vendredi 9 septembre 2011

Assistanat : la paille et la poutre

Souvenez-vous, début mai 2011, Laurent Wauquiez (ministre des affaires européennes) déclarait que "l'assistanat est un cancer". S'il visait les aides sociales, et en particulier le RSA, peut-être aurait-il dû aller voir ailleurs – par exemple du côté de ces niches fiscales qui défrayent la chronique ces temps-ci (y compris les miennes, excusez l'autopromotion).

Car c'est un peu la paille et la poutre, cette histoire. Quel est le vrai “cancer” ? Sont-ce les aides sociales aux plus démunis, déjà maltraités par la vie et par la société, ou bien seraient-ce les aides économico-financières accordées aux plus favorisés ?

Bénéficier de larges déductions fiscales pour investir dans des hôtels de luxe dans les DOM-TOM, ou pour acheter, puis louer, un logement ou une résidence de tourisme, obtenir des réductions d'ISF en souscrivant on ne sait quelles parts de sociétés, rembourser des millions d'euros aux plus riches des contribuables, faire en sorte que l'État solvabilise les acquéreurs d'automobiles en leur versant des primes, accorder des remises d'impôts sur les sociétés à des groupes qui versent de confortables dividendes à des actionnaires  trop gourmands – l'énumération pourrait être longue – qu'est-ce d'autre que de l'assistanat, et de mauvais aloi de surcroît ?

Oui, en un sens, les niches fiscales non justifiées par d'authentiques critères de solidarité sont bel et bien le cancer de la fiscalité française. Notre gouvernement, et M. Wauquiez en particulier, devraient s'en aviser au moment où les députés de l'UMP se déballonnent face aux lobbyistes de tout poil*.

(*) De ce point de vue, la réaction indigne et sordide de Coca-Cola hier soir (démentie dès le lendemain matin) d'exercer un chantage à l'investissement en France parce que le pays envisage de taxer (faiblement : 1 centime par canette) la boisson américaine, est révélateur !

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