vendredi 28 octobre 2011

Présent de narration


J'ai une marotte, celle de la conjugaison, et de l'abus du présent de narration, qui a l'inconvénient de gommer toute référence temporelle. En voici un exemple criant, si l'on peut dire, relevé durant l'interview de Nicolas Sarkozy, jeudi 27 octobre au soir.

Jean-Pierre Pernaut. — Est-ce que vous vous sentez visé par le climat actuel de ces affaires ?
Nicolas Sarkozy. — Oh, pas du tout ! Pourquoi ? Je suis candidat aux présidentielles en 2007, on me découvre des comptes, c'est l'affaire Clearstream…
Yves Calvi. — Vous êtes candidat ?
Nicolas Sarkozy. — Non, en 2007, j'étais candidat…
Yves Calvi. — Ah !
Nicolas Sarkozy. — Pardon, c'est une… c'est peut-être un manque de concentration, monsieur Calvi, j'ai parlé de 2007, c'est l'affaire Clearstream…

Si M. Sarkozy avait dit : “Quand j'étais candidat aux présidentielles, en 2007, on m'a découvert des comptes…”, tout aurait été clair. Yves Calvi ne se serait pas saisi du présent “je suis”. De même, lorsqu'il rectifie, M. Sarkozy aurait dû poursuivre au passé composé : “J'ai parlé de 2007, c'était l'affaire Clearstream”.
Cette mode du présent à tout prix tourne à la confusion, c'est inévitable !

1 commentaire:

  1. Vous avez raison à 100 %. À cet égard, je suggère à tous ceux que cette question préoccupe de devenir membre de Wikipédia afin d'améliorer les textes en français (qui souffrent pour la plupart de ce "syndrome"). La structure de la langue n'est pas une mode.

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