mercredi 15 février 2012

Le drame grec

Le drame que vit la Grèce me laisse perplexe. Il est très difficile de se faire une opinion “raisonnable”. Quelques exemples.

1. La cure d'austérité infligée par les “médecins financiers” frappe par sa violence : réduction des salaires énormes (jusqu'à moins 32% pour… les jeunes !), réduction des pensions de retraites, licenciements de fonctionnaires… On se demande comment un pays peut se relever dans ces conditions.
2. Comment n'a-t-on pas compris plus tôt que faire entrer dans l'euro un pays ayant les quelques caractéristiques ci-dessous était pour le moins “risqué” ?
  • Un tiers du PIB passerait à la trappe du travail au noir (on comprend que les recettes fiscales, dans ces conditions, soient “modestes” et les déficits à l'avenant)
  • L'administration fiscale serait en partie corrompue
  • Des entités comme les armateurs ou l'Église ne paient pas (ou peu) d'impôts
  • Les comptes du pays étaient maquillés, avec l'aide de consultants américains

Ce tableau me laisse songeur… J'oscille sans cesse entre l'indignation face aux “malheurs” infligés à ce peuple et l'effarement face à ses manquements et à son irresponsabilité en matière budgétaire.

Plusieurs enseignements devraient être tirés de cette situation dramatiques :
  • À l'intention des tenants de la sortie de l'euro : la dévaluation qui en résulterait pour la nouvelle drachme serait encore plus défavorable pour le pouvoir d'achat et les dettes.
  • À l'intention des économistes prônant un défaut de dette : si elle n'est pas compensée par une émission de monnaie par une banque centrale, les risques de faillites en chaîne sont élevés.
  • À l'intention de ceux qui sont favorables à une “rigueur” mal calibrée : la spirale récession-déficit est difficile à enrayer.

Peut-être devrions-nous considérer d'un autre œil notre situation budgétaire, et accepter une “sage” réduction des dépenses et des déficits, avant de nous retrouver dans une situation ressemblant à celle de la Grèce. Car, une fois qu'on a mis le doigt dans l'engrenage, il est difficile de l'enlever.

Enfin, comprendre que la fraude fiscale, sport assez apprécié dans notre pays, ne peut conduire qu'au chaos. Il ne peut exister une collectivité sans règles, sans ce fameux “consentement à l'impôt” qui est l'un des principes-clés de toute démocratie digne de ce nom.

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