jeudi 28 avril 2011

1 medecin pour 100 habitants ?

Infographie dans un Libération d'il y a quelques jours.
Une erreur malencontreuse, supposé-je, mais le lecteur n'arrive pas à “rectifier de lui-même”.

Le graphique, en bas de la coupure de journal, m'a laissé dubitatif…
Il semble en résulter que le nombre de médecins salariés est passé de 46000 en 1989 à 615000 en 2009, ce qui est spectaculaire ! Ajoutés aux 108000 médecins libéraux, on dépasse les 720000 médecins… pour 60 millions d'habitants.


Zoom sur le graphique :

mercredi 27 avril 2011

Pas de décompte !

Quant à cet atroce suicide d'un cadre de France Télécom, c'est désormais presque banalisé.
On rassure : “l'ère Lombard est terminée”, on s'interroge : “êtes-vous vraiment sûrs que ce suicide a un rapport avec le travail ?”. Il est atterrant qu'un syndicat, la CFDT, trouve que le fait que le DRH se rende sur les lieux est un acte marquant – ça ne mange pas de pain, et ne résout rien. 27 suicides en 2010, mais “la direction ne tient pas de décompte”. Elle ne “compte” (les heures, les palmarès des commerciaux, les performances et autres indices d'évaluation) que quand ça l'arrange, cette “direction”. Une “cellule d'aide psychologique” a été mise en place. Tout va donc pour le mieux !
Une grève générale et illimitée des salariés de l'entreprise aurait de l'allure… mais tout rentre dans l'ordre.

Impasse médiatique

Que d'événements dans le monde, en quatre mois !
Le mode opératoire des médias d'information audiovisuels est dans l'impasse.
Ce système ne sait plus où donner de la tête. Le principe des enchaînements de titres strictement limités à quelques priorités, sans aucune mise en perspective ni hiérarchisation, autre que sur la nouveauté et le spectaculaire, confine à l'absurde.
  • Exit la Tunisie et l'Égypte – on ne parle plus que de la Syrie.
  • Exit l'intervention en Libye – le film est trop long, ça suit son cours, n'en parlons plus.
  • Exit le Japon, tremblement de terre, raz de marée et Fukushima – on s'est habitués, rien à ajouter.
Une info chasse l'autre. Les “journalistes” (entre guillemets) ce ces médias se contentent de surfer sur la vague, de suivre le mouvement.
Comment s'étonner de l'angoisse et des peurs irraisonnées qui saisissent les auditeurs et téléspectateurs (“spectateurs”, oui, c'est bien le mot) ?

La roue tourne.

Au suivant !

samedi 23 avril 2011

Scoop : Nicolas Sarkozy démissionne

Dans un communiqué publié par l'Elysée cette nuit à 3 heures, le président de la République, Nicolas Sarkozy, vient d'annoncer qu'il démissionnait de ses fonctions :
Françaises, Français, mes chers compatriotes,
L'heure est grave. Alors que notre pays est engagé dans des combats décisifs sur les fronts de l'économie, de la liberté en Libye ou même à ses propres frontières, j'ai décidé d'accélérer le calendrier de l'élection présidentielle, afin que nous ne perdions pas de temps dans ces circonstances difficiles. Je cesserai d'exercer mes fonctions ce samedi soir à minuit. Selon les termes de la Constitution, Gérard Larcher, président du Sénat, assurera dès demain l'intérim. Le scrutin se déroulera “vingt jours au moins et trente-cinq jours au plus” après ma démission. J'ai décidé de fixer le premier tour le dimanche 15 mai, et le second tour le 29 mai.
Je vous annonce simultanément ma candidature à cette élection présidentielle qui redonnera ainsi à notre Nation toute sa vigueur et toute sa pugnacité.
Vive la République, vive la France !
Les commentaires de la presse :
Le PS va devoir accélérer lui aussi le calendrier de sa primaire. (Libération)
Nicolas Sarkozy montre, une fois encore, qu'il sait rester maître du calendrier. Et avec quel talent ! (Le Point)
Le président de la République a compris que notre économie a besoin d'agilité, et nous épargne l'attentisme d'une longue campagne. (Les Échos)
L'idée viendrait de Carla, qui avait envie de mouvement et se morfondait. (VSD)

jeudi 21 avril 2011

Chasseurs de primes

Alors que des sondages – mais ce ne sont que des sondages, pas des oracles – excluent le candidat UMP du second tour de la présidentielle de 2012, la panique saisit l'exécutif. La “prime de 1000 euros aux salariés des entreprises distribuant des dividendes” illustre cette ambiance d'affolement.
Dans l'improvisation, l'annonce a été lancée. Comme c'est toujours le cas en pareil contexte, il faut un jour passer du virtuel au réel. Et là, badaboum !

Première modification : la prime ne sera pas de 1000 euros, mais “négociée”. Qu'est-ce à dire, y aura-t-il un plancher ? L'euro symbolique ? Peu importe : le public a retenu le chiffre de 1000, c'était l'effet escompté.
Deuxième modification : un glissement sémantique, discret, est intervenu. Il ne s'agit plus du cas des entreprises “qui distribuent des dividendes”, mais bien de celles pratiquant “une hausse” des dividendes distribués. Importante nuance !

On ne peut s'empêcher de penser à l'affaire du Lundi de Pentecôte, période Raffarin. Une mesure alambiquée, une “rustine” de plus dans le logiciel vérolé de notre système juridique, une nouvelle “usine à gaz”. Au lieu de réformer, on ne cesse d'ajouter des pièces à un édifice qui craque de toutes parts.

Gageons que les entreprises, bien conseillées, sauront comment ne pas augmenter leurs dividendes pour 2012, quitte à mettre en réserves le surplus en attendant 2013, la mesure ayant de fortes chances de ne pas survivre à la prochaine élection.

Et l'essentiel n'est-il pas que ce petit cadeau soit versé à la clôture des comptes des entreprises soumises à l'impôt sur les bénéfices, soit vers le 15 avril 2012 ? Oui, ce serait du “juste à temps” pour éviter un 21-Avril à l'envers lors du premier tour, dont la date sera… le 22 avril.

NB : on l'aura remarqué, ce billet est daté… du 21 avril.

vendredi 15 avril 2011

La fidélité ne paye plus, mon pauvre monsieur

Je m'étais laissé fourguer une carte de fidélité BP. Un coup d'œil à leur catalogue de primes m'a légèrement refroidi :
10 litres de carburant =  1 point
Jusque là, tout va bien, enfin, en principe…

Rapide calcul : si je consomme, disons… 7 litres aux 100 km. 1 point représente donc (attends, la calculette, je tape) presque 150 kilomètres.

Combien de points pour recevoir un cadeau ?
Alléché, je consulte le catalogue :
  • Un téléphone sans fil Siemens à 23 € (oui, à payer en plus) avec 110 points = 16500 kilomètres (un an et demi à mon rythme)
  • Un chèque carburant de 5 €, 400 points = 60 000 kilomètres (presque 5 ans de consommation, sacré rabais de 1 € par an, quand même !)
  • Un GPS Mio Movv 200 pour seulement 8000 points = 1 200 000 kilomètres (à 12000 km par an, ça fait seulement un petit siècle de fidélité… Diantre !)
Bon. J'ai déchiré rageusement leur foutue carte de fidélité, à ces radins. Vous trouvez que j'exagère ?

samedi 9 avril 2011

Lumineux médiateur

Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République qui vient d'achever son mandat, nous livre un lumineux diagnostic de la société française. Les candidats à l'élection présidentielle devraient le méditer car tout y est.
Trois pages du Nouvel Obs de cette semaine valent une lecture attentive. C'est d'une densité et d'une exactitude impressionnante de lucidité (tous les paragraphes en retrait sont des citations).

La peur de l'autre : le racisme social
Rapprochant les slogans des élections présidentielles de 1995 et de 2002, la fracture sociale dans un cas, la sécurité dans l'autre, il relève que : “En quelques années, ont est passé d'un espoir dans un projet collectif à son abandon, de la volonté de vivre avec l'autre à la peur de l'autre.” Il appelle cela le “racisme social” et note : “Je voyais l'hypocrisie de ceux qui applaudissaient les discours sur la mixité sociale mais à condition que ça ne concerne que les autres, de ceux qui prétendaient défendre les jeunes mais n'étaient pas disposés à leur laisser la place.”

La consumation des individus : le burn-out
En France le fardeau du quotidien pèse de plus en plus lourd et transforme la fatigue physique en fatigue et usure psychiques. […des] personnes en surrégime confrontées dans leur travail à la culture impitoyable du chiffre, du rendement, du temps productif, associée à une diminution de la qualité des relations humaines accentuées par l'utilisation des nouvelles technologies de la communication. […] Ce burn-out est la marque d'une société de consommation des individus, voire de consumation.
Le citoyen est devenu un consommateur
On ne veut pas que le juge soit juste,on veut qu'il punisse celui qui vous a fait du mal, on ne veut pas que le prof soit bon, on veut qu'il donne de bonne notes à votre enfant…
Désirs, émotions et pacte républicain
De la satisfaction des besoins, [nous sommes] passés à la satisfaction des désirs. Cela engendre non pas de l'insatisfaction, mais de la frustration.
Ce qui intéresse le citoyen, c'est qu'on préserve son confort, sa niche fiscale ou son statut. La notion de devoir est en train d'être consumée par la notion de plaisir à satisfaire.
Beaucoup de Français ont perdu le sens de l'impôt qui n'est plus compris comme étant un pilier de notre pacte républicain.
Le choc des égoïsmes va mettre en rupture le pacte républicain.
Si l'électeur a consommé le politique, le politique a souvent consommé l'électeur.
L'opinion publique ne repose plus sur des convictions, mais vit d'émotions volatiles que le politique gère et exploite à son profit comme à ses dépens.
Le législateur a la tentation de remplacer la morale par la loi. […] Les lois sont souvent faites en réaction à des émotions liées à l'actualité.
Le vote protestataire
Le vote pour Marine le Pen n'est pas à mes yeux un vote d'adhésion mais de déception et de colère. […] Il n'est pas un soutien à Marine le Pen mais un cri à tous ceux qui ont vocation à bâtir un avenir pour la France en leur disant : “Nous sommes frustrés, malheureux et humiliés et vous ne répondez pas à nos attentes.”
Quand il n'y a plus d'espérances collectives, les droites, sur tout le continent européen, gèrent les peurs, et les gauches, les humiliations.
Crise de confiance
Nous sommes dans une très grave crise de confiance dans les élites économiques et politiques. […] Aujourd'hui, c'est la dimension morale et exemplaires des politiques qui est en jeu.
Et après ?
La campagne électorale, qui a déjà commencé, devrait donc s'appuyer sur ce diagnostic.
  • Cesser de surfer sur les peurs et les humiliations. La politique doit proposer des solutions (des espérances) et non s'acharner à attiser le feu (l'UMP et le FN) ou se contenter de panser les brûlures (on pense au “care” du PS). Sur le vote protestataire, la posture morale est contre-productive, puisqu'elle alimente au contraire la colère – et donc les votes extrêmes et absurdes, en un cercle vicieux.
  • L'organisation du travail, qui contribue à éloigner les Français de la politique (trop de problèmes individuels empêchent de se préoccuper des problèmes collectifs). Or, cela ne se décrète pas, puisque relevant des décisions des entreprises et des administrations (hôpitaux et entreprises du CAC 40… même méthodes !). Le seul moyen de desserrer cet étau est de réduire le chantage au chômage – et donc ce terrible chômage qui détruit tout, y compris le droit de grève, le rapport de forces employés / employeurs, la négociation syndicale. Il faudra certainement restaurer le droit du travail, moribond, autant que le droit au travail (lequel ?).
  • Le personnel politique doit travailler l'exemplarité, y compris dans des domaines symboliques (train de vie). Il doit montrer, de façon incontestable, que l'on ne peut s'en sortir qu'avec un projet collectif, ce qui inclut des devoirs, au premier rang desquels la solidarité par l'impôt. La réforme fiscale, aussi aride soit-elle médiatiquement, en est la première étape, la condition nécessaire (mais pas suffisante).
  • Passer des lois de circonstances à des lois montrant un chemin, une continuité. En réduire le nombre et préférer leur application à leur seul vote (non suivi de décrets d'application !)
Nous sommes tous, citoyens et politiques, le “nez dans le guidon”, à pédaler comme des fous sans regarder la route. Ne nous étonnons pas si l'on va droit dans le mur. Il faudrait relever la tête, de temps à autre… Qui d'autre que les politiques peuvent nous inciter à cet effort ?

    mardi 5 avril 2011

    Aiguillon charolais

    Le débat sur le programme du PS s'engage. La contribution d'Arnaud Montebourg va jouer le rôle d'aiguillon, comme en témoigne son interview au Monde daté des 3-4 avril. Extraits.

    Infirmiers de la mondialisation
    [Les classes populaires] considèrent [le PS] comme le cogérant d'un système qui s'écroule. […] Tout programme qui serait une mise sous respiration artificielle du système économique actuel, moribond, nous fera passer pour les infirmiers de la mondialisation.
    Démondialisation
    [Le projet du PS] ne traite pas d'un certain nombre de questions auxquelles nous devons nous attaquer : la surpuissance de la finance qui oppresse les choix politiques des nations, des citoyens et des contribuables.
    Économie et politique
    Dans ce projet, la politique redevient plus forte que l'économie, les choix et la destinée d'une nation sont plus importants que la force des marchés.
    Une petite pique au passage…
    Comme le dit Jean-Luc Mélenchon, certains ont des sondages, d'autres des idées.
    Conflictualité
    S'attaquer aux paradis fiscaux, pas seulement dans les communiqués du G20 mais dans la réalité, suppose une part de conflictualité qu'il faudra assumer. S'attaquer aux marchés financiers, mettre les banques sous tutelle et briser la spéculation qui asservit les peuples européens suppose une part de conflictualité à laquelle les sociaux-libéraux ne nous ont pas habitués.
    Arnaud Montebourg prône un “capitalisme coopératif” comme système alternatif. Son slogan de la “démondialisation” est éloquent. Attention toutefois à ce qu'il ne soit pas assimilé au replis sur soi.
    Nous lui laisserons la conclusion :
    Où est l'utopie ? peut-être dans la part de courage que les socialistes n'ont jamais eue.
    Peut-être exagère-t-il. Pour ma part, je trouve qu'il y a de ça…

    lundi 4 avril 2011

    Poisson d'avril… en retard

    Un retard de seulement deux jours : le poisson d'avril est à la bourre !
    Un grand classique du spam, les annuaires d'entreprises.

    Considérez ce formulaire reçu de l'Europe Business Guide, qui vous propose d'inclure votre entreprise dans un annuaire sur CD et sur le Web. C'est simple, il suffit de le remplir et de le renvoyer à l'adresse indiquée, aux Pays-Bas.
    Cela ne prend que quelques minutes, et vous devez simplement apposer signature et cachet en bas du papier, juste sous les clauses écrites en petits caractères, étroitisés et illisibles bien sûr.

    Zoom 1
    L'en-tête est tout ce qu'il y a de plus classique.


    Zoom 2
    Et voici les petits caractères. Bien entendu, vous évitez de les lire. Trop pénible et désagréable à déchiffrer (cliquez sur l'image afin de l'agrandir, c'est déjà plus commode…)


    Zoom 3
    Pourtant, cela vaudrait le coup ! Car un prix de 990 euros, par année d'insertion, avec engagement pour trois ans, cela fait beaucoup, tout de même, non ?


    Quant au site web mentionné dans les petits caractères, il existe bel et bien. Quand on clique sur About Us, on peut lire ceci : The Europe Business Guide Online is a product of EU Business Services Ltd, a corporation organized and existing under the law of Nevis, West Indies. En clair, la société est basée dans un paradis fiscal dont les lois doivent lui éviter tout ennui !
    On se demande quand même qui peut souscrire à pareil traquenard et, surtout, accepter de payer les 990 euros en question…

    samedi 2 avril 2011

    Urgent, merci

    C'est TTU. Voici nos besoins : une guerre civile a éclaté en Libye, entre le colonel Kadhafi et des rebelles. Un problème assez complexe, certes, mais qu'il faudrait régler si possible en une dizaine de jours, délai suffisant vous en conviendrez. Au-delà, nous considérerons que le délai est dépassé et qu'il convient d'appliquer des pénalités de retard. Les moyens seront essentiellement “chirurgicaux”, sous la forme de “frappes” sélectives, à l'aide de moyens aériens.
    Quoi, cela fait 15 jours et ce n'est toujours pas réglé !? Quelle longue guerre !