jeudi 21 avril 2011

Chasseurs de primes

Alors que des sondages – mais ce ne sont que des sondages, pas des oracles – excluent le candidat UMP du second tour de la présidentielle de 2012, la panique saisit l'exécutif. La “prime de 1000 euros aux salariés des entreprises distribuant des dividendes” illustre cette ambiance d'affolement.
Dans l'improvisation, l'annonce a été lancée. Comme c'est toujours le cas en pareil contexte, il faut un jour passer du virtuel au réel. Et là, badaboum !

Première modification : la prime ne sera pas de 1000 euros, mais “négociée”. Qu'est-ce à dire, y aura-t-il un plancher ? L'euro symbolique ? Peu importe : le public a retenu le chiffre de 1000, c'était l'effet escompté.
Deuxième modification : un glissement sémantique, discret, est intervenu. Il ne s'agit plus du cas des entreprises “qui distribuent des dividendes”, mais bien de celles pratiquant “une hausse” des dividendes distribués. Importante nuance !

On ne peut s'empêcher de penser à l'affaire du Lundi de Pentecôte, période Raffarin. Une mesure alambiquée, une “rustine” de plus dans le logiciel vérolé de notre système juridique, une nouvelle “usine à gaz”. Au lieu de réformer, on ne cesse d'ajouter des pièces à un édifice qui craque de toutes parts.

Gageons que les entreprises, bien conseillées, sauront comment ne pas augmenter leurs dividendes pour 2012, quitte à mettre en réserves le surplus en attendant 2013, la mesure ayant de fortes chances de ne pas survivre à la prochaine élection.

Et l'essentiel n'est-il pas que ce petit cadeau soit versé à la clôture des comptes des entreprises soumises à l'impôt sur les bénéfices, soit vers le 15 avril 2012 ? Oui, ce serait du “juste à temps” pour éviter un 21-Avril à l'envers lors du premier tour, dont la date sera… le 22 avril.

NB : on l'aura remarqué, ce billet est daté… du 21 avril.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire