jeudi 29 septembre 2011

Pas si primaires que ça !


Pas si “primaires” que cela, les primaires du PS ! Le débat d'hier, 28 septembre, a été d'une grande tenue et d'un intérêt majeur. Sans vouloir être caustique, on aimerait assister à la même chose à droite, un débat entre Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Dominique de Villepin, Jean-Louis Borloo, Jean-François Coppé et… François Bayrou !

Signe de l'intensité et de la qualité du débat, l'un des commentateurs intervenant durant les entractes a trouvé qu'il était “trop technique”. Eh bien oui, monsieur, les candidats ont abordé des questions de fond, telles que la dette, la fiscalité ou la TVA sociale. Tant mieux !

La confrontation des personnalités et des idées a mis en évidence nombre d'enjeux et révélé les qualités et défauts de chacune et chacun.

Ségolène Royal n'a guère convaincu avec ses foucades : interdire les “licenciements boursiers” ou bloquer les prix (le carburant) n'a malheureusement guère de sens. On imagine, dans ces conditions, que nombre d'entreprises renonceront tout simplement à s'installer en France. Peut-être évitera-t-elle quelques licenciements çà et là ; elle évitera en tout cas des créations d'emplois.
Arnaud Montebourg a joué l'aiguillon, lançant ses piques avec le talent d'orateur qui lui est propre. Si ses propositions peuvent séduire, elles risqueraient, s'il devenait favori, d'attirer les foudres des “marchés” et de compromettre le redressement du pays.
Manuel Valls a, lui aussi, été l'aiguillon, dans un autre sens : rester crédibles, lucides et réalistes. Il avait raison, car la situation n'autorise pas les approximations et mesures illusoires.
Martine Aubry n'a cessé de se “voir” en présidente de la République, afin de contrer ceux qui la prétendent candidate de substitution. En revanche, sa ligne n'apparaissait pas clairement, si ce n'est peut-être qu'elle la jouait un peu “Angela-Merkel” de France !
Jean-Michel Baylet, jovial et simple, a su ramener le débat vers l'Europe, ce qui n'est pas aisé mais s'imposait, ainsi que vers la laïcité ou la justice fiscale.
Enfin, François Hollande a joué très adroitement le rôle du candidat “sérieux”, non sans insister sur son contrat de génération. Symbolique forte, certes, application plus douteuse cependant. Il a rappelé avec justesse qu'une réforme fiscale préalable s'imposait, sans laquelle rien ne serait possible.

Ce qui ressortait clairement, c'est qu'un (ou une) président(e) de gauche, arrivant au pouvoir, aurait a faire preuve d'autorité et de discernement. Autorité pour réformer la fiscalité, discipliner le système financier – une tâche rude ! –, être actif au niveau de l'Union européenne afin d'obtenir des arbitrages favorables à tous ; discernement pour se garder comme de la peste des fausses solutions, sans pour autant abandonner toute idée de créer des “chocs” psychologiques en étudiant avec sérieux comment, par exemple, mieux armer l'Europe face à la concurrence mondiale.

Tout ce petit monde a su débattre, résumer en quelques phrases des enjeux complexes, mettre sur la table les sujets délicats qu'il faudra traiter demain. On était loin des gadgets de com' trop souvent employés dans les campagnes électorales. Au-delà des préférences partisanes, ce débat a considérablement revalorisé l'image de la gauche – et je ne crois pas exagérer en disant cela !

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