mercredi 24 août 2011

Dix ans déjà !

La peur de la “mauvaise note”
Tels des élèves peureux face aux maîtres d'école, les gouvernants français s'agitent soudain pour ne pas récolter une “mauvaise note” des agences de notation. Il faut dire que la “note” serait salée, au double sens du terme. Les intérêts de notre dette consomment d'ores et déjà l'équivalent de l'impôt sur le revenu. Il ne faudrait pas qu'ils s'accroissent trop, au risque de mettre le budget sens dessus dessous…

Antifiscalisme primaire
Dix ans, déjà. Dix ans que l'antifiscalisme primaire de la droite libérale est à l'œuvre, vidant consciencieusement de leur substance la plupart des impôts : impôt sur le revenu, au premier chef, mais aussi impôt sur les sociétés et taxe professionnelle – sans oublier le versant social avec les exonérations de charges à tout-va. Le plus grave, c'est que le système fiscal n'a plus ni queue ni tête, qu'il est devenu non seulement illisible mais absurde et injuste, un mille-feuilles de taxes et d'exonérations qui se neutralisent les unes les autres, affichant parfois des taux impressionnant les contribuables sans pour autant aboutir à des montants significatifs.

Règle d'or
Et l'on s'étonne au moment de tirer le trait final : tiens, oui, un déficit apparaît. Et d'en avoir plein la bouche d'une règle dite d'or que l'on ne s'est jamais appliquée à soi-même depuis dix ans, multipliant les réductions d'impôts et les si fameuses “niches” fiscales gardées par des chiens qui savent montrer les crocs pour ne pas qu'on les dérange.

Rigueur électorale
Fait néanmoins exceptionnel : en pleine période électorale, des mesures de rigueur sont prises. C'est dire si l'opinion des agences de notation compte incomparablement plus que celle des électeurs. À méditer ! Ne faudrait-il pas demander auxdites agences de nommer elles-mêmes le meilleur président de la République ? On gagnerait du temps et de l'énergie.

Culot monstre
Mais soyons précis : si des mesures sont annoncées, elles suivent de peu des tentatives de “cadeaux électoraux”, au premier rang desquels la réduction de l'ISF (pour un coût de 2 milliards tout de même). Le chroniqueur du Monde avait raison de relever que le gouvernement a un “culot monstre” en jouant les chantres de la vertu budgétaire. Comme quoi il suffit de proclamer des contre-sens pour être cru. La communication politique a encore de beaux jours devant elle…

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