dimanche 15 janvier 2012

De la politique-fiction (bis)

La politique-fiction est un genre littéraire mineur, ne serait-ce qu'en raison de sa rapide obsolescence. Pour autant, j'avoue ici que la lecture de tels ouvrages m'amuse toujours. Ils ont une qualité indéniable, celle d'illustrer par un récit concret des hypothèses politiques. J'avais chroniqué ici le livre de Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann, 18 mois chrono. Ces jours-ci, j'ai lu Panique à l'Elysée, de Dominique Paillé. Au-delà des polémiques que le CV de l'auteur pourraient déclencher, j'ai trouvé sa lecture instructive et souvent drôle (même si on rit jaune).

Sans révéler l'intrigue, voici quelques notes de lecture…
La césure entre réalité et fiction se situe grosso modo au 1er janvier. L'auteur évoque la dégradation de la note souveraine de la France, qu'il date de début février. Nous avons un peu d'avance…
En revanche, et c'est assez savoureux, il imagine que c'est François Hollande qui propose… une TVA sociale, suivant en cela une idée de Manuel Valls. D'ores et déjà, la réalité a dépassé la fiction !
Bien sûr, il place dans la campagne des accidents médiatiques de bas étage, qui viennent infléchir les votes du premier tour des élections. On peut craindre que la réalité en soit également parsemée…

Le plus intéressant est ce qu'on pourrait appeler “l'hypothèse Bayrou”.
Que se passerait-il, en effet, si François Bayrou était élu ?
Cela dépendrait évidemment du contexte. Dans le livre, il est assez agité. Quoi qu'il en soit, on peut effectivement se demander comment le Béarnais transformerait son “essai” présidentiel dans les urnes des législatives. Soit son élection créerait un “mouvement de recomposition”, comme il l'affirme, soit, et c'est une hypothèse envisageable, le bipartisme demeurerait vivace.
Si des partis comme l'UMP ou le PS restaient intacts, ou au moins suffisamment solides, que pourrait faire un président centriste face à l'absence de majorité… centriste, justement ? Même si nombre d'ex-UDF ou d'ex-Nouveau centre le rejoignaient, cela pourrait ne pas suffire. Quant au PS, on ne le voit pas “éclater” aussi facilement. Les deux grands partis pourraient donc “faire de la résistance” et  condamner un président Bayrou à une sorte de cohabitation du troisième type…

Un scénario qu'il n'est pas inutile d'explorer…

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