dimanche 13 mai 2012

Alternance interdite

Vieilles antiennes
L'élection de François Hollande a réveillé de vieilles antiennes que l'on est stupéfait d'entendre. Ces refrains ô combien datés remontent à 1981 – trente et un ans en arrière – pour affirmer la conception “patrimoniale” du pouvoir dont la droite ne parvient pas à se départir (1). L'alternance (au profit de la gauche, bien sûr) serait par principe illégitime sous la Ve République !

L'exercice du pouvoir responsabilise
Les décisions hâtives et risquées de 1981 ne provenaient-elles pas, justement, de cette absence d'alternance depuis plusieurs décennies ? Car l'exercice du pouvoir responsabilise. Depuis 1981, la gauche est revenue au pouvoir en 1988, en 1997 et en 2012. Faire l'amalgame entre les excès de 1981, la phase rocardienne de 1988-1991 ou, plus encore, les cinq années de Jospin premier ministre relève de la mauvaise foi la plus grossière. D'autant que François Hollande est loin de représenter l'aile la plus ultra du Parti socialiste, son programme et sa campagne le prouvant sans ambiguïté – en contradiction claire avec les paniques catastrophistes de l'UMP (2).

Cohabitation ?
Alain Juppé, en homme politique “à l'ancienne”, a affirmé que l'important était que la France réussisse. Cette attitude l'honore. Quel contraste avec un Copé “post-moderne” qui semble souhaiter l'échec, et va jusqu'à prôner la cohabitation. Quand on sait que la conséquence la plus néfaste de la cohabitation a été la double représentation dans toutes les négociations internationales, source de “couacs” et d'attentisme, il serait dommageable que la France reproduise ce schéma au moment où sa présence sur les scènes européennes et internationales est cruciale et décisive !

Manque de sang-froid
On a parfois l'impression que la droite appelle de ses vœux la réalisation de ses fantasmes apocalyptiques, allant jusqu'à “souhaiter” que la spéculation contre la dette française s'avive.
La peur panique n'a jamais été bonne conseillère ! Y céder montre un manque de sang-froid bien peu rassurant pour de futurs candidats aux fonctions suprêmes…

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(1) « Ma sévérité, je préfère la réserver à cette droite hargneuse qui a une conception patrimoniale du pouvoir et chez laquelle toute victoire de la gauche est vécue comme une usurpation. » Jacques Julliard, dans Marianne.
(2) « Certains Français de droite paniquent, comme en 1981. Ils ont si peu l'habitude de l'alternance présidentielle qu'ils finiraient par oublier que les Français de gauche sont aussi la France… » Caroline Fourest, dans Le Monde.

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