dimanche 16 octobre 2011

Deux impétrants

Arnaud Montebourg a récemment qualifié les finalistes de la primaire du PS d'impétrants.
Contrairement à nombre d'esprits chagrins, je trouve rafraîchissantes ces initiatives des politiques d'employer des mots rares. On se souvient du succès de l'abracadabrantesque de Jacques Chirac, ou du verbe instiller, remis au goût du jour par François Mitterrand, je crois, à propos du mode de scrutin (“instiller une dose de proportionnelle”). Il y eut aussi le retour de l'embellie, amélioration momentanée d'une situation, à propos de l'économie.
En procédant ainsi, ces personnalités politiques donnent immédiatement une notoriété large et rapide à des termes tombés en désuétude, participant à l'enrichissement de notre langue quotidienne.

Alors, qu'est-ce qu'un impétrant, terme à connotation juridique qu'un avocat tel que Montebourg a lâché en une sorte de réflexe ?
Le Robert indique qu'impétrer, c'est obtenir quelque chose d'une autorité compétente à la suite d'une requête. Si le mot sonne un peu “ancien régime”, il convient assez bien à la position de François Hollande et Martine Aubry qui, en ce dimanche 16 octobre, cherchent à obtenir de l'autorité du suffrage universel – les citoyens – la faculté de devenir le candidat du PS pour l'éléction présidentielle de 2012.
Cet aspect “requête” les ramène à plus de modestie face à ceux qui placeront leur bulletin dans l'urne.

Tout cela me convient très bien ! Rien d'abracadabrantesque là-dedans : Montebourg n'a fait qu'instiller un peu de vocabulaire dans les médias, une embellie langagière que je ne puis que saluer !

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