samedi 12 février 2011

Attali (suite)

Une lettre d'un lecteur du Monde (daté 12 février) revient sur la tribune anti-tabac d'Attali, évoquée dans notre billet précédent. Il remarque avec pertinence que “[Jacques Attali] ne pose pas la question : pourquoi fume-t-on ?”, et apporte la réponse qui convient : on “compense un certain mal-être”. Il faudrait donc, logiquement, s'attaquer d'abord aux causes de ce mal-être à l'origine de la consommation de tabac.

Pour ma part, je ne crois pas qu'il s'agisse d'un oubli de Mister Attali.
Cela participe au contraire d'un état d'esprit de plus en plus répandu consistant tout bonnement à éliminer les faibles, entendu dans le sens “qui sont coupables de faiblesses”. Cela transparaissait clairement quand il déplorait les pertes de productivité pour les entreprises causées par les pauses-cigarettes. Qu'en déduire ? Eh bien qu'il faudrait mettre les fumeurs au chômage (ou en arrêt maladie, ou en incapacité de travail) et les envoyer de force dans des centres de désintoxication. Lisez bien son billet : “on devrait faire quelques dépenses pour désintoxiquer ceux qui le sont”.

La tendance, inquiétante, de ces fourriers de la coercition tous azimuts se dessine de plus en plus précisément : contrôler, surveiller, punir, avec comme alibi un bien commun que l'on imposerait par la contrainte, et en toile de fond l'obsession du profit, de l'efficacité et de la performance à tout crin, sans jamais accepter que l'être humain ne soit pas parfait, qu'il ait des défauts, des faiblesses. Cette tendance est générale, d'ailleurs, de l'extrême droite à l'extrême gauche, en passant par nos chers écolos, jamais les derniers à nous expliquer “comment vivre” et à envisager de nous punir de ne pas le faire selon leurs règles…

J'exagère ? Sûrement. Mais il y a de ça, une fois de plus.

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