mercredi 26 octobre 2011

Deux sons de cloches


Il est toujours sain de confronter les points de vues. Deux livres parus récemment, signés de deux personnalités aux compétences économiques reconnues, traitent de la façon de sortir des difficultés économiques que nous traversons. Leurs thèses sont radicalement opposées, mais pourtant démontrées avec application et précision.

Pour Jean Peyrelevade (proche de François Bayrou), l'état critique de la France, en particulier de ses finances publiques, nécessite un rééquilibrages des budgets et une restauration de la compétitivité passant par d'inévitables sacrifices des agents économiques, au premier rang desquels les ménages.

Pour Jacques Généreux (proche de Jean-Luc Mélenchon), il serait possible de changer de paradigme en prenant des mesures draconiennes au regard tant de la dette publique que du contexte de la concurrence néo-libérale.

Rien de commun entre ces deux thèses, si ce n'est peut-être leur “radicalité”. J'entends par là des affirmations et des remèdes draconiens dans les deux cas !
Je ne trancherai pas ici, je n'en ai pas la compétence…

Jacques Généreux expose la façon dont un président tel que Mélenchon devrait gérer son arrivée au pouvoir. Quelques mesures autoritaires paraissent à la fois inquiétantes et surtout déphasées. Schématiquement, il propose de fermer les Bourses et les marchés de capitaux durant une période transitoire à l'arrivée au pouvoir du Front de Gauche. Le problème est qu'on n'arrive pas au pouvoir sans préavis (sauf révolution violente) et que, par conséquent, les acteurs économiques anticiperaient lesdites mesures ! Si vraiment Mélenchon accédait au second tour de la présidentielle avec des chances raisonnables d'être élu, on imagine sans peine l'ambiance durant les deux semaines d'entre-deux-tours : fuite des capitaux, mesures conservatoires de la part des marchés, etc.

Jean Peyrelevade, de son côté, envisage une cure d'austérité (appelons les choses par leur nom) qui aurait l'avantage de remettre en ordre les “fondations” de notre politique budgétaire et sociale. Cependant, il y va fort ! Si l'on peut, à certaines pages, être convaincu par ses démonstrations, on s'inquiète en revanche de l'accueil que la population ferait à de telles mesures.

C'est pourquoi, en un sens, je me permets ici d'émettre l'opinion, toute personnelle et subjective j'en conviens, qu'une politique intermédiaire, dont François Hollande est le promoteur, pourrait être plus efficace : restaurer les équilibres budgétaires avec doigté, afin d'éviter tout tsunami financier ou récession, puis, une fois les “fondations” de l'édifice consolidées, envisager des réformes plus audacieuses – et surtout plus exaltantes !

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