samedi 14 avril 2012

Plus qu'une semaine !

Une semaine ! Plus qu'une semaine avant le premier tour des élections présidentielles.

Au moins y a-t-il une justice : le candidat “pochette-surprise” a beau dégainer plus vite que son ombre, les Français ne parviendraient plus à retenir ses propositions contradictoires et incessantes. À défaut de convaincre, voici que l'UMP se fait menaçante, prête à tout, y compris à provoquer la spéculation contre la dette française. Est-ce exagérer de penser qu'il y a de la “haute-trahison” dans une telle irresponsabilité ? Faut-il être désespéré pour en arriver là ?

François Hollande reste coincé dans un piège qui pourrait lui coûter cher : il cherche à être serein, voire “normal”, et on le taxe de mollesse ou de manque d'envergure. Pourtant, son programme est cohérent, jusqu'à ce calendrier précis de mise en œuvre. Que faut-il de plus pour qu'il soit crédible ? On s'étonne de constater qu'un spécialiste de la synthèse et du consensus ne soit pas l'homme de la situation, tant les affaires de l'Europe exigeront, justement, négociations, synthèse et consensus. Quant à son souhait de n'être plus un “hyperprésident”, n'est-ce pas une assurance d'un meilleur rassemblement de tous les talents ?

Les peurs
La peur est passée par là, entretenue par la plupart des candidats : peur de l'insécurité, peur de la crise économique, peur de l'immigration, peur du nucléaire et des catastrophes écologiques, partout, on instrumentalise la peur. Or, répétons-le, la peur est mauvaise conseillère – et si elle donne des ailes, ce n'est que dans les fantasmes des Normands d'Astérix. Des électeurs apeurés pourraient soit se détourner du scrutin, soit se réfugier dans le vote protestataire.

Le jeu (dangereux) des pronostics
À si peu de jours du premier tour, on est tenté de se livrer au jeu des pronostics, aussi risqué soit-il !
Les sondages demeurent dubitatifs. Les challengers adoptent la méthode Coué, se répétant en boucle qu'ils gagneront, chacun, leur pari : être en tête du premier tour pour Sarkozy ou Hollande, être le troisième pour Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, provoquer un ultime sursaut pour François Bayrou. Seuls les candidats crédités de moins de 5% dans les sondages semblent se résigner… et se vengent en nous promettant des lendemains qui déchantent – toujours la peur.

Ultimes corrections
En observant les courbes de sondages des précédentes élections, on constate presque toujours une “correction de dernière minute”. Au-delà des tendances, souvent amplifiées par les sondages (l'effet de loupe “à un moment donné”), des ajustements interviennent. Le plus spectaculaire fut celui du 21 avril 2002. Un tout petit ajustement qui eut d'énormes conséquences : l'écart entre Le Pen et Jospin avait été de 194600 voix sur 28 millions et demi de suffrages exprimés. 0,68% !

Les ajustements qui pourraient intervenir la semaine prochaine ne devraient pas empêcher Hollande et Sarkozy de s'affronter au second tour – sauf tsunami électoral ! En revanche, ils pourraient influer sur leurs places respectives, car les estimations des instituts ne sont pas convergentes sur ce point. De même, la volatilité des intentions de vote en faveur de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon ménage un vrai suspense : qui passera devant qui ? Qui sera le troisième homme… ou la troisième femme ?

Puisqu'il s'agit de se livrer au jeu des pronostics, alors allons-y.
Nos esprits volontiers “romanesques” nous poussent à anticiper des surprises qui ne se produisent pas. À ce jeu, on pronostiquerait Mélenchon à 18%, Sarkozy à 28% et Hollande à 22%, ou encore un rebond de Bayrou, voire un Front national battant son record de 2002. Ce serait compter sans ces fameux “ajustements”.

Les réflexes de dernière minute pourraient donc, à notre avis, permettre à François Hollande de passer en tête, mais de peu. La trop récente remontée de Mélenchon lui interdirait de dépasser Marine Le Pen, certes en décroissance régulière, mais championne toutes catégories du vote dit “protestataire”. Globalement, Sarkozy récupérerait donc un peu moins de voix d'extrême droite que prévu, et François Hollande un peu plus de voix de gauche, au détriment de son challenger du Front de gauche. Des hypothèses, reconnaissons-le, fragiles.

Voici donc les paris (qui ne seront pas modifiés a posteriori, nous vous le promettons !)
Hollande (29%) Sarkozy (28%) Le Pen (15%) Mélenchon (13%) Bayrou (10%), ce qui laisse exactement 5 points à se partager pour les cinq autres candidats et candidates. Sur l'abstention, nous la verrions aux alentours de 25%, un peu moindre que celle, record, de 2002 (28,4%).

Mais je le répète : je n'ai jamais été un pronostiqueur doué. Lisez ce billet, certes humoristique, d'avril 2007 : il était totalement à côté de la plaque !

1 commentaire:

  1. Au moins ne serai-je pas d'accord sur un point : la peur est excellente conseillère. C'est elle qui permet la préservation de l'espèce.
    En revanche, c'est l'intention de motiver des peurs pour orienter le vote qui est malsaine... et là-dessus je te rejoins.
    Quant à mes pronostics, ils sont modestes : un candidat aura 100% de mes voix, tous les autres 0.
    s.

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