vendredi 18 février 2011

Quelle insécurité ?

La peur devient un mode de communication politique – mais pas seulement. À preuve l'emploi de plus en plus fréquent du mot “insécurité” en lieu et place de “sécurité”. Les ministres et le président de la République dispensent des messages négatifs : Brice Hortefeux, plutôt que d'œuvrer en faveur de la sécurité routière, préfère “lutter contre l'insécurité routière”. Sur le plan pénal, le discours est le même, qui ne cesse de déplorer l'insécurité, et accole de manière irresponsable le mot “guerre” aux actions menées.

En revanche, dans le domaine économique, la sécurité a mauvaise réputation. Les hiérarques de l'UMP n'ont de cesse de déplorer la “sécurité de l'emploi”, par exemple en proposant la suppression de la garantie d'emploi des fonctionnaires. L'insécurité de l'emploi, ici, n'est pas un mal, c'est un bien. C'est même un progrès ! Quant aux victimes de cette insécurité, on les accuse au contraire d'être responsables de leur situation…

Deux poids, deux mesures, donc, qui conduisent tout droit à l'insécurité sociale. Contre celle-là non plus, nos gouvernants n'ont pas encore déclaré de… “guerre”.

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