention ! Quand on observe les difficultés de pays comme l'Allemagne – ou, pis, de la Grèce – à former une majorité à partir de scrutins législatifs, il y a de quoi s'inquiéter. Rien n'est plus dommageable, en effet, qu'une assemblée à majorité fluctuante, rendant une démocratie ingouvernable. Le prix payé pour une représentation plus “proportionnelle” des courants politiques peut être lourd. Très lourd…

samedi 9 juin 2012

Europe fiscale ?

Ce petit encadré paru dans Libération de ce samedi 9 juin en dit long. Il prouve combien un pays dont le système fiscal est déficient ne peut “vivre” budgétairement. Plus largement, c'est la concurrence fiscale intra-européenne qui est ici épinglée. Il faudrait disposer de données plus précises, mais on peut estimer qu'une partie de cette évasion s'en va chez des membres de l'Union Européenne pratiquant une fiscalité réduite – on songe au Luxembourg, à l'Irlande, voire à quelques-uns de ces “paradis” comme Monaco ou les îles anglo-normandes.

Les exemples des entreprises du Net, comme Google, PayPal ou nombre d'éditeurs de logiciels corroborent ce travers dommageable. Leurs prestations étant dématérialisées, il leur est aisé de s'installer là où les impôts sont les plus réduits, causant de graves injustices : des services facturés à des Français, par exemple, ne rapporteront que peu de rentrées fiscales au budget français, alors que de petits pays comme le Luxembourg touchent un véritable pactole, leur petite taille rendant les sommes concernées énormes à leur échelle.

Dans ces conditions, il ne serait que justice que ces pays acceptent une plus grande solidarité à l'égard des autres membres de l'UE. Que dirait-on si une région française monopolisait l'impôt sur les sociétés du pays tout entier au motif qu'elle serait autorisée à pratiquer un taux minime ?

L'Europe fiscale n'est certes pas pour demain ! La question devra cependant être posée un jour ou l'autre, au risque de précipiter l'UE dans une course sans fin au moins-disant fiscal.

vendredi 8 juin 2012

Législatives dans la 6e circonscription du Rhône


10 tracts (et 7 bulletins de vote) reçus dans ma boîte aux lettres pour la sixième circonscription du Rhône. On remarque une majorité de candidates : 6 titulaires sur 10 sont des femmes, ainsi que la suppléante du candidat d'Europe-écologie-les verts.
  • Le PS présente sa députée sortante, Pascale Crozon
  • L'UMP présente une jeune avocate de 27 ans, Emmanuelle Haziza, par ailleurs conseillère municipale (Villeurbanne)
  • Les écologistes présentent deux candidatures : Vincent Morland (EELV) et Bernard Collini (Rassemblement Écologique Démocrate, avec le soutien de Corinne Lepage)
  • À la “gauche de la gauche”, selon l'expression désormais consacrée, ce sont Sonia Bove (Front de Gauche, adjointe au maire de Villeurbanne), Claire Lainez (Lutte ouvrière) et Danièle Canton (NPA) qui sollicitent nos suffrages.
  • Le candidat d'extrême droite est Stéphane Poncet, seul tract à ne pas citer son suppléant, Michel Casola.
Deux autres candidatures, enfin :
  • Elvire Cruz postule sous une triple étiquette, dont chacune est ambiguë : Le Nouveau Centre (sous-titré : l'UDF d'aujourd'hui), le Parti Radical (à ne pas confondre avec le PRG, Parti Radical de Gauche) et La Gauche Moderne (qui serait donc plutôt centriste, voire de centre-droit). Complexité centriste !
  • Ku Bukaka Kapela (enseignant en maths) et son suppléant Théodore Rottier, sous l'étiquette de Jacques Cheminade
Il manque donc une candidature MoDem, selon toute vraisemblance !

En 2007, Pascale Crozon l'avait emporté au second tour avec près de 54% des voix, opposée à Henry Charbert (UMP). Au premier tour, l'UMP était en tête (36,8%) suivie du PS (25,8%) et du MoDem (11,2%). Le score modeste du PS résultait de la présence d'un candidat dissident, Lilian Zanchi, qui avait obtenu 9%. Le Front National (Stéphane Poncet comme cette année) avait recueilli 4,6% des suffrages. Les autres candidatures étaient assez éparpillées, avec de nombreux doublons et “divers” pour un total de 16 candidats ! L'un d'entre eux, Jacques Pellevet, n'avait obtenu aucun suffrage, à croire qu'il ne votait pas dans cette circonscription (ou qu'il n'avait pas voté pour lui-même).

Il y a cinq ans, l'abstention avait frôlé les 45% aux deux tours de scrutin. À la présidentielle, un peu plus de 78000 électeurs étaient inscrits. Dimanche, pour accéder au second tour, les candidats devront recueillir les suffrages d'au moins 12,5% d'entre eux soit 9750 voix. Ramené aux exprimés, ce chiffre représenterait arithmétiquement le double (25%) si l'abstention concernait 50% des inscrits, et 18,6% si les deux tiers des électeurs se rendaient au bureau de vote. Compte tenu de l'éparpillement relatif des candidatures et des tendances observées en 2007, il semble peu probable qu'une triangulaire se produise au second tour. On en saura plus dimanche soir !

samedi 2 juin 2012

Jeux de cubes

Découverte du nouveau quartier Confluence (Lyon), où un centre commercial et un hôtel de région viennent d'ouvrir.
La darse, tant vantée par les promoteurs du quartier, ne manque pas d'allure.

Les immeubles qui la bordent ont adopté le parti des “jeux de cubes empilés”. L'idée devait être de rompre la monotonie des façades en décalant les étages les uns par rapport aux autres, un peu comme lorsqu'on empile des cubes…

Le parti est systématique, parfois appuyé, comme cet immeuble surmonté d'une sorte de plaque de chocolat. Les coloris risquent de dater assez vite…

Ce bleu foncé pourrait être qualifié, lui aussi, d'“appuyé”, tandis que le désordre des volumes confine parfois au maniérisme.

Au-delà de la passerelle, à l'intérieur de l'îlot, l'un de ces bâtiments n'hésite pas à mettre en avant ses audacieux porte-à-faux. La mise en scène contraste avec la sobriété de ceux qui lui font face, bois et béton, persiennes intégrées au dessin des façades.

Ils ont ma préférence !

D'autres, juste à la gauche de la photo précédente, ne s'embarrassent pas : ils jouent carrément aux serres, sans chercher à se cacher derrière des artifices !

Enfin, quand on se retourne, la passerelle débouche sur le centre commercial, sans grande inspiration, mais très lumineux et bien agencé à l'intérieur, avec des espaces vastes… et une chaleur étouffante sous cette toiture translucide. On devine à gauche l'immeuble bleu foncé, et, à droite, les écailles et galets de son voisin, dont la solidité à long terme ne me semble guère assurée…

Je n'ai pas photographié l'hôtel de région tant il est laid et mastoc. Il ressemble à une sorte de gros paquebot échoué sur la Presqu'île. La transparence dont il aurait dû faire montre n'est qu'une illusion en raison de la lourdeur de la structure. Quelle déception pour l'image de la Région Rhône-Alpes ! Mais peut-être le programme imposait-il une telle densité monobloc ? Là, pas à dire, c'est du costaud… vu de l'extérieur. Il subsiste toutefois la possibilité d'une surprise : l'intérieur est-il agréable ? Il faudrait pour le savoir pouvoir y entrer…

Petite note : j'ai remarqué que certains architectes n'aiment pas que l'on reproduise et commente leurs réalisations, en dépit du fait qu'elles existent bel et bien dans l'espace public. Si l'un d'entre eux tombait sur ce billet et en prenait ombrage, qu'il n'hésite pas, un message par courriel et j'enlèverai illico la photo de ses œuvres de ce blog.



vendredi 1 juin 2012

Réformes structurelles

La Commission européenne vient de conseiller à la France de procéder à des “réformes structurelles”.

Le sens des mots disparaît derrière la connotation qu'ils véhiculent.
Regardons ce qu'en dit un dictionnaire respectable comme Le Robert.

Réforme
Définition : “Amélioration apportée dans le domaine moral ou social
Dans le cas qui nous intéresse, il s'agit du domaine social. Les réformes structurelles sont-elles des “améliorations” ? On peut en douter…
Le Robert précise un peu plus loin sa définition : “Changement profond apporté dans la forme d'une institution afin de l'améliorer, d'en obtenir de meilleurs résultats

Alors ? Alors tout dépend ce que l'on entend par “améliorer” et, surtout, par “meilleurs résultats”.

Structurelles
Et cet adjectif “structurel”, que veut-il nous dire ?
Un changement “profond”, a priori, devrait toucher à la structure de l'institution concernée par la réforme. Nous serions alors dans le pléonasme… En économie, l'opposé de “structurel” est en principe “conjoncturel”. Il ne semble pas que ce soit ici l'objet de l'adjectif préféré des conseillers internationaux, sauf à considérer qu'ils nous demandent d'agir sur une conjoncture défavorable.

Pour être clair, force est de constater que les réformes sont qualifiées de structurelles lorsqu'elles dégradent la situation des personnes touchées. Réductions de salaires, augmentations des durées de cotisations de retraites, suppressions de divers avantages, plafonnements des remboursements de frais de santé, etc. Curieusement, agir sur ces “curseurs” (nombres d'années, rémunération horaire, forfaits, pourcentages) n'a rien de “structurel”, puisqu'on se contente de changer les paramètres à système constant.

Du pléonasme au paradoxe
Des réformes seraient donc structurelles quand elles ne touchent pas… à la structure des institutions et des systèmes concernés. Du pléonasme, nous passons au paradoxe !
Pour être de véritables réformes, enfin, celles-ci doivent aussi viser de meilleurs “résultats” au sens de “profits” (ou excédents). Ce sont donc bien des résultats… négatifs pour les humains ainsi… réformés. Mais nous sommes habitués aux inversions de sens : croissance négative (pour ne pas dire récession par exemple).

Les réformés
Et l'on a omis jusqu'ici un autre sens du mot réforme, d'origine militaire cette fois : “Mise hors service de ce qui est devenu impropre, situation qui en résulte”, toujours selon Le Robert.
Gageons que les réformes structurelles réformeront des centaines de milliers de gens, mis hors service, par exemple au chômage, en faillite ou dans l'incapacité de faire face à leurs dépenses.
Nous sommes tous menacés d'être “réformés”, non du service militaire, mais de l'économie.

Agréables perspectives !

Bonus en forme de post-scriptum
On retrouve une problématique comparable à propos des taux de TVA.
Je ne suis, pour ma part, pas convaincu par la baisse de la TVA sur la restauration intervenue il y a quelques années. Peu importe, je ne prétends pas avoir un avis autorisé sur la question.
Ce qui est intéressant, en revanche, c'est d'observer qu'il faut négocier durant six ou sept ans avec les institutions européennes pour faire baisser un taux de TVA, alors qu'une augmentation se décide en dix minutes sans que celles-ci n'y trouvent à redire. Le passage de 5,5% à 7% est ainsi passé comme une lettre à la Poste, tandis que le projet de TVA “sociale” du gouvernement Fillon a été voté par le Parlement sans non plus la moindre protestation de Bruxelles.
De même, si un pays membre de l'UE réduit son taux d'impôt sur les sociétés pour attirer des entreprises multinationales (l'Irlande, le Luxembourg), les instances européennes, pourtant chargées d'éviter les “distorsions de concurrence”, restent coites. Si, au contraire, on souhaite baisser un taux de TVA (la restauration, encore une fois), on entend de hauts cris dénoncer la “concurrence faussée”.

Que de paradoxes !