mardi 17 janvier 2012

Industrie ! industrie !

L'industrie, l'industrie, l'industrie ! Tous les candidats psalmodient ce mantra, cette incantation.
Achetez français, développons l'industrie “comme l'Allemagne”, relocalisons, protégeons nos produits industriels. Une unanimité spectaculaire.

Certes, l'industrie a son importance. Il ne faudrait cependant pas oublier les services.
Car la population active française, 25,5 millions de personnes, se répartit ainsi aujourd'hui :
  • Secteur primaire (agriculture et pêche) : 3%
  • Secteur secondaire : 21% (industrie 14% et construction 7%)
  • Secteur tertiaire : 76%
Si l'industrie a perdu de nombreux emplois en 30 ans, de l'ordre de 1,5 millions en tenant compte des emplois d'intérim, enregistrés dans le secteur tertiaire, il y a eu aussi un transfert d'emplois vers les services.

Résorber le chômage en ne parlant que de l'industrie ne pourra suffire. Cette focalisation sur un seul secteur n'est guère rassurante quant aux chances de réussite des programmes des candidats. Avec 4 millions de chômeurs, comparés à un effectif industriel de l'ordre de 3,5 millions (25,5 x 14%), on prend la mesure du problème.

À titre de ressenti personnel, ce genre d'ellipse me plonge toujours dans l'expectative.

Il me semble, mais je ne suis pas spécialiste, qu'une plus grande attention à l'organisation du secteur tertiaire serait encore plus porteuse de créations d'emplois que l'industrie à elle seule. Car la “mode” du remplacement des hommes par des machines commence à sévir dans les services, alors même qu'ils sont à base d'être humains, beaucoup plus que la fabrication de produits.

En clair : autant une chaîne de production dotée de robots est efficace, autant la délocalisation permet d'obtenir (presque !) les mêmes produits que lors de leur fabrication en France, autant les machines dégradent la qualité des services. Les exemples sont légion, celui des automates des services (!) d'assistance téléphonique en est un que nous connaissons tous… Le robot qui peint des carrosseries de voitures est efficace. Celui qui se targue de remplacer l'homme dans une relation de service n'est qu'une grotesque caricature.

Le procédé consistant à remplacer des emplois dans les services en faisant travailler gratuitement les consommateurs est un autre phénomène très répandu : se servir en carburant, acheter ses places de cinéma sur un automate, enregistrer ses achats dans un supermarché (les caisses dites abusivement “automatiques” alors que l'automate… c'est nous !), imprimer ses factures et ses billets (SNCF, EDF, téléphones…), aller remplir son assiette (restaurants dits “à volonté” avec buffet), etc.
On objectera que ce travail gratuit fourni par les consommateurs fait baisser les prix. Certes ! Il fait aussi augmenter le chômage, et donc les indemnités, ASS et autres RSA, sans oublier les aides que les parents doivent apporter à leurs enfants sans emploi…

Vous trouvez que j'exagère ? N'y aurait-il pas un peu de ça, tout de même?

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